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Chère lectrice, Cher lecteur,

Tout d’abord, je tiens à m’excuser car je n’ai pas été très active sur ce site et sur les vôtres depuis un certain temps. Je suis en grève depuis deux semaines. Nous débutons demain la troisième semaine. Je marche pendant 5 heures à l’extérieur, beau temps ou mauvais temps. Donc, je suis partie de chez moi pour au moins 8 heures… ce qui me laisse peu temps pour lire et écrire. J’arrive à la maison fatiguée et vidée d’énergie…

Mais, j’ai reçu il y a quelques mois un message de l’un des abonnés à mon blogue qui, sachant que je demeurais à Ottawa, me demandait si je connaissais la sculpture Maman de Louise Bourgeois. Cette sculpture se retrouve à l’extérieur à l’entrée de Musée des beaux-arts du Canada. Il me disait qu’il avait découvert cette œuvre lors d’un visite au musée pour une exposition. Je lui ai répondu que c’était une sculpture que j’appréciais beaucoup un peu comme lui.

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Et voilà que la semaine dernière, il m’envoie une photo d’une autre sculpture portant le titre de Maman, une œuvre de Louise Bourgeois qui se retrouve devant le musée d’art moderne de Guggenheim à Bilbao. Il me raconte qu’il a fait cette découverte en lisant le dernier roman de Dan Brown, Origine. Comme il est un abonné de mon blogue depuis plusieurs mois, il me dit que ce ne doit pas être le genre de roman dont je parle habituellement dans mes textes. Il me raconte que l’on y retrouve les ficelles habituelles des romans de l’auteur, mais que c’est un page-turner, comme son premier roman Da Vinci Code, roman que j’ai d’ailleurs lu il y a fort longtemps. Mais encore, il me dit que le sujet traité dans ce roman est fascinant. On y pose les questions suivantes : d’où venons-nous et où allons-nous? Il me cite enfin l’avant-propos du roman où l’auteur mentionne :

« Les faits :

            Tous les lieux, œuvres, théories scientifiques et organisation religieuses cités dans cet ouvrage sont authentiques. »

            Je me suis laissée prendre et me suis procurée le roman de Brown que je suis en train de lire et que j’aime bien.

Quelques lignes du premier chapitre :

 Langdon contemplait le chien assis sur l’esplanade. Un animal haut d’une dizaine de mètres recouvert d’un patchwork d’herbes et de fleurs. »

(…)

Chien_espagne_musée

Au bas de l’escalier, Langdon s’immobilisa, stupéfait.

De mieux en mieux.

Une grande araignée noire se dressait devant lui, ses longues pattes filiformes supportant son corps à plusieurs mètres au-dessus du sol. Sous l’abdomen, une sorte de filet métallique était rempli de globes de verre.

–      Je vous présente Maman, dit une voix.

Musée Bibao_libre droit d'auteur

J’écris un court mot à mon abonné pour lui dire ma surprise de retrouver la mention de cette sculpture dès le premier chapitre et voici que satisfait de réaliser que le livre m’intéressait, il m’indique comment on peut retrouver facilement sur le Web des photos des différents lieux où se déroule l’action du roman. Comme l’Espagne est un pays que je vais visiter en juin 2018, je confie à mon abonné que je suis en pleine lecture du livre. Et lui de me répondre qu’il dispose de photos de Barcelone qui pourraient m’intéresser !

Je n’ai pas encore complété ma lecture du roman, mais je peux vous faire part de mes découvertes.

Et un peu plus loin dans ce premier chapitre cette phrase :

« Langdon contempla, au delà de l’arachide, le bâtiment miroitant. »

            Ce bâtiment miroitant c’est évidemment le musée d’art moderne de Bilbao, le musée Guggenheim. Ce que nous en dit Dan Brown :

Le musée Guggenheim de Bilbao semblait être sorti de l’esprit d’un Alien – des formes de métal torturées assemblées de façon aléatoire. Avec ses trente mille plaques qui luisaient comme autant d’écailles de poissons, cette masse chaotique avait quelque chose à la fois d’organique et d’extraterrestre, comme si un Léviathan futuriste était sorti des eaux du fleuve pour se chauffer au soleil.

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Ce musée inauguré en 1997 est l’œuvre du sculpteur Frank Gehry. Et, en fouillant, j’ai découvert que cet artiste canado-américain est né en Ontario. Et moi qui vis maintenant dans cette province… On a dit de ce musée qu’il était une prouesse d’architecture. Observez la photo suivante attentivement et vous remarquerez une passerelle que va emprunter Langdon :

Il se trouvait à mi-chemin quand il entendit un sifflement. Cela venait de dessous, sous ses pieds. Un nuage de brume commençait à s’étendre sur l’eau. Puis le nuage s’éleva, recouvrit l’étang, roula vers le musée, nimbant les murs d’enceintes.

La sculpture de brouillard !

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Langdon avait entendu parler du travail de Fujiko Nakaya. La « sculpture » était révolutionnaire parce que conçue à partir de l’air lui-même, créant un mur de brouillard qui se matérialisait soudain puis se  dissipait. Suivant les conditions climatiques, l’œuvre n’était jamais identique d’un jour à l’autre.

             Incroyable et magnifique à la fois. Mais attendez, le nom complet de l’architecte est Frank Owen Gehry et oui FOG, le mot anglais pour brouillard…

Et voilà et nous n’en sommes qu’au premier chapitre. D’autres découvertes à venir certainement et je poursuis ma lecture.

De plus, l’action du roman se déroule en grande partie à Barcelone car Edmond Kirsch, le futurologue et informaticien a établi son domicile dans cette ville. Je découvre qu’il demeure à un étage supérieur de la Casa Milà en raison de son admiration pour l’œuvre du célèbre sculpteur Antonio Gaudi. Cette maison particulière s’avère la maison la plus célèbre des maisons de Gaudi à Barcelone. La Casa Battlo à quelques pas de la Casa Milà n’en est pas moins remarquable et les touristes y affluent en tout temps. Les deux sont un incontournable pour tout visiteur séjournant à Barcelone. Quelques lignes du roman font bien ressortir les liens entre Gaudi et Kirsch :

« – C’est le Park Guëll ?

Ambra vérifia.

– Vous avez le coup d’œil ?

– Edmond s’y arrêtait souvent, intervint Winston. Quand il revenait de l’aéroport.

(… ) Ces deux hommes se ressemblent. Deux visionnaires qui ont transgressé toutes les règles. En amoureux de la nature, Gaudi trouvait son inspiration dans les formes organiques, utilisant « le monde naturel de Dieu » pour l’aider à concevoir des structures qui souvent paraissaient avoir poussé toutes seules.

« Il n’y a pas de lignes droites dans la nature », disait-il et effectivement ses constructions en comportaient très peu.

Encore aujourd’hui, près d’un siècle après sa mort, les touristes du monde se rendent à Barcelone pour admirer ses œuvres d’un modernisme étourdissant. Gaudi avait conçu des parcs, des bâtiments publics, des maisons privées et bien sûr, son apothéose, la Sagrada Familia, la célèbre basilique avec ses tours comme des éponges de mer géantes, un édifice qui dominait le ciel de la ville catalane. « Une œuvre unique dans toute l’histoire des arts. » affirment les critiques.

L’audace de Gaudi avait toujours émerveillé Langdon, en particulier la Sagrada Familia, un projet à la démesure de son créateur qui était encore en construction cent quarante ans après le début du chantier. L’image satellite de Park Guëll lui rappelait bien des souvenirs : sa première visite dans ces jardins, alors qu’il était encore étudiant. Le premier choc. Une plongée dans un pays des merveilles… des allées sinuant sur des colonnes en forme de troncs d’arbres, de grottes, des myriades de bancs sinueux, des ilôts- fontaines ressemblant à des dragons et des poissons, un mur blanc ondulant aux formes si fluides qu’on aurait dit le flagelle d’une créature unicellulaire. »

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Suite à un événement malheureux qui s’est produit pendant la présentation du « show » de Kirsch deux personnages importants du roman doivent se rendre à la Casa Milà. Langdon, le scientifique et ami de Kirsch et Ambra Vidal, la directrice du Musée Gugennheim de Bilbao. Ils sont toutefois suivis par les policiers espagnols car ceux-ci ont été informés que Langdon a enlevé Ambra, la fiancée du futur roi d’Espagne. L’accès à la Casa Milà ne sera pas facile. On la présente ainsi dans le roman :

« La Casa Milà était l’une des constructions les plus célèbres de Gaudi. Un immeuble au design unique; avec ses alvéoles et ses balcons sinueux, il ressemblait au flanc d’une montagne creusée par les intempéries. D’ailleurs on lui avait donné un surnom, « La Pedrera », la carrière.

Le plan de la Casa Milà est une double boucle, comme le signe infini, qui forme deux trous aux bords effondrés. Chaque fosse mesure près de trente mètres et, vu du ciel, on a l’impression que deux puits percent le toit de l’immeuble.

Une architecture vivante s’émerveilla Langdon, en reconnaissant une fois de plus les talents de Gaudi à reproduire la profusion du vivant.

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Ambra et Langdon sont à la recherche d’un recueil de poésie dans lequel un vers de 37 lettres permet l’accès au coffre qui contient l’ordinateur de Kirsch et le texte de la conférence du futurologue. Ambra la directrice du musée a discuté à plusieurs occasions avec Kirsch et elle se souvient que ce recueil unique a été prêté par le futurologue et se trouve dans un voûte à la Sagrada Familia. Cette œuvre la plus célèbre de Gaudi est souvent évoquée dans le roman.

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Sa construction a débuté en 1926 et on souhaite que l’ensemble soit complété pour le centenaire du début de la construction :

Oui, je connais Edmond, songea Langdon. Assez pour savoir qu’il était persuadé que la Sagrada Familia renfermait des secrets et des symboles qui dépassent de loin le cadre de la chrétienté. Depuis que la première pierre avait été posée, le bâtiment révolutionnaire marquait les esprits avec ses portes émaillées de codes, ses colonnes hélicoïdales, ses symboles et ses carrés magiques, et sa structure « en squelette » qui donnait l’impression de voir des entrelacs d’os supportant des membranes de tissus vivants. Et les rumeurs allaient bon train.

(…)

Les tours ajourées de diverses hauteurs donnent à ce sanctuaire des airs de château de sable érigé par quelque géant facétieux. Lorsqu’elle sera terminée, la plus haute de ses flèches atteindra la hauteur de cent soixante-dix mètres – plus haut que le Washington Monument. À côté d’elle la basilique Saint-Pierre à Rome paraîtra lilliputienne.

Trois façades protègent l’édifice. À l’est, la façade de la Nativité s’élève tel un jardin suspendu, avec des festons de plantes, de fruits, d’animaux. Par contraste, la façade de la Passion, à l’ouest, est un squelette austère de pierres où les piliers inclinés évoquent des os de titans.

Vous voulez voir et admirer ?

Vous allez sans doute me dire que vous êtes maintenant convaincus que Gaudi est un artiste exceptionnel, que vous êtes peut-être surpris par le style unique de son oeuvre mais sur le sujet du roman, son développement vous n’en savez pas beaucoup. Je ne peux trop vous en dire car ce roman est un véritable polar. Aussi, je me limite à vous présenter quelques uns des personnages et je vous laisse deviner ce qui va se produire…

  • Kirsch, le futurologue qui va annoncer au monde entier une découverte qu’il est seul à connaître pour l’instant, une découverte qui devrait bouleverser nos croyances.
  • Luis Avila, un amiral très respecté en Espagne mais qui a été bouleversé par une explosion dans la cathédrale de Séville. Ses parents ont été tués. Le pape d’une secte rivale de l’Église catholique l’incite à se venger.
  • L’archevêque Antonio Valdespino, un catholique très conservateur qui a des liens étroits avec le roi d’Espagne mourant.
  • Ambra Vidal, la directrice du musée Guggenheim a travaillé pendant plusieurs mois à l’organisation de la soirée de Kirsch. C’est une fille du peuple. Elle est la fiancée du prince héritier Julian.
  • Julian, ce prince héritier est un homme taciturne que personne ne semble connaître.
  • Robert Langdon, le célèbre scientifique qu’on a connu dans le premier roman de Brown, Da Vinci Code est un grand ami de Kirsch qui a d’ailleurs été auparavant son élève.

Vous pouvez imaginer un peu les péripéties du roman avec ces personnages confrontés à ce questionnement primordial :

  • D’où venons-nous?
  • Où allons-nous?

La confrontation entre la réponse des différentes religions et celle de la science est au centre du roman. Je ne vous en dis pas plus…

En tous les cas, grâce à toutes les informations présentées sur l’art et l’architecture de l’Espagne, j’ai de plus en plus hâte d’y aller en juin!!!

Je tiens à remercier M. Robert Benoit pour son aide lors de la rédaction de ce billet, pour sa vidéo et pour ses photos. Sans lui, ce billet n’aurait pas pu voir le jour.

Avez-vous déjà lu un roman en cherchant ainsi des images des lieux décrits ?

Si vous ne l’avez jamais fait, à la suite des images que vous venez de voir, pourriez-vous avoir le goût de tenter l’expérience?

Bien à vous,

Madame lit

Brown, Dan. Origine. Paris : Jc Lattès, 2017, 576 p.

ISBN : 9782709659802 (2709659808)