Madame lit Les Lettres à mademoiselle Brochu

Les Lettres à mademoiselle Brochu

Je n’ai pas d’auto, mais j’ai tout le reste. Je suis sérieux. […] Au moins je lis des livres. Je suis un bon employé. Je vis tout seul, entouré de maniaques sexuels. Et je suis presque en train de commencer à t’aimer. Je tenais évidemment à ce que tu le saches. (p. 21-22)

Chère lectrice, Cher lecteur,

Pour le Défi littéraire 2019 de Madame lit, le roman épistolaire est à l’honneur en avril. Comme j’avais dans ma bibliothèque depuis un certain temps Les Lettres à mademoiselle Brochu de Maxime-Olivier Moutier, j’ai décidé de le sortir. Que raconte ce livre? Le narrateur, Maxime-Olivier, un garagiste, est follement amoureux de Valentine Brochu, une jeune universitaire. Il vit à Montréal dans un 2 ½ de la rue Saint-Joseph. La demoiselle habite à Sherbrooke. Pour la conquérir, il lui envoie une cinquantaine de lettres d’amour, parfois tendres, parfois violentes, du 7 décembre au 5 mars. Dans ces dernières, il aborde ses sentiments pour elle mais aussi, il traite de la mécanique automobile, de son penchant pour les films pornographiques (on apprend que son idole est Rocco Siffredi, «un acteur, réalisateur, et producteur italien de films pornographiques », de sa relation avec Isabelle, de la vie de ses collègues, etc. Cependant, Valentine ne lui répond qu’une seule fois… Ah! L’amour!

Dans cette crise amoureuse, le narrateur ressent un besoin incommensurable de coucher sur le papier ses fantasmes par rapport à l’autre, de l’ensorceler, de la bousculer, de l’idéaliser, de la nommer, de la rêver…

Puisque depuis mil neuf cent quatre-vingt-onze, je rêve que tu m’en donnes la permission, je rêve que c’est là tout un privilège et que cela dure longtemps. Avant d’aller faire brûler les églises, avant de courir dans la haute neige ou d’aller s’inscrire à des orgies blasantes, je rêve encore, je rêve souvent que l’on s’embrasse. (p. 25-26)

Je suis contente de proposer un roman épistolaire québécois. Je dois dire que j’espérais en lire un et c’est chose faite pour le défi. Entre désespoir et passion, Maxime-Olivier Moutier a su créer un univers où la solitude transperce les pages, où le manque d’amour éclate dans toute sa splendeur et dans toute sa finitude.  L’écriture lui permet de raconter sa vie à l’autre.

J’ai le temps de penser au fait que je t’aime. Des heures libres pour le dire que l’amour, ce n’est pas plus compliqué, pas plus sorcier que le simple désir de raconter ses journées à quelqu’un. Ça s’appelle aussi de l’amour, quand, cent fois de suite, dans une même journée, je pense à t’écrire une nouvelle lettre. (p. 52)

J’ai beaucoup aimé lire Les Lettres à mademoiselle Brochu. Pourquoi? Parce que c’est un homme qui parle à une femme, un homme qui ose vouer un culte à l’autre durant quelques mois, un homme qui décide de se faire Don Quichotte pour sa Dulcinée.  Il affronte ses moulins à vent le temps d’un hiver québécois pour l’illuminer grâce à la chaleur de l’amour afin d’oublier le froid de la solitude, le frémissement des vents violents et le temps des Fêtes. Un mécanicien qui lit et qui ose aimer une universitaire. C’est beau. C’est touchant.

Par ailleurs, il faut se rendre à la toute fin pour avoir accès au glossaire et connaître la façon dont Maxime-Olivier a rencontré sa Valentine.

J’avais déjà lu Journal d’un étudiant en histoire de l’art de Maxime-Olivier Moutier. Je dois avouer que j’ai préféré lire Les Lettres à mademoiselle Brochu. Toutefois, j’y ai retrouvé des thèmes communs comme l’amour, la quête de l’autre, l’identité, la ville de Montréal, etc.

Pour entendre des hommes lire des extraits des Lettres à mademoiselle Brochu, n’hésitez pas à cliquer sur le lien de l’émission Plus on est de fous, plus on lit.

Que pensez-vous de ce roman épistolaire?

Bien à vous,

Madame lit

MOUTIER, Maxime-Olivier. Les Lettres à mademoiselle Brochu : éléments pour une nouvelle esthétique de la crise amoureuse, Montréal, Éditions de L’effet pourpre, 1999, 190 p.

ISBN 2-922660-02-8

Leslibraires.ca

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