Madame lit Le chardonneret de Donna Tartt

«Parce que … la ligne de beauté est la ligne de beauté». (p. 770)

Chère lectrice, Cher lecteur, 

En mai, pour le défi littéraire, les prix Pulitzer sont à l’honneur. J’ai choisi de lire Le chardonneret de Donna Tartt. J’avais déjà lu il y a bien longtemps Le maître des illusions et j’avais beaucoup aimé l’ambiance. Comme j’avais Le chardonneret dans ma bibliothèque, alors, j’ai décidé de le lire car l’autrice a remporté le Pulitzer en 2014 pour ce dernier.

Que raconte cette histoire? 

Dans ce roman, il est question d’un tableau. Un tableau tout petit, mais plus grand que nature en raison de son message: un chardonneret enchaîné regardant celui l’observant. Cette peinture est celle de Carel Fabritius, peintre néerlandais du XVIIe siècle, réalisée en 1654. Un enfant de 13 ans, Théo, est au musée avec sa mère à New York. Sa mère aime l’art. Pendant leur visite, une bombe explose. Sous les décombres, Théo reçoit de la main d’un vieil homme, sur le point de mourir, une bague et il voit tout près de lui le petit tableau du chardonneret. Il décide de le glisser dans son sac à dos et il réussit à sortir du musée. Malheureusement, sa mère meurt dans l’explosion. Pour Théo, c’est le début de son histoire. Une histoire où le lien entre le chardonneret et lui est exploité au fil des pages. Il vivra toutes sortes d’aventures sous le toit d’abord des Barbour afin de fuir les services sociaux, puis sous celui de son père à Las Vegas. Auprès de son paternel, il rencontre Boris, un adolescent laissé à lui-même. Entre les deux, se développe une relation d’amitié. Puis, Théo se retrouve sous le toit de Hobie (ami du vieil homme du musée) à New York. Le Chardonneret demeure caché à ses côtés. Qui est prisonnier de qui dans cette histoire? Le hasard existe-t-il? Un objet peut-il nous rendre heureux? À quel référent fait-il appel dans notre vie? Ce référant pourrait être un lieu, une personne… Le chardonneret chante à l’oreille de Théo, car il lui raconte son histoire. C’est son enfance, c’est son lien avec sa mère, c’est son paradis perdu, c’est son secret qu’il cache à la folie des hommes. La toile l’entraîne dans des aventures mais surtout, elle lui permettra de retrouver une paix intérieure. L’art comme salut? Oui. 

Mon opinion

Ce livre est resté longtemps dans ma bibliothèque car je le trouvais volumineux avec ses 800 pages. Alors, il m’a fallu ce défi pour le retirer d’une tablette. Suis-je heureuse de l’avoir lu? Oui. Ce livre m’a entraînée dans différentes émotions. Il est difficile de ne pas ressentir de la compassion pour Théo, cet orphelin dont la vie a été marquée par un acte terroriste. Grâce à lui, j’ai été entraînée dans une Amérique frivole avec ses pertes de valeurs. Cette Amérique où l’Art devient un produit à acheter, à consommer, à vendre. Une Amérique avec ses voyous et où la drogue règne partout, où l’argent est roi. Une Amérique où l’on fait exploser les musées pour voler des oeuvres inestimables. Il a suffi d’un enfant dont le signifiant s’avère indissociable de Dieu (car Théo en grec veut dire Dieu) pour ramener un peu d’humanité à cette dernière. Car à travers le regard de Théo, il y a celui d’un oiseau enchaîné devant la folie des hommes. Qui réussira à sauver l’autre? Théo ou le Chardonneret

«Le tableau m’avait donné la sensation de ne pas être un simple mortel, de ne pas être ordinaire. C’était à la fois un soutien et une revendication; une nourriture et un tout. C’était la clé de voûte qui avait maintenu toute la cathédrale. En le voyant disparaître sous moi, c’était terrible d’apprendre que, toute ma vie d’adulte, j’avais été nourri en privé par cette grande joie cachée et sauvage : la conviction que ma vie entière tenait en équilibre sur un secret qui pouvait la faire exploser à n’importe quel moment. » (p. 570) 

La toile : Le chardonneret de Carel Fabritius

Théo appelé Potter dans le roman est comme le petit sorcier. Il affronte le Mal, celui courant dans les rues autour de lui, celui s’étant terré au coeur de l’Amérique, celui s’étant caché dans les tréfonds de son âme à cause de ses actes… Un livre sur la liberté? Oui. À travers son errance, Théo m’a amenée à réfléchir à mon rapport au destin, à la vie, à la mort. C’est aussi ça la lecture.

Je vous recommande de le lire. Donna Tartt a rédigé un magnifique roman. Elle aurait pris 10 ans pour le composer. Le lecteur sent tout le travail ayant mené à la publication de ce dernier. C’est un hymne à l’Art et à son rapport avec le divin et l’être humain. Il y a des références à Proust, à Dostoïevski et à tant d’autres… C’est riche. 

Par ailleurs, je tiens à remercier Robert Benoit d’avoir lu ce roman en même temps que moi.

L’avez-vous déjà lu? Avez-vous déjà lu un autre livre de Donna Tartt?

Bien à vous, 

Madame lit

TARTT, Donna. Le chardonneret, traduit de l’anglais par Édith Soonckindt, Paris, Éditions Plon, 2014, 795 p.  

Cet article contient des liens d’affiliation grâce à un partenariat avec la coopérative des Librairies indépendantes du Québec. Vous pouvez commander Le chardonneret par le biais du site Web des Libraires grâce à un lien sécurisé.

18 commentaires »

  1. J’aime beaucoup ce que tu dis de cette Amérique frivole que l’on découvre dans ce roman. C’est un roman que j’ai beaucoup aimé. On y traite de tellement de sujets. Il suffit de consulter tous ces volumes consultés à la fin du roman pour comprendre tout le temps nécessaire à l’écriture de ce roman. J’ai aussi aimé échanger avec toi en lisant le roman.

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    • Merci beaucoup! C’est intéressant ces échanges autour des livres. C’est inspirant pour découvrir de nouveaux univers. Dans mon édition, je n’avais pas la liste des ouvrages consultés par l’autrice.

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  2. Je n’ai jamais accroché au precedent le maitre des illusions que j’ai abandonné. depuis je suis hésitante concernant cet auteur et ce nouvel ouvrage. Pourtant ce que vous en dite me tente. Mais 800 pages si je n’accroche pas ca risque de faire long.

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  3. Je suis fan de l’écriture de Donna Tartt (du moins, dans ce roman et dans le maître des illusions… je n’ai jamais réussi à finir Le petit copain) alors j’ai beaucoup aimé. Il y a tellement de profondeur dans tout ça.

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