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Bojangles

Chère lectrice, Cher lecteur,

On a beaucoup parlé du livre d’Olivier Bourdeaut En attendant Bojangles. Alors, je voulais le lire pour développer ma propre idée. Tout d’abord, que raconte ce roman? C’est l’histoire d’un homme, d’une femme et de leur petit garçon. Ces derniers forment une famille peu banale car ils repoussent les limites de la normalité pour faire de chaque jour une fête. Le fils observe son entourage et il tente de trouver un sens car à l’école on n’écrit pas à l’envers, on ne change pas de prénom quotidiennement et on n’est pas accompagné d’une grue (oiseau) que l’on promène en laisse. Le père et la mère s’aiment d’un amour incommensurable, fou, beau… Un amour qui n’a pas de limite qui défie toutes les lois. Ces derniers dansent sous les regards de leur fils, de leurs amis, accompagnés par la voix de Nina Simone et de sa chanson «Mr. Bojangles». La maman guide tous les êtres autour d’elle, c’est elle la grande extravagante, c’est elle l’enchanteresse, la magicienne, la Don Quichotte du réel. Toutefois, le malheur s’infiltre malgré toutes les tentatives pour y échapper. Qu’arrivera-t-il à cette famille originale qui va tout tenter pour préserver ce qu’elle est?

J’ai beaucoup apprécié lire cette histoire… J’ai eu envie de danser en écoutant Nina Simone, j’ai eu envie d’adopter une grue de Numidie et de l’appeler Mademoiselle Superfétatoire, j’ai eu envie d’aimer à l’envers du bon sens, j’ai eu envie d’organiser une fête et de changer mon prénom, j’ai eu envie de ne plus ouvrir mon courrier et de laisser les lettres s’empiler dans un coin… J’ai eu envie d’instants de folie… J’ai eu envie qu’on écrive sur moi :

Son comportement extravagant avait rempli toute ma vie, il était venu se nicher dans chaque recoin, il occupait tout le cadran de l’horloge, y dévorant chaque instant. Cette folie, je l’avais accueillie les bras ouverts, puis je les avais refermés pour la serrer fort et m’en imprégner, mais je craignais qu’une telle folie douce ne soit pas éternelle. Pour elle, le réel n’existait pas. J’avais rencontré une Don Quichotte en jupe et en bottes, qui, chaque matin, les yeux à peine ouverts et encore gonflés, sautait sur son canasson, frénétiquement lui tapait les flancs, pour partir au galop à l’assaut de ses lointains moulins quotidiens. Elle avait réussi à donner un sens à ma vie en la transformant en un bordel perpétuel. (p. 55)

Mais, ce n’est pas moi. La littérature me permet de vivre toutes sortes d’émotion et je dois admettre que grâce à ce récit, je suis passée du rire aux larmes, de l’envie à la compassion, de la folie à la raison. Une histoire exaltante comme une belle chanson d’amour.

Je ne peux que vous recommander de lire cette histoire et de valser vertigineusement avec ces beaux personnages le temps de «Mr Bojangles» «[…] un morceau qui résonne encore, à toute heure de la nuit et du jour».

 

Vous ne serez pas déçus.  C’est court, c’est émouvant, c’est poignant. Un bouquin à dévorer sur le bord de la piscine ou au coin du feu par une belle soirée d’hiver…

Avez-vous lu ce récit?

Bien à vous,

Madame lit

Basri, Z. (2013). Nina Simon-Mr Bojangles ⌈ vidéo en ligne⌉. Récupéré de https://www.youtube.com/watch?v=eAW3y5l6Dm4

Bourdeaut, Olivier. En attendant Bojangles, Bordeaux : Finitude, 2015, 158 p.

ISBN 978-2-36339-063-9