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Yourcenar

Chère lectrice, Cher lecteur,

Un 17 décembre s’éteignait la grande Marguerite Yourcenar, première femme élue membre de l’Académie française. Je garde un souvenir impérissable de ma lecture des Mémoires d’Hadrien. Si vous n’avez pas lu ce magnifique bouquin, je vous recommande de plonger dans ce dernier et de suivre la folle passion de l’empereur romain pour Antinoüs. Lors de mon voyage en Italie, j’ai pu me rendre compte de cette dernière et ce, même au Vatican. Aujourd’hui, pour rendre hommage à Marguerite Yourcenar, je  partage avec vous un extrait tiré des Nouvelles orientales en guise de citation du dimanche. J’aime beaucoup ce petit recueil où le rêve, le mythe et la passion éclatent pour former un portrait oriental majestueux. Voici les parole de Genghi sur son lit de mort :

-Je vais mourir, fit-il péniblement. Je ne me plains pas d’un sort que je partage avec les fleurs, avec les insectes, avec les astres. Dans un univers où tout passe comme un songe, on s’en voudrait de durer toujours. Je ne me plains pas que les choses, les êtres, les cœurs soient périssables, puisqu’une part de leur beauté est faite de ce malheur. Ce qui m’afflige, c’est qu’ils soient uniques. Jadis, la certitude d’obtenir à chaque instant de ma vie une révélation qui ne se renouvellerait plus composait le plus clair de mes secrets plaisirs : maintenant, je meurs honteux comme un privilégié qui aurait assisté seul à une fête sublime qu’on ne donnera qu’une fois. Chers objets, vous n’avez plus pour témoin qu’un aveugle qui meurt… (p. 72-73)

Donc, c’était ma façon de souligner le départ d’une grande dame de la littérature…

Avez-vous déjà lu Yourcenar? Quel a été votre livre préféré?

Bien à vous,

Madame lit

Yourcenar, Marguerite. Nouvelles orientales, Paris, L’imaginaire Gallimard, 1995, 149 p.

ISBN 2-07-029973-2