Madame lit Les chants du large d’Emma Hooper

Emma_Hooper

Trop de silence et trop de nuit pour la musique, trop d’appels de la mer pour lire. Il n’y avait rien d’autre à faire que raconter des histoires.

Chère lectrice, Cher lecteur,

J’ai reçu d’Alto Les chants du large d’Emma Hooper. Ce roman fait bonne figure pour la rentrée littéraire 2018.  Mais que raconte ce récit? Tout d’abord, il parle de l’île de Terre-Neuve et de ses habitants. Ces derniers ont vu les poissons abandonner l’océan. Il ne reste que la mer, le vent, les maisons délaissées, les vieilles chansons soufflant dans le vent. Donc, les gens de cette île ne peuvent plus vivre de la pêche. Ils sont amenés à quitter progressivement le lieu. C’est l’exode comme il y en a trop dans le vaste Canada. Un garçon de onze ans, Finn O’Connor, croit qu’il pourra faire revenir les poissons et sa sœur Cora grâce au plan qu’il élabore. Cette dernière, une adolescente, a décidé d’aller travailler en Alberta,  pour gagner sa vie en surveillant les ours en compagnie de deux chiens. Parallèlement à l’histoire de Finn et de sa sœur, il y a celle de leurs parents, Aidan et Martha, qui doivent subvenir aux besoins de leur famille en quittant à tour de rôle l’île pour travailler eux-aussi en Alberta sur un site de pétrole. En ce sens, le lecteur suit leur parcours lorsqu’ils sont des adolescents, puis des parents. Les poissons reviendront-ils pour le plus grand bonheur des habitants de l’île? Le chant des sirènes de l’Atlantide pourra-t-il enivrer la mer?

C’est ce dont Emma Hooper nous parle au fil des pages de son roman. Elle décrit magnifiquement avec une certaine nostalgie la vie des gens de cette île. Elle nous raconte leur triste sort. Elle réussit à chuchoter à notre oreille le désarroi d’un enfant de onze ans face à l’éclatement de sa famille et de son île, à nous faire entendre le murmure de la mer, à nous plonger dans le désespoir d’une famille et des habitants d’un espace face au déracinement.

Même si personne n’avait vu de poisson sur le rivage depuis un an. Même si personne n’avait attrapé de poisson depuis l’année de ses neuf ans, Finn, assis dans sa barque, attendit. Il n’y avait pas d’autres bateaux sur la mer. Rien que le vent et l’eau à des kilomètres à la ronde. (p. 38)

Ce qui se passe quand tu quittes l’endroit que tu aimes, expliqua Mme Callaghan, c’est que tu vieillis d’un coup et tu meurs (p. 104)

Je me suis laissée bercer par les mots de l’écrivaine, j’ai écouté le murmure des vagues, j’ai senti tomber la pluie sur le rivage, j’ai surveillé le brouillard modifiant le paysage à la ronde. J’ai lu une belle histoire durant plus de quatre cents pages et je me suis attachée à Finn, à son désir de voir sa famille réunie, au son de son accordéon et je l’ai suivi pas à pas dans l’élaboration de son plan. C’est beau, c’est grand comme le Canada, c’est puissant comme les vagues de la mer. Emma Hooper possède un talent de conteuse indéniable. Elle a recours à la magie des mots, au folklore, aux légendes. De plus, j’ai apprécié retrouver des chansons dans le récit. Elles livrent un message à qui veut bien les écouter.

L’océan est vaste
J’peux pas le traverser
Et j’ai pas d’ailes non plus
Pour voler

Je vous inviter à embarquer dans le bateau de Finn, à aller guetter le poisson à ses côtés, à écouter avec lui le chant de la mer et à tenter de décoder un mystère aussi grand que l’univers aux couleurs de l’Atlantide… Qui sait? Vous l’aiderez peut-être à faire revenir les poissons.

Ce livre s’inscrit parfaitement dans le mois consacré à la littérature britannique pour le défi littéraire Madame lit des livres du monde car Emma Hooper est née au Canada, mais elle vit en Angleterre depuis quelques années.

Je tiens à remercier la maison d’édition Alto car elle m’a fait parvenir ce très beau livre. Je vais certainement lire le premier roman, Emma et Otto, paru en 2015, de cette écrivaine.

Avez-vous déjà entendu parler d’Emma Hooper? Que pensez-vous de cette histoire saline?

Bien à vous,

Madame lit

HOOPER, Emma, Les chants du large, traduit de l’anglais par Carole Hanna, Québec, Alto, 2018, 434 p.

ISBN 978-2-89694-393-7

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10 commentaires »

  1. Je ne connais pas cette auteure. Je viens de voir que son premier roman est paru chez Pocket et le résumé me tente bien, tout comme ton billet ; j’aime bien les atmosphères qui semblent se dégager de ces pages. Je vais commencer par le poche. Merci pour cette découverte !

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