Madame lit une sublime citation sur l’écriture

monde-flanc_truiteChère lectrice, Cher lecteur,

Comme citation aujourd’hui, permettez-moi d’en présenter une sur l’écriture. Robert Lalonde, écrivain québécois, possède une plume lyrique, vraie et touchante. Sans plus tarder, voici ce que cet auteur mentionne dans Le Monde sur le flanc de la truite; Notes sur l’art de voir, de lire et d’écrire à propos de l’écriture.

J’écris pour VOIR, c’est bien sûr. Pour chasser les mauvais mystères de la nuit, pour faire du printemps un matin. J’écris pour naître, encore, toujours. Par l’attention neuve, m’absenter de moi, de ce fouillis de tentatives d’être dans un absolu qui vous émiette et vous éparpille comme le vent, ce matin, fait avec les vieilles feuilles, les vieilles tiges de l’an passé. Oui, ce désir de tout être et de tout avoir, l’ancienne maladie qui revient encore, de temps en temps, m’empoisonner, comme une odeur de marmotte pourrie parmi les bonnes senteurs de sèves et de la terre délivrée des neiges.
J’écris pour cesser de savoir et pour commencer d’apercevoir et de sentir. Dans le Y du bouleau, un nid est commencé. Sur la mousse, sous le sumac, les ombres des mûriers, compliquées comme des chevelures, s’emmêlent et se balancent. Elles parlent un langage indéchiffrable du cerveau, la nuit. J’écris pour me perdre et me retrouver. Dans l’effrayante surabondance du matin, ici, parmi les vieux deuils et les ardeurs nouvelles. (p. 11-12)

Est-ce que vous vous retrouvez à travers les mots de l’écrivain?

Bien à vous,

Madame lit

Lalonde, R. (1999).  Le Monde sur le flanc de la truite; Notes sur l’art de voir, de lire et d’écrire. Montréal : Boréal.

 

 

Catégories: Mes citations

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26 commentaires »

  1. Ca me fait penser à André Comte Sponville. J’étais tombée sur un extrait par hasard il y a des années. Et tu me rappelles donc que je m’étais promis de découvrir le tout. Voici ce qu’il écrit dans L’Impromptu.

    Si l’on met de côté les échanges purement professionnels ou administratifs, c’est presque toujours d’amour que l’on écrit, et par amour, que cet amour soit de passion ou d’amitié, de famille ou de vacances, profond ou superficiel, léger ou grave. je t’écris pour te dire que je t’aime, ou que je pense à toi, que je me réjouis, oui, d’être ton contemporain, d’habiter le même monde, le même temps, de n’être séparé de toi que par l’espace, point par le cœur, point par la pensée, point par la mort. Partir, c’est mourir un peu. Ecrire, c’est vivre davantage.

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  2. Il y a environ une trentaine de mois, j’ai eu le plaisir de participer à un atelier d’écriture dirigé par Diane Lambin. Nous étions une dizaine à se réunir, au début de l’été, dans le secteur du Ruisseau fleuri du Jardin botanique de Montréal. Diane nous a proposé la lecture de ce livre, de cet extrait. Cela a suscité mon intérêt. J’ai dévoré le livre. Un livre fascinant. Et inspirant. Si vous me le permettez, voici ce qu’il m’a inspiré : https://fernancarriere.com/2014/07/11/evanescences/ .

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