Madame lit Ce que le jour doit à la nuit

Kadhra

Chère lectrice, Cher lecteur,

Pour le Défi littéraire Madame lit des livres du monde, en juin, la littérature algérienne était à l’honneur. Comme j’avais dans ma bibliothèque Ce que le jour doit à la nuit de Yasmina Khadra, j’ai décidé de plonger dans cet univers. Je l’ai lu avant mon départ pour l’Espagne et le Portugal. Que  raconte cette histoire? Cette dernière présente le parcours de Younes, de 1930 à 1962. À l’âge de dix ans, le petit algérien, voit la ferme familiale décimée par le feu. Son père perd leur terre et il prend la décision d’aller s’établir à Oran car il croit que la vie sera meilleure. Mais, le sort s’acharne sur la famille et le patriarche décide de confier Younes à son frère, un pharmacien sans enfant marié à une Française. L’oncle est un pacifiste démocrate qui accueille dans sa demeure des nationalistes comme Messali Hadj, figure de proue du processus d’indépendance algérienne. Younes change de nom et devient Jonas et il vit entouré par l’amour maternel de sa tante Germaine. Durant la Deuxième Guerre mondiale, son oncle est arrêté et torturé. Après sa libération, l’oncle amène sa famille loin d’Oran pour aller s’installer à Rio Salado (El-Malah), un endroit où vivent des communautés algériennes de diverses nationalités et religieuses. Le petit garçon aux yeux bleus et au visage d’ange s’intègre à une communauté de Français y vivant et développe des relations d’amitié avec trois autres garçons. Il découvre l’amour lorsqu’il rencontre la belle Émilie, une Française qui va semer la pagaille au sein de la bande. Mais, la mère d’Émilie interdit à Jonas de fréquenter sa fille car elle partage un secret avec le jeune homme. Jonas, contraint de renoncer à l’amour de sa vie, plonge dans un mal de vivre et une dépression. La guerre d’indépendance éclate. Jonas s’avère confronté à la misère des siens et à la révolte du peuple. Il est déchiré entre ses deux identités, le petit Younes de Jenate Jato, et Jonas, le jeune garçon élevé auprès des Français.

Les choses changeaient, mais pour moi elles s’opéraient dans un monde parallèle. Partagé entre la fidélité à mes amis et la solidarité avec les miens, je temporisais. […] Quand bien même je refuserais de me décider, les événements finiraient par choisir pour moi. La colère était en marche; elle avait débordé les lieux secrets où se déroulaient les conciliabules militants et était en train de se déverser dans les rues, de se ramifier à travers les franges défavorisées et de se faufiler vers les villages nègres et les douars enclavés. (p. 189-190)

Dès le début, j’ai été happée par la voix de Younes, par les réflexions de l’oncle sur la vie, les femmes, la guerre, par cet amour impossible marqué par le saut de l’interdit. Par exemple, voici les paroles de l’oncle sur son lit de mort :

-Prends femme, Younes. Seul l’amour est capable de nous venger des coups bas de la vie. Et souviens-toi : si une femme t’aimait, aucune étoile ne se mettrait hors de ta portée, aucune divinité ne t’arriverait à la cheville.  (p. 291)

Une belle fresque que j’ai lue avec un très grand bonheur. C’était ma première rencontre avec la plume de Yasmina Khadra et je crois bien que ce ne sera pas la dernière. De surcroit, un film a été réalisé à partir de ce roman. Je l’avais vu il y a quelques années et j’avais beaucoup aimé le scénario, l’intensité et les drames frappant Younes . Voici d’ailleurs la bande-annonce.

Avez-vous déjà lu un bouquin de Yasmina Khadra? Avez-vous vu le film tiré de Ce que le jour doit à la nuit?

Bien à vous,

Madame lit

KHADRA, Yasmina, Ce que le jour doit à la nuit, Paris, Julliard, 2008, 413 p.

ISBN 978-2-260-01758-5

14 commentaires »

  1. Depuis plusieurs mois, j’ai « Les hirondelles de khaboul » sur un petit secrétaire où s’empilent revues, livres à livre, livres lus et factures de toutes sortes. Je l’ai souvent pris, lu quelques pages. J’en ai entendu parler de celui là et de quelques autres. Je ne sais trop pourquoi, est-ce l’époque, le lieu, le sujet, je ne parviens jamais à lire au complet.
    Pourtant, tu réussis si bien à nous le vanter.
    Qui sait, un jour…

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