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Une_lettre_de_vous_imageChère lectrice, cher lecteur,

Comment ne pas succomber au charme d’Une lettre de vous de Jessica Brockmole?

Ce roman est structuré autour d’échanges de lettres en temps de guerres. J’ai écrit guerre au pluriel car dans ce roman, le lecteur lit les lettres échangées entre la poétesse Elspeth Dunn et un admirateur américain, David Graham durant la Première Guerre mondiale. Par un jour de mars 1912, Elspeth reçoit sur son île une missive d’un admirateur américain. Elle est mariée, lui, cherche sa place dans la vie. Au fil de leur correspondance, ils vont apprendre à se connaître, à développer une belle amitié, à s’appuyer l’un sur l’autre, à s’aimer.

En parallèle, le lecteur lit les lettres de Margareth, la fille d’Elspeth, qu’elle envoie et reçoit de son amoureux, de son oncle, de sa mère, de sa grand-mère et de l’ancien amoureux d’Elspeth durant la Deuxième Guerre mondiale. Elle va réussir à tisser une toile pour que tous les êtres avec qui elle correspond se retrouvent et finissent par régler leurs problèmes. Elle agit comme une petite fée qui brandit sa baguette magique pour améliorer le sort de tous.

Ai-je aimé cette histoire? Oui. Elle avait tout pour me plaire. J’aime, comme vous le savez, les romans épistolaires. Comme mentionné, ce type de récit permet d’établir un lien privilégié avec le lecteur. Ce dernier entre dans l’intimité du personnage, c’est-à-dire, dans ses lettres et celles qu’il reçoit.

De plus, ce roman présente une belle histoire d’amour. Deux êtres qui ne s’oublieront jamais… Ils se le disent et vingt-trois ans plus tard, leurs actes témoignent encore de la puissance de leur amour. J’ai été très émue à la lecture de certains passages. J’ai aussi versé une larme à la lecture d’une lettre, comme si j’étais celle qui recevait la missive. David, surnommé Davez, a su jouer avec mes sentiments. C’est un bel amoureux, tout comme Elspeth, prénommée Sue par Davey. Elle apparaît comme une femme de cœur.

Les descriptions des guerres rendent ce roman empreint d’un caractère véridique et le lecteur est amené à croire que ces êtres ont vraiment existé.

Jessica Brockmole m’a fait passer un très beau moment. Je rêve de l’Écosse, de sa féérie, de ses escarpements et de sa mer, et pourquoi pas d’y trouver un bel américain «aux yeux marron-vert semblables aux collines en hiver». C’est un peu ça la magie des mots….

Je vous recommande de lire cette belle correspondance. Aussi, je tiens à remercier ma copinaute Topoblioteca de m’avoir si gentiment recommandé cette lecture.

Je vous partage cette lettre qu’envoie Elspeth à sa fille pour vous démontrer, d’une part à quel point cette histoire est bien écrite, et d’autre part, combien elle s’avère empreinte d’émotion :

Edimbourg

18 juin 1940

Oh, ma Margareth,

Jamais ne pourrai poster cette lettre. Elle finira dans l’âtre dès que j’aurai couché ces mots sur le papier. Si tu savais combien j’ai le cœur déchiré à la vue de ton billet sur la table au milieu des miettes de l’assiette de gâteaux vide. Si tu savais ce que l’on éprouve en courant retrouver brièvement quelqu’un, et comment, l’espace d’un instant, le monde cesse de tourner lorsqu’on tient cette personne dans ses bras, et comment il recommence ensuite, si vite qu’on tombe à la renverse, pris de vertige. Si tu savais combien chaque bonjour peut être plus douloureux que mille au revoir. Si tu savais.

Mais tu ignores tout ça. Je ne te l’ai jamais dit. Tu ne me caches rien, alors que je garde une partie de moi enfermée à double tour, depuis toujours. Une partie de moi qui s’est mise à gratter le mur de sa prison au moment où cette nouvelle guerre a débuté, et qui a hurlé pour sortir de là lorsque tu as couru rejoindre ton soldat.

J’aurais dû te le dire, j’aurais dû t’apprendre à endurcir ton cœur. Une lettre n’est pas toujours qu’une simple lettre. Des mots sur une page peuvent submerger ton âme. Si tu savais.

Mère (p.21)

«Une lettre n’est pas toujours qu’une simple lettre». J’aime beaucoup cet extrait…

Après avoir lu ce billet, aimeriez-vous plonger dans ces missives?

Bien à vous,

Madame lit

Références :

BROCKMOLE, Jessica. Une lettre de vous, Paris, Presses de La Cité, 2014, 283 p.

Figure 1. PRESSES DE LA CITÉ. Une lettre de vous, [http://www.pressesdelacite.com/livre/litterature-contemporaine/une-lettre-de-vous-jessica-brockmole%5D (27 octobre 2015).