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feministeChère lectrice, Cher lecteur,

Tout d’abord, il y a eu le blogue et aujourd’hui, il y a le livre. Tout a débuté en 2008, sur le Web, par la création d’un blogue. Des jeunes féministes québécoises, libres, furieuses et joyeuses, ont pris d’assaut l’espace virtuel pour prendre la parole en débattant des enjeux comme l’avortement, le relativisme culturel, les événements marquants pour les féministes, les mythes du féminisme, la prostitution, l’hypersexualisation des fillettes, etc. Des jeunes femmes ne se retrouvaient pas dans le discours des féministes de la génération précédente et c’est pourquoi elles ont voulu une plateforme qui leur ressemblait pour s’exprimer. Comme le mentionne Sylvie Dupont, féministe québécoise des années 80, dans la préface :

Et tant mieux si elles ne voulaient plus du féminisme à maman.

Tant mieux parce que c’est précisément pour cela que Je suis féministe a joué le rôle nécessaire que lui imaginaient ses fondatrices : établir une correspondance, dans tous les sens du mot, entre de jeunes femmes qui, pour toutes sortes de raisons, ne se reconnaissent pas dans le féminisme dont elles avaient entendu parler.

Pour le livre, Marianne Prairie et Caroline Roy-Blais expliquent dès le départ leur démarche et justifient par le fait même le choix des textes. Elles désirent donner un second souffle aux billets et faire connaître leur contenu à un nouveau lectorat. Ainsi, dans le bouquin, les textes de 30 auteures sont publiés à propos de diverses thématiques allant de la prise de conscience jusqu’aux féminismes. Voici les chapitres avec quelques-uns de leur contenu :

  • Chapitre 1 : OMG JSF! (le coming out, la prise de conscience de la féministe, la prise de parole, l’initiation au féminisme/mythes et préjugés)
  • Chapitre 2 : Événements marquants dans l’histoire du féminisme québécois (la tuerie de 14 jeunes femmes à Polytechnique, les grèves étudiantes, etc.).
  • Chapitre 3 : Médias et culture pop
  • Chapitre 4 : Sujets chauds (l’avortement, le corps, le couple famille, la maternité, le travail du sexe/prostitution, les sexualités, les violences)
  • Chapitre 5 : Intersectionnalité et International (le privilège d’être née au Québec, la lutte, les cinq mythes sur l’Intersectionnalité, les dames en saris roses, Téhéran et la chirurgie plastique, le Brésil et le viol, grève du sexe pour la paix, les Philippines et Gabriela, les Pussy libres)
  • Chapitre 6 : Féminismes (les Véro et Beyoncé, le risque de passer pour une mauvais féministe, le relativisme culturel et droits des femmes, le 8 mars, la jeune Féministe)

Pourquoi lire ce bouquin? Il m’apparaît capital de reconnaître qu’encore aujourd’hui, la lutte pour l’égalité, pour la liberté, pour le droit de décider pour notre corps n’est pas terminée. Plus que jamais, il faut prendre conscience qu’il suffit d’un régime pour effacer les droits acquis par les femmes de peine et de misère. Je suis féministe, le blogue, mérite sa place… Les femmes québécoises ne sont pas à l’abri du conservatisme. Nous n’avons qu’à penser qu’en Ontario, un projet de loi avait été déposé pour établir la charia en 2005… Voici un extrait tiré du Devoir de l’époque :

L’Ontario ne deviendra pas la première juridiction occidentale à autoriser le recours à un ensemble de règles religieuses appelées charia pour résoudre des conflits familiaux chez les musulmans et interdira tout arbitrage religieux dans la province, a déclaré son premier ministre, Dalton McGuinty, à la Presse canadienne.

Incroyable pour le Canada?

Alors que nos voisines sont au prise avec un gouvernement menaçant leur liberté, restons vigilantes et comme il est mentionné dans un billet publié dans le livre à propos du 8 mars, la Journée international des femmes :

Le 8 mars, je revendique le droit d’être en colère, de crier et de m’époumoner sur ce qu’il reste à faire pour que nous vivions dans un monde réellement égalitaire. Si quelqu’un.e pense que se dire égalitaire ou humaniste revient à de dire féministe, il/elle se trompe. Parce qu’englober les réalités des femmes dans un discours humaniste, c’est éliminer et nier leurs problèmes propres au profit d’un discours confortant et rassurant. Je m’excuse (ou pas), mais la situation des femmes, tout comme la situation des personnes trans ou non-binaires ou des femmes marginalisées est loin d’être paisible. En fait, elle est très différente de celle des femmes cisgenres et/ou blanches et /ou hétérosexuelles et mérite une attention particulière. Nous méritons d’avoir notre place et notre espace pour nous exprimer, qu’il soit mixte ou non. C’est notre décision.

Donc, j’ai beaucoup apprécié cette lecture. Je suis féministe; Le livre m’a amenée à me questionner sur mon évolution en tant que féministe, m’a fait lire d’autres points de vue qui ont provoqué une réflexion chez moi, m’a permis d’aller à la rencontre d’une prise de parole collective plus que jamais nécessaire…

Connaissiez-vous le blogue Je suis féministe? Je vous encourage à cliquer sur le nom du blogue pour aller y jeter un coup d’œil !

Bien à vous,

Madame lit

L’Ontario rejette la charia. Le Devoir. Récupéré de http://www.ledevoir.com/non-classe/90207/l-ontario-rejette-la-charia

Prairie, M. et Roy-Blais, C. (2016). Je suis féministe; Le livre. Montréal : Les Éditions du remue-ménage.