Madame lit La Divine Comédie

Quand j’étais au milieu du cours de notre vie, 

je me vis entouré d’une sombre forêt, 

après avoir perdu le droit chemin. (Chant I, t. 1)

Chère lectrice, Cher lecteur, 

Pour ma troisième participation au défi organisé par Moka et Fanny autour des classiques, permettez-moi de partager avec vous mes pensées sur La Divine Comédie de Dante Alighieri. Pourquoi mon choix s’est-il arrêté sur ce long poème? Je l’avais dans ma bibliothèque dans une édition de 1968 (2 livres ramassés au chalet d’une amie il y a plusieurs années). Comme classique, je ne pouvais être mieux servi. En participant à un défi littéraire, comme je le mentionne souvent, je découvre, j’épluche mes bibliothèques, je lis même si parfois la lecture s’avère difficile comme ce fut le cas avec ce bouquin.

Mais encore, lors de mon voyage en Italie il y a cinq ans, je suis allée à Florence et j’ai été émue devant la statue en l’honneur du célèbre poète. En plus, j’ai pu voir son tombeau et encore une fois, j’ai été envahie par l’émotion. Au Canada, nous ne sommes pas habitués de voir les tombeaux des grands écrivains. Le pays est si jeune comparé à ceux de l’Europe. 

Que raconte La Divine Comédie?

Dans La Divine Comédie, Dante relate à travers 3 parties son voyage au pays des morts, c’est-à-dire en enfer, au purgatoire et au paradis. Le purgatoire et le paradis sont composés de 33 chants et l’enfer de 34. Le poète décrit ainsi son périple qui débute en enfer et il le termine devant la Trinité, au paradis. Au début, Béatrice mandate Virgile auprès de Dante pour l’accompagner dans son voyage. Par la suite, le poète sera orienté par la vertueuse Béatrice, puis Saint-Bernard. Le but de Dante, dans l’au-delà, est de retrouver Béatrice, l’être aimé. Il devra attendre très longtemps avant de se laisser guider par elle au royaume des morts. C’est elle qui lui donnera l’absolution.

Ce que j’en ai pensé

La Divine Comédie est un chef d’oeuvre et je ne peux en faire la critique tellement ce long poème mérite toute notre admiration. Il m’a fallu tout le mois de juillet pour lire les deux tomes. C’est une lecture difficile car c’est un long poème ancien. De plus, il faut posséder des connaissances mythologiques, bibliques et politiques pour vivre pleinement l’univers dantesque. Ainsi, pour bien comprendre le texte, j’ai dû lire tous les commentaires présents dans l’édition. Et une chance que ces derniers étaient là! 

Mais encore, l’effet chez le lecteur apparaît puissant. Les personnes dans l’au-delà que rencontrent Dante ont existé ou encore elles sont des êtres ayant été présentés dans La Bible. Par exemple, au paradis, il y a une très belle évocation de Saint-François d’Assise.

De plus, l’effet s’avère puissant car les êtres rôtissant en enfer ont péché lourdement selon Dante. Dante et Virgile croisent des alchimistes qui sont condamnés à se gratter la peau, des gourmands qui sont tourmentés par Cerbère, des coléreux qui se retrouvent dans le Styx dont les eaux sont sales, des violents qui plongent dans un fleuve de sang, des sodomites qui marchent éternellement sous une pluie de feu, des trompeurs (devins et sorciers) qui possèdent une tête tordue et qui doivent marcher à l’envers, des traîtres aux bienfaiteurs qui sont ensevelis dans de la glace, etc.. Il y a de la joie en enfer! Je comprends pourquoi les lecteurs de l’époque ont été perturbés par ces figures et le rapport établi avec, entre autres, les péchés capitaux.

Par ailleurs, j’ai trouvé très touchant le lien entre Dante et Béatrice. Ce dernier est perceptible par le jeu du regard. À un endroit, Béatrice mentionne à Dante : 

M’accablant de l’éclat de son brillant sourire, 

elle me dit ensuite : « Écoute et tourne-toi : 

le Paradis n’est pas dans mes yeux seulement! »

Et comme parmi nous on reconnaît parfois

l’amour par le regard, s’il est assez puissant

pour que l’esprit entier soit par lui transporté, 

dans le scintillement de la sainte splendeur

que je cherchais des yeux, je reconnus le désir

qu’elle avait de finir l’entretien commencé. 

(T. 2, chant XVIII)

Devez-vous lire ce classique? Comme mentionné, c’est une lecture difficile et je n’ai présenté qu’un bref aperçu de ce que La Divine Comédie possède. Je ne conseille pas ce bouquin à quelqu’un dont les connaissances mythologiques ou bibliques sont faibles. Mais, si vous avez envie d’apprendre, de découvrir un univers particulier qui a marqué les siècles, alors, il faut le lire avec tout le respect qu’il inspire. C’est géant!

Ce livre a été lu dans le cadre du défi Les Classiques, c’est fantastique créé par Moka et Fanny car en juillet, le thème à l’honneur est : on dirait le Sud (littérature italienne, portugaise, espagnole, du bassin méditerranéen…).

Avez-vous déjà lu La Divine Comédie de Dante?

Bien à vous, 

Madame lit

ALIGHIERI, Dante. La Divine Comédie t.1 et t.2, traduction et commentaire par Alexandre CIORANESCU, Lausanne, Éditons Rencontre Lausanne, 1968, 865 p. 

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19 commentaires »

  1. Je n’ai pas lu ce classique mais tu m’en donnes le goût et si je le lis je devrai trouver une édition avec autant de notes que celles que tu as retrouvées dans ton livre. J’espère que j’aurai la patience le m’y lancer mais ton papier me titille…
    Bravo encore pour tout ce travail pour un livre difficile.

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  2. Bonjour Madame lit ! J’avais lu moi aussi La divine Comédie et j’avais surtout été très impressionnée par l’Enfer. C’est vrai que les notes en bas de page sont bien utiles pour identifier les différents personnages bibliques ou historiques. Merci de cette chronique !

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  3. Tu n’as pas choisi le classique le plus abordable, je suis impressionnée ! La Divine Comédie fait partie de ces textes qui m’intéressent, qui me fascinent autant qu’ils me terrifient. Je suis à la fois très intriguée et très inquiète de passer à côté du texte et de ses nombreuses références (la mythologie, ça va encore, mais la Bible et la politique… ouille !). Du coup, ce n’est clairement pas un livre que je lirai prochainement, mais ta chronique était la bienvenue, j’ai beaucoup aimé la lire !

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  4. Dans l’idéal, j’aurais aimé proposer ce titre. Parce que je me dis à chaque fois que l’occasion se présente que je dois lire Dante. Mais j’ai finalement opté pour une lecture moins longue et fastidieuse. Bravo ! Je suis admirative !

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  5. Je l’ai lu trop jeune, ado. On n’a pas toutes les clefs de compréhension à cet âge là, surtout en autonomie, sans le cadre scolaire. J’ai forcément raté énormément de choses. Un jour je le relirai peut-être.
    C’est amusant ce que tu dis par rapport à l’histoire de la littérature, je n’avais jamais pensé à me dire qu’au Canada la vôtre s’arrêtait si tôt. J’imagine que c’est parce que la portée de la littérature est universelle 🙂

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  6. Ce texte m’impressionne et je ne sais pas si je me lancerais un jour mais quel bel hommage tu en fais ! Il faut prendre le temps de s’imprégner et de lâcher prise face à toutes ces références, et recontextualiser, comme tu l’as brillamment fait, bravo !.

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