Madame lit Mal de pierres

Milena_Agus_Mal de pierres

«L’amour ne s’attarde ni sur l’âge ni sur rien qui ne soit l’amour» (p.66).

Chère lectrice, Cher lecteur,

Pour ma deuxième lecture italienne pour le défi littéraire, j’ai choisi de plonger dans  Mal de pierres de Milena Agus. L’héroïne de cette histoire, c’est une femme de la Sardaigne, trop belle, qui ne réussit pas à se faire aimer de ses soupirants qui l’abandonnent. Ils ont peur de sa folle passion. Sa petite-fille raconte l’histoire de cette femme possédant de longs cheveux noirs et des yeux immenses en mal d’amour. Un veuf se pointe lorsqu’elle est en âge avancé, pour l’époque, un peu avant le début de la Seconde Guerre mondiale. Ses parents l’obligent à le marier, mais il n’y a pas d’amour entre eux. Lui fréquente les maisons closes, elle, elle rêve à l’amour. Elle tombe souvent enceinte, mais elle fait des fausses couches. Elle consulte un médecin qui lui recommande une cure dans une station thermale car elle a des pierres. Elle ira sur le Continent et c’est pendant son traitement qu’elle rencontre le Rescapé. Avec ce dernier, elle va connaître l’amour, celui qui va la bouleverser pour le reste de sa vie. C’est son instant à elle dans tous les autres moments de sa vie. Le Rescapé réussit à lui faire un enfant, malgré ses pierres et elle va être capable de vivre une grossesse complète. Elle aura un fils, puis une petite-fille.

Dans cette histoire, il y a le mal, il y a les pierres comme l’indique le titre. Ainsi, j’ai bien apprécié le drame de cette héroïne dont le mal transcende les pages, celui de ne pas être aimée, celui de ne pas être capable de porter un enfant à terme dans ce monde où l’on juge les femmes en fonction de leur statut social (d’épouse et de mère).

Ils aimaient aller voir ce trou surtout quand grand-mère était enceinte, sauf que toutes ces pierres dans son corps finissaient toujours par transformer la joie en douleur et sang partout. (p.29)

Il y a aussi le mal représentant la folie. En ce sens, le lecteur découvre progressivement le mal habitant cette femme trop belle, née différemment, se mutilant et tentant de se tuer. La narratrice trace un portrait en jetant des pierres ici et là sur un sentier pour nous dévoiler le vécu de son aïeule qui a écrit aussi sa vie. À cet égard, le lecteur est plongé presque dans une double narration avec d’une part, la petite-fille nous racontant d’une manière anecdotique la folie de sa grand-mère et d’autre part, l’aïeule par le biais de son cahier aborde son existence marquée par la passion. La narratrice possède ce cahier et s’en sert pour nous rapporter l’histoire de sa grand-mère. Entre délire et passion où se trouve la raison? Tout le mystère réside dans l’art de raconter de la petite-fille… Où est la vérité?

Mais encore, les pierres, de leur côté, symbolisent de nombreux éléments dans le livre (la lourdeur, la maladie, le manque d’amour, les blessures, la malédiction, l’incommunicabilité) pour ne mentionner que ces derniers.

Dans ce roman, le lecteur retrouve aussi de belles descriptions de l’Italie à travers les paysages de la Sardaigne et de son peuple. Il faut voir comment la narratrice parle du lien s’établissant entre les voisines. Mais encore, le lecteur suit les personnages dans une excursion en montagne. Les descriptions du décor sont empreintes de poésie. J’ai eu envie de partir en Sardaigne et d’accompagner la petite famille en forêt.

Il leur fallait découvrir les montagnes de Sardaigne, eux, gens de mer et de plaine. La forêt Montes, une des rares forêts primaires de Sardaigne avec ses chênes verts séculaires qui n’ont jamais été coupés, était plongée dans le silence et dans une neige douce et blanche qui arrivait aux genoux. […] Grand-mère pendant un bon moment avait marché devant, comme si elle n’avait eu ni mari ni enfant, mais ensuite quand, dans la vallée, le lac d’Oladi était apparu, gelé, comme sortant d’un monde imaginaire au milieu de cette immense solitude, alors elle s’était arrêtée pour les attendre : «Regardez! Regardez comme c’est beau!»(p. 83).

Ce livre est court, mais il va à l’essentiel. Il nous parle du mal d’amour, de l’amour et nous découvrons aussi que parfois, nous ne savons pas grand-chose des autres même des personnes les plus proches.

Avez-vous déjà lu un roman de Milena Agus?

Bien à vous,

Madame lit

logo_leslibrairesCet article contient des liens d’affiliation grâce à un partenariat avec la coopérative des Librairies indépendantes du Québec. Vous pouvez commander des livres directement par le biais du site Web des Libraires grâce à un lien sécurisé.

AGUS, Milena, Mal de pierres, traduit de l’italien par Dominique Vittoz, Paris, Liana Levi, 2007, 123 p.

ISBN 978-2-86746-433-1

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