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fatigue

Chère lectrice, Cher lecteur,

Je suis en retard avec mon bilan d’octobre… Comme j’ai été en grève durant 5 semaines (sans salaire, sans avantages sociaux, etc.), j’ai eu peu de temps pour lire. Et oui, c’est fatiguant de marcher dehors dans le froid canadien pour revendiquer des principes comme la liberté académique et l’embauche de plus de professeurs permanents pour nos collèges. Nous sommes retournés au travail avec l’imposition d’une loi spéciale. Donc, tout est à suivre… Alors, mon émotion pour les deux mois, je dirais qu’elle est plutôt associée à l’épuisement intellectuel et physique.

J’ai même perdu le goût de poursuivre ce blogue…mais, je n’abandonne pas! Nous sommes une belle communauté et nous partageons avec coeur notre passion pour la littérature!

En octobre, voici les livres chroniqués :

Pour ce qui est des citations publiées :

Mon écrivain du mois a été Milan Kundera!

En novembre, voici les livres chroniqués :

Pour ce qui est des citations publiées :

Mon écrivain du mois est Dany Laferrière!

N’hésitez pas à cliquer sur les liens pour consulter les billets.

Je ne sais pas pourquoi mais j’ai eu moins de visites sur mon blogue durant ces deux mois… J’espère que de votre côté, tout va bien!

Pessoa_bilans

Pour terminer la présentation de ces bilans, je tiens à rendre hommage  à Fernando Pessoa, ce grand écrivain portugais décédé un 30 novembre. Pour moi, le Livre de l’intranquillité s’avère un chef d’œuvre.  Je possède ce bouquin depuis très longtemps et j’en lis des passages au gré du temps. Je m’abreuve à sa beauté pour réfléchir avec l’écrivain sur le sens de la vie, de la mort, de la condition humaine… Rares sont les livres qui m’ont autant touchée…. Je tiens à vous présenter deux extraits. Dans le premier, Pessoa parle de son amour pour la lecture des classiques …

5 avril 1930

[…] Je lis, et me voici libre. J’acquiers l’objectivité. Je cesse d’être moi, cet être dispersé. Et ce que je lis, au lieu d’être un vêtement que je porte, que je distingue à peine et qui parfois me pèse, devient la vaste clarté du monde extérieur, tout entière admirable, le soleil qui nous voit tous, la lune qui parsème d’ombres le sol paisible, les grands espaces qui débouchent sur la mer, la masse noire des arbres qui balancent leurs cimes vertes, tout là-haut, la quiétude figée des bassins dans les jardins, les chemins couverts qui descendent, sous les tonnelles qui forment la vigne, les pentes brèves des vallées.

C’est beau, la lecture comme phare de la liberté…

Dans le second, il aborde son existence :

Je n’ai jamais rien fait que rêver. Cela, et cela seulement, a toujours été le sens de ma vie. Je n’ai jamais eu d’autre souci véritable que celui de ma vie intérieure. Les plus grands chagrins de mon existence se sont estompés dès lors que j’ai pu, ouvrant la fenêtre qui donne sur moi-même, m’oublier en contemplant son perpétuel mouvement. Je n’ai jamais voulu être rien d’autre qu’un rêveur. Si l’on me parlait de vivre, j’écoutais à peine. J’ai toujours appartenu à ce qui n’est pas là où je me trouve, et à ce que je n’ai jamais pu être. Tout ce qui n’est pas moi – si vil que cela puisse être – a toujours eu de la poésie à mes yeux. Je n’ai jamais aimé que rien. Je n’ai jamais souhaité que ce que je ne pouvais pas même imaginer. Je n’ai jamais demandé à la vie que de m’effleurer, sans que je la sente passer. Je n’ai jamais rien demandé à l’amour que de rester un rêve lointain.

Un bouquin pour lecteur averti seulement…

Au fait, l’avez-vous lu? Qu’en avez-vous pensé?

Bien à vous,

Madame lit