Madame lit Plus loin que l’hiver d’Isabel Allende

« Au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible». Albert Camus

Chère lectrice, Cher lecteur, 

En guise de seconde lecture pour le mois latino-américain organisé par Goran et Ingannmic, j’ai décidé de plonger dans Plus loin que l’hiver de la populaire autrice chilienne Isabel Allende. Dans le passé, j’ai lu La maison aux esprits et je me souviens que j’avais beaucoup aimé le surnaturel se mélangeant au réel où ce que l’on appelle le réalisme magique. Allais-je retrouver cet élément dans ce roman publié chez Grasset en 2017?

Que raconte cette histoire?

Il est question de Lucià, une Chilienne qui a dû s’expatrier au Canada durant le régime de Pinochet. Elle vit désormais aux États-Unis. Elle a plus de 60 ans et elle se retrouve à Brooklyn à la demande de Richard, un ami de 70 ans, pour enseigner dans la même université que lui. Puis, dans cet hiver à Brooklyn, Richard heurte une voiture, une Lexus. Une jeune Guatémaltèque, Evelyn, est au volant. Stressée, la jeune dame veut quitter les lieux de la collision immédiatement sans remplir un constat d’infraction pour les assurances; Richard réussit à lui tendre sa carte. Puis, le soir venu, Evelyn se retrouve à sa porte. Pour l’aider à comprendre cette jeune immigrée guatémaltèque sans-papier, il va solliciter l’aide de Lucià qui loue un appartement dans son sous-sol. Entre les trois protagonistes, une relation d’amitié se tisse. Ils vont devoir partir dans un road trip pour camoufler un drame. 

Ce que j’en pense 

Ce livre m’a fait passer un bon moment sans plus. Cependant, j’ai été heureuse d’en apprendre davantage sur les années 70 au Chili où le climat politique incertain de l’époque marque les habitants (11 septembre 1973, les militaires se soulèvent contre le gouvernement), de partager les drames d’une famille à Rio de Janeiro dans les années 80, puis de côtoyer un univers où des passeurs mexicains font la loi. J’ai bien aimé aussi ces trois protagonistes qui ont vécu un enfer de glace au fil du temps malgré la chaleur des pays d’Amérique latine d’où ils sont issus. Cet hiver, avec sa neige, ses vents, sa froidure, s’est infiltré dans le coeur de ces derniers. Pourront-ils goûter aux rayons du printemps? Leur rédemption est-elle assurée dans cette Amérique de plus en plus fermée aux immigrants?

Mais encore, j’ai effectivement retrouvé quelques apparitions du surnaturel dans le récit. Par exemple, Richard aperçoit des fantômes : 

«Non pas qu’il crût aux fantômes; c’était un homme rationnel. Mais ils lui apparaissaient. Dans le monde d’Anita, qu’il avait partagé plusieurs années au Brésil, vie et mort étaient indissolublement imbriquées, les esprits bienveillants et maléfiques se promenaient partout. (p. 70)»

Si vous voulez en apprendre davantage sur le réalisme magique, vous pouvez consulter le dernier cahier de la revue Les libraires qui abordent cet élément.

Mais avant tout, Plus loin que l’hiver, c’est une belle histoire d’amitié dans des temps fous.

Et dire que Trump voulait ériger un mur pour contrer l’immigration. Dans ce livre, on comprend que ces gens n’ont pas le choix de fuir leur pays pour survivre, pour sauver leur peau.

Comme le souligne le narrateur : 

«On sentait déjà monter la xénophobie contre les Latinos suite à l’odieuse campagne présidentielle de Donald Trump. Même si peu de gens le prenaient au sérieux, ses bravades pour dresser une muraille comme en Chine, pour fermer la frontière avec le Mexique et déporter onze millions de migrants sans papiers commençaient à prendre racine dans l’imagination populaire. (p. 317)»

C’était ma nouvelle participation au mois latino-américain! 

Vous aimez la plume d’Isabel Allende? 

Bien à vous, 

Madame lit

ALLENDE, Isabel, Plus loin que l’hiver, traduit de l’espagnol (Chili) par Jean-Claude MASSON, Paris, Grasset, 2017, 331 p. 

ISBN : 978-2-246-82241-7 

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