Madame lit du Juan Ramón Jiménez

Jimenez

Chère lectrice, Cher lecteur,

Pour débuter le mois espagnol, j’ai décidé de partager avec vous deux poèmes du grand poète espagnol Juan Ramón Jiménez (1881-1958). En plus d’être poète, il est auteur et son immense talent lui a permis de remporter le prix Nobel de littérature en 1956. Sa passion pour les mots l’a entraîné, entre autres, dans une quête pour atteindre l’essence de toutes choses. Dans Poésie espagnole moderne contemporaine, Marie-Claude Zimmermann mentionne : «Il s’agit là de l’une des voix les plus originales de la littérature espagnole de tous les temps» (p. 32).

Voici un poème très célèbre tiré de son recueil Eternidades traduit par Bernard Sesé :

Elle vint, d’abord, pure,
vêtue d’innocence.
Et je l’aimais comme un enfant.

Puis elle revêtit
je ne sais quels atours.
À mon insu, je la haïs.

Et elle devint une reine
aux trésors fastueux…
Quelle ire de fiel insensée !

… Mais elle alla se dénudant
Et moi je lui souriais.

Vêtue seule de la tunique
de son ancienne innocence
et de nouveau je crus en elle

Et elle enleva sa tunique,
et elle apparut toute nue…
Ô passion de ma vie, poésie
nue, mienne pour toujours!

Aussi, j’ai trouvé ce poème de Juan Ramón Jiménez en épigraphe dans Nada de Carmen Laforet :

NADA
(Fragment)

Parfois, une saveur amère,
Une mauvaise odeur, un bizarre
Jeu de lumière, un son discordant,
Un contact un peu nauséeux,
S’emparent de nos sens
Telles des réalités définitives,
Et nous apparaissent comme
La Vérité insoupçonnée.

J’espère que vous avez apprécié cette petite incursion dans l’univers d’un grand amoureux de la poésie. Son influence est majeure et son talent incommensurable puisqu’il a inspiré et continue d’inspirer les écrivains et les poètes espagnols.

Aviez-vous déjà lu des poèmes de Juan Ramón Jiménez?

Bien à vous,

Madame lit

Zimmermann, Marie-Claire, Poésie espagnole moderne et contemporaine, Paris, Dunod, 1995, 258 p.

12 commentaires »

  1. En version originale, ça dit la même chose, et c’est différent

    Vino, primero, pura,
    vestida de inocencia;
    Y la amé como un niño.
    Luego se fue vistiendo
    de no sé qué ropajes;
    y la fui odiando sin saberlo.
    Llegó a ser una reina,
    fastuosa de tesoros…
    ¡Qué iracundia de yel y sin sentido;
    …Mas se fue desnudando.
    Y yo le sonreía.

    Se quedó con la túnica
    de su inocencia antigua.
    Creí de nuevo en ella.
    Y se quitó la túnica
    y apareció desnuda toda.
    ¡oh pasión de mi vida, poesía
    desnuda, mía para siempre!

    Aimé par 2 personnes

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