Madame lit 37o 2 le matin

«Une vraie histoire d’amour, ça se termine jamais.» (p. 360)


Chère lectrice, Cher lecteur,

Pour le défi littéraire 2019 de Madame lit, en février, l’amour est à l’honneur. J’ai décidé de lire 37o 2 le matin de Philippe Djian. Je ne connaissais pas du tout ce bouquin. Alors, que raconte ce roman? C’est l’histoire d’une rencontre entre le narrateur et Betty. Cette rencontre, c’est la plus extraordinaire. C’est celle qui est inoubliable. Pour le narrateur, Betty, c’est la plus belle des femmes, c’est son torrent lumineux, c’est sa déesse et sa raison de vivre. Pour Betty, lui, c’est le plus grand écrivain de tous les temps, c’est l’être le plus parfait, c’est son sauveur et son protecteur.  Ils vont vivre une histoire qui défie le temps. Ils vont refuser le quotidien pour être dans une quête de la perfection. Leur histoire débute dans un motel où le narrateur est une sorte de concierge peintre. Puis, ils vont tout balancer en mettant le feu et s’enfuir chez la sœur de Betty. Ils finiront par vendre des pianos pour le beau-frère de Betty qui les installe chez sa défunte mère pour reprendre le commerce. Mais, un nuage noir s’installe progressivement, créant un voile dont il est difficile de s’échapper.

Doit-on lire 37o 2 le matin? Oui. C’est beau. C’est triste. C’est l’histoire d’un homme, d’une femme et de l’Amour.

J’ai posé ma main sur sa cuisse, j’avais besoin de la toucher. Si j’avais pu, je l’aurais avalée.
-Tu sais, j’ai enchaîné, j’ai toujours cavalé après les choses qui pouvaient donner un sens à ma vie. Vivre avec toi, c’est peut-être le truc le plus important qui me soit arrivé. (p. 148)

J’ai embarqué dans cette histoire dès les premières lignes. J’ai savouré chacune des phrases en prenant le temps de penser, de rêver, de me laisser bercer par la beauté et par la folie des personnages. Il y a des phrases d’une simplicité mais en même temps, elles vont à l’essentiel.

Par moments, la vie pouvait vous offrir des instants d’une perfection absolue et vous envelopper d’une poussière céleste. (p. 18)

Par le biais du narrateur, le lecteur se laisse surprendre par la mélancolie, par le mal de vivre, par les descriptions axées sur la folie. Le lecteur passe par une gamme d’émotion.

Mais encore, le style de l’écrivain m’est apparu bien particulier. J’ai eu de la difficulté à m’adapter au début à la forme négative où il manque une particule. Voici un exemple :

Le lendemain matin, elle était debout avant moi. Ça faisait tellement longtemps que j’avais pas pris mon petit déjeuner avec quelqu’un. (p. 11)

Le recours au que aussi un peu partout peut déranger… Mais, ces éléments n’ont pas brimé mon plaisir de plonger dans cette histoire où l’Amour transcende les pages…  

Si vous n’avez jamais lu ce roman, je vous le recommande fortement. Par ailleurs, j’ai appris qu’un film avait été réalisé à partir de ce dernier. Voici la bande-annonce.

Au fait, avez-vous déjà lu 37o 2 le matin ou un autre roman de Philippe Djian?

Bien à vous,

Madame lit

DJIAN, Philippe. 37°2 le matin, Paris, J’ai lu, 2016, 377 p.

ISBN 978-2-290-30803-5

14 commentaires »

  1. J’ai lu 37² il y a très longtemps, c’était alors le roman d’amour absolu et moderne. En y repensant plus tard, j’y ai vu l’histoire d’une femme qui se sacrifiait pour que son homme un peu à la dérive, devienne l’écrivain qu’elle voulait qu’il soit. Sacrifice allant jusqu’à la mutilation et la folie violente, mais sacrifice efficace, puisque la renommée venait repêcher le bonhomme à la dérive… En retour de quoi il la tuait.
    Bref, encore l’histoire d’une femme qui meurt pour le génie d’un homme, le tout raconté par l’homme.(évidemment). 😦

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    • cerise sur le gateau, avant de se consacrer à son homme, elle voulait avoir un enfant – en vain – ; donc, une femme qui se vit à travers les clichés les plus éculés (amante, mère, muse) et en fait non, ne se vit même pas, puisqu’elle en meurt. 😦

      reste la téquila rapido que, si je me souviens bien, le roman a remis à la mode 🙂

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      • je suis d’accord, dans l’histoire, Betty est présentée ainsi, et le narrateur est sincère. Ce qui me chiffonne, c’est juste qu’au bout du compte, l’héroïne ne se définit que par rapport au héros (amante, porteuse de l’enfant, puis forceuse de destin d’écrivain) ; le héros/narrateur, lui, se laisse porter et sauver sans rien donner en échange (si, je suis injuste : de l’amour et la délivrance)

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  2. J’ai lu ce livre il y a plusieurs années de cela. À ce moment tout un tapage publicitaire en lien avec ce livre et le film qu’ on avait fait à l’époque. Je n’avais pas apprécié ce livre à sa juste valeur.
    Ta question sur la nécessité de lire ce livre me plaît… Dont-on lire 37.2 le matin? Oui. C’est beau. C’est triste. C’est l’histoire d’un homme, d’une femme et de l’Amour.
    Comment résister à de telles affirmations. Février s’achève mais je vais certainement retourner à ce livre, tu m’en donnes vraiment le goût…

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  3. Je connais davantage Djian Philippe comme parolier de Stephan Eicher que comme romancier. On lui doit les paroles de ‘Déjeuner en paix’, ‘Pas d’ami comme toi’ ou encore ‘confetti’ Par ailleurs, le film 37,2 de JC Beinex m’avait bien plus (dans les années 85-90 ?) mais j’avoue ne pas avoir pointé alors le nom de Djian comme étant à la source.

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