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Chère lectrice, Cher lecteur,

Je me permets de vous partager un poème de René Char paru en 1948 dans Fureur et mystère publié chez Gallimard… Il résonne comme un chant d’été… comme une longue tristesse; un écrit mélancolique mais beau comme un soleil…

Évadné

L’été et notre vie étions d’un seul tenant
La campagne mangeait la couleur de ta jupe odorante
Avidité et contrainte s’étaient réconciliées
Le château de Maubec s’enfonçait dans l’argile
Bientôt s’effondrerait le roulis de sa lyre
La violence des plantes nous faisait vaciller
Un corbeau rameur sombre déviant de l’escadre
Sur le mulet silex de midi écartelé
Accompagnait notre entente aux mouvements tendres
La faucille partout devait se reposer
Notre rareté commençait un règne
(Le vent insomnieux qui nous ride la paupière
En tournant chaque nuit la page consentie
Veut que chaque part de toi que je retienne
Soit étendue à un pays d’âge affamé et de larmier géant)

C’était au début d’adorables années
La terre nous aimait un peu je me souviens.

Trouvez-comme moi que ce poème se veut un hymne à un amour ancien et que la nature a été témoin de ce dernier?

Bien à vous,

Madame lit