Madame lit Un café avec Marie

« Il en faut du vouloir, pour absorber tous ces coups, pour apprivoiser ses douleurs, pour rebondir et se déclarer heureux quand même. » (p. 56)

Chère lectrice, Cher lecteur, 

Serge Bouchard était un être humain au coeur immense. En décédant, il a laissé un grand vide autour de lui. Que nous reste-t-il après son départ? Quelle voix devrions-nous désormais écouter à la radio? Il aura fallu sa mort pour que je le lise enfin. J’ai acheté quelques uns de ses livres et j’ai débuté ma découverte de ses écrits par le biais d’Un café avec Marie. 

De quoi est-il question dans Un café avec Marie?

Dans ce livre, Serge Bouchard se raconte. Pour ce faire, il aborde, entre autres, ses rencontres, ses amours, sa vision de la vie, de la mort, du bonheur, de la liberté. Il traite de certains de ses voyages, de sa passion pour l’Histoire, de l’impact de la COVID-19 dans nos vies. C’est un recueil profond qui rassemble 70 textes du célèbre anthropologue québécois et chroniqueur à la radio. Dès le prologue, le lecteur prend conscience du lien particulier qui l’unissait à Marie, sa conjointe décédée d’un cancer du cerveau à l’âge de 62 ans et qui l’a accompagné pendant 23 ans après la mort de sa chère Ginette, sa première femme, décédée aussi à cause du cancer après une bataille de 10 ans.

«Plus rien n’existe que cet instant, que cette scène où nous discutons, Marie et moi, en buvant notre tasse de café. Mais le meilleur, c’est quand elle ne dit mot, quand je garde moi-même le silence, et que nous nous entendons penser, elle dans ma tête et moi dans la sienne.» (p. 10)

Et si le bonheur c’était ça? Boire un café en se disant que c’est peut-être le dernier? On ne sait jamais où se cache le terrible sniper comme le nomme Bouchard dans son dernier texte « Un sniper dans la nuit». L’épilogue s’avère très émouvant car c’est là qu’il raconte Marie, sa Marie. La fin est tragique, on le sait. Et il y a un questionnement….

«Se pourrait-il que nous ayons été trop loin dans l’amour, imprudent corps à corps, union fragile de deux âmes faites l’une pour l’autre, communion vulnérable de deux esprits délicats? (p. 256)»

Est-ce un recueil triste? Oui et non. C’est lumineux car Bouchard parle de la Vie, de l’oubli. Il ne veut pas oublier qu’il a aimé, qu’il a été profondément aimé. Il reconnaît le paradoxe bonheur/malheur imposé par le cancer. C’est un hymne à la beauté du monde et à celle qu’il a tant aimé.

Je referme ce livre en me disant à quel point je suis choyée d’être aimé par un homme merveilleux, je me dis aussi que je suis chanceuse car je peux encore m’attendrir lorsque je regarde les oiseaux dans les mangeoires, je remercie également la Vie en buvant moi aussi un café avec mon amoureux. Je referme ce livre en croyant dans le bonheur car je le sais dans les petites choses. 

«Le bonheur, c’est une chance d’aimer, c’est marcher dans une ville sans craindre la violence, c’est manger en famille ou avec des amis, c’est jouir des soins de santé pour tous, d’une éducation supérieure pour tous, c’est la poursuite sans fin de la beauté de la vie, d’une forêt vierge, la marche maladroite d’un petit orignal qui deviendra un grand élan de liberté. » (p. 56)

Devez-vous lire ce recueil? Oui, il faut courir l’acheter! Car Un café avec Marie c’est précieux comme la vie. 

Avez-vous déjà lu du Serge Bouchard? Que pensez-vous de mon texte?

Bien à vous, 

Madame lit 

Bouchard, Serge (2021). Un café avec Marie. Montréal : Boréal, 270 p. 

ISBN 978-2-7646-2659-7 

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Cet article contient des liens d’affiliation grâce à un partenariat avec la coopérative des Librairies indépendantes du Québec. Vous pouvez commander Un café avec Marie via Les Libraires grâce à un lien sécurisé.

11 commentaires »

  1. J’ai adoré lire ton texte. Le livre me rappelle l’impression laissée par la lecture de « Une autre Aurélia » de Jean-François Billeter faisant suite à « Une rencontre à Pékin ». 2 petits livres que je ne suis pas prêt d’oublier… « Un café avec Marie » semble un magnifique cri d’amour et c’est merveilleux. Je note pour une éventuelle rencontre avec Serge Bouchard.

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  2. Cela à l’air triste et lourd, un peu trop pour moi. J’ai du mal à finir La force des femmes de Denis Mukwege car je trouve trop triste, donc je vais avoir besoin de bonne humeur pour mes prochaines lectures ahah !
    En revanche j’ai ri, mon prénom étant Marie et Serge le prénom de mon père, j’ai trouvé la coïncidence amusante !

    Aimé par 1 personne

  3. Une fois de plus, un texte merveilleux. Quel paragraphe intéressant que celui qui commence par Je referme ce livre.
    Ce que l’on apprend sur toi et c’est évident que je vais lire ce livre d’un homme dont la voix était si attachante. J’aimerais pouvoir l’entendre lire ces pages…

    Aimé par 1 personne

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