Madame lit un poème de Leonard Cohen

Chère lectrice, Cher lecteur,

Février, mois de l’amour, mois du désir, mois du rêve à deux… Chez Madame lit, pour le défi littéraire 2019, on le souligne. Alors, aujourd’hui, j’ai décidé de partager avec vous le magnifique poème «Au-dedans de notre amour » de notre poète canadien Leonard Cohen. On le connaît surtout pour ses chansons (Hallelujah, Suzanne, etc,), mais il a aussi fait paraître des bouquins dont Le livre du désir, en 2008, un recueil de poèmes.  

Au-dedans de notre amour

Je veux t’aimer maintenant

Je veux t’aimer ensuite

Je veux t’aimer jamais

Et puis recommencer

Tous les pompons de ma ceinture

S’envolent dans le ciel

Quand tu te penches pour rire de moi

Depuis ta place tout là-haut

Je veux être cet idiot

Celui que tu congédies

Après l’avoir usé

Au rythme d’un jour sur deux

Je veux être la rose

Que tu salues d’un bâillement

Claudican avec une béquille d’épines

À travers la pelouse en flammes

Vois ce que tu m’as fait

Comme si tu en avais à foutre

Je vivais derrière une ligne

Mais à présent j’ai passé outre

Je ne reviendrai pas te dire au revoir

Je serai toujours à ton côté

Jusqu’au moment où je serai l’autre homme

Où toi tu seras une mariée

Assieds-toi sur mon souvenir

Quand tu es dans la douleur

Quand tu es dans le plaisir

Assieds-toi dessus encore

Merci pour ta courtoisie

Et pour ton baiser enivré

Je suis plus ivre que jamais tu ne le seras

J’ai mal au cœur de te dire ça

Et chaque nuit est bien bétonnée

Jusqu’à l’instant où tu te lèves et frappe

Contre moi comme la marée

Pour lézarder le mur de mensonges

Et repousse-moi pour toujours

Vers des lieux où je trouve

Les fossiles de ma fraternité

Les lisses comme les torsadés

Et puis vient un instant sacré

Dans une tranchante sobriété :

Je nous vois promis aux chaînes

Même si chaque atome est libre

Je nous vois promis aux chaînes

Même si chaque atome est libre

Et puis la beauté tombe sur un os

Comme on le voit à l’évidence

Puis l’été prend l’or de tes cheveux

Et l’automne prend ton fantôme

Et nous sommes à un festin savoureux

Dont l’hôte n’est personne

Puis nous commençons à reprendre forme

Cela prend un petit moment

Je tourne autour de ton intimité

Seul pendant des miles et tant

Que pensez-vous de ce poème? Est-il approprié pour février?

Bien à vous,

Madame lit

COHEN, Leonard. Le livre du désir, traduit de l’anglais par Jean-Dominique Brierre et Jacques Vassal, Paris, Points, 2017, 273 p.

7 commentaires »

  1. C’est très attachant comme poème. L’amour avec tous ses bonheurs et aussi toutes ses souffrances. J’aime particulièrement Les deux blocs 8 et 9 : Merci pour ta couverture et encore plus Et chaque nuit est bien bétonnée.
    On retrouve de tout dans ce poème et c’est merveilleux à mon sens.

    Aimé par 1 personne

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