Madame lit «Nocturne»

Nocturne

Chère lectrice, Cher lecteur,

En ce mois consacré à la littérature colombienne pour le Défi littéraire, permettez-moi de partager avec vous «Nocturne» du poète José Asunción Silva (1865-1896). Ce dernier est considéré comme le précurseur du modernise. Sa vie est marquée par des événements tragiques. Né dans une famille aisée,  il a eu la chance d’occuper le poste de secrétaire à l’ambassade de Caracas et de voyager. Toutefois, en 1891, il perd sa soeur et il lui dédie alors «Nocturne». Il souffre d’un mal de vivre et il tombe dans le désespoir. Il s’enlève la vie avant 31 ans en se tirant une balle en plein coeur.  La Colombie, pays du rythme poétique, de la fête des mots, de la puissance du langage, ouvre les portes de tous les possibles grâce à ses auteurs. Voici donc,  «Nocturne», traduit par la revue Érudit. (Je n’ai pas été capable de respecter la mise en page du poème en raison des limitations de la plateforme WordPress).

Une nuit,

une nuit tout envahie de parfums, de murmures et de musiques aériennes,

une nuit,

tout illuminée de lucioles fantastiques en son ombre humide et nuptiale,

à mes côtés, lentement, tout à moi enlacée

pâle et silencieuse

comme si un pressentiment d’amertumes infinies

t’agitait jusqu’à tes fibres les plus secrètes et les plus profondes,

par le chemin qui traverse la lande fleurie

tu marchais,

et la lune pleine

par les ciels d’azur infinis et profonds déployait sa lumière blanche,

et ton ombre

svelte et alanguie,

et mon ombre

par les rayons de la lune révélées,

sur les sables tristes

du chemin se frôlaient

et elles n’étaient qu’une

et  elles n’étaient qu’une

et elles n’étaient qu’une ombre seule et vaste !

Et elles n’étaient qu’une ombre seule et vaste !

Et elles n’étaient qu’une ombre seule et vaste !

Cette nuit

seul, l’âme

envahies d’ amertumes infinies et d’agonies de ta mort,

séparé de toi par l’ombre, par le temps et par la distance,

par l’infini des ténèbres,

que notre voix ne touche pas,

seul et muet

sur le chemin je m’en allais,

et l’on entendait les chiens hurler à la lune,

à la lune livide,

et le coassement

des grenouilles.

Soudain le froid, le froid glacé de tes joues

dans l’alcôve et tes tempes et tes mains adorées,

dans la blancheur de neige

des draps mortuaires !

C’était le froid du sépulcre, c’était le froid de la mort,

c’était le froid du néant…

Et mon ombre

par les rayons de la lune dévoilée,

s’en allait seule,

s’en allait seule

elle errait seule dans la plaine solitaire !

Et ton ombre délicate et agile

svelte et alanguie,

comme dans la tiédeur de cette nuit de printemps déclinant,

comme dans cette nuit envahie de parfums, de murmures et de musiques aériennes,

s’avança et s’en alla avec elle,

s’avança et s’en alla avec elle,,

s’avança et s’en alla avec elle!… Oh les ombres enlacées !

Oh les ombres qui se poursuivent et s’étreignent!

dans les nuits de ténèbres et  de larmes !…

En regardant le clip suivant, vous pourrez entendre le poème dans sa langue et avoir accès à toute la musicalité du texte.

C’était mon petit clin d’œil à un grand poète colombien.

Bien à vous,

Madame lit

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