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Chère lectrice, Cher lecteur,

En guise de citation du dimanche, je vous présente une lettre de Gustave Flaubert adressée à Louise Colet le 17 octobre 1846. Je la trouve romantique, tendre, mélancolique.

Tu me demandes dans ta dernière lettre si je me souviens du 29 juillet. Oh! Si, je m’en souviens! Il y avait feu d’artifice aussi en nous ce soir-là et de belles illuminations dans nos cœurs. Et le lendemain, le jeudi, le soir, en calèche, te rappelles-tu surtout un moment à l’entrée des Champs-Élysées où nous sommes restés longtemps sans nous parler? Tu me regardais d’un air sombre et tendre à la fois; je voyais tes yeux briller dans la nuit sous ton chapeau. Toujours je me retourne vers ce souvenir, vers toi. Je veux dire comme Calydasa : «Mon cœur va en arrière vers toi, comme la flamme de l’étendard que l’on porte contre le vent». […] Ton amour, n’est-ce pas un préservatif contre tout malheur? Adieu ma vie, un long baiser; je passe la main sous tes papillotes, et j’en soulève légèrement le bout.

Instant sublime n’est-ce pas? Un moment de pur bonheur…

Avez-vous déjà lu une lettre de cette correspondance?

Bien à vous,

Madame lit