Madame lit Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley

« Je vous avoue simplement que je vous aime et que dans mes rêves, vous apparaissez toujours comme le compagnon de ma vie.»  (p. 211)

Chère lectrice, Cher lecteur, 

Pour ma participation en octobre au défi organisé par Moka et Fanny autour des classiques, permettez-moi de partager avec vous mes pensées sur Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary Shelley, publié pour la première fois en 1818. Le thème en octobre est sacrées femmes, illustres autrices ! Alors, pour ma participation, il allait de soi que je choisisse celle qui a joué avec le sacré et le profane en créant un livre et des personnages ayant frappé l’imaginaire depuis des générations. Comme j’avais ce livre dans ma bibliothèque, je me suis dit que ce serait le moment pour en parler sur le blogue et pour découvrir la plume de cette sacrée femme ! Il est à noter qu’elle avait seulement 19 ans lorsqu’elle a rédigé Frankenstein ou le Prométhée moderne. C’est tout de même un sacré exploit!

 Mon expérience de lecture

J’ai été profondément touchée par cette histoire. Je ne savais pas que c’était un roman épistolaire, moi qui adore ce genre. À mon avis, cette forme crée un lien très intime avec l’instance lectrice. À cet égard, j’ai aimé suivre l’histoire de Victor Frankenstein, jeune savant. Je ne savais pas que Frankenstein n’était pas le prénom du monstre, mais le nom de famille de son créateur. Alors, j’ai été surprise par cet élément. Victor Frankenstein développe très tôt un intérêt pour les sciences. Après ses études, il décide de créer un être à partir de morceaux de corps humain. Pour ce faire, il fouille les cimetières pour trouver de la chair morte. Puis, il donne la vie à un être très grand doté d’une force physique incroyable. Mais, l’aspect physique de cet être s’avère horrible, terrifiant et Victor l’abandonne à son sort. Laissé à lui-même, le monstre apprend le langage et il décide de se venger de son créateur car il a été abandonné. 

En parallèle, le lecteur suit l’histoire de la famille suisse Frankenstein et il est témoin de ses drames. 

J’ai vraiment adoré ce livre. Tout d’abord, j’ai ressenti de la pitié pour le monstre et sa quête d’identité. Il ne sait pas qui il est, ce qu’il représente, ce qu’il souhaite. Comme il le remarque : « Moi excepté, le monde se reposait ou se réjouissait. Comme le plus maudit des démons, je portais en moi un enfer. » (p. 153) À de nombreux endroits dans le récit, le monstre est associé à un démon encore plus répugnant que ceux se retrouvant dans l’enfer de Dante. Le monstre réalise rapidement que les êtres humains vivent en famille et en couple. À cet égard, il se rend compte qu’il est seul. Cette solitude l’amène à commettre un crime. Il désire une compagne pour partager sa vie et pour ne plus être seul. Ainsi, il retrouve Victor et l’oblige à créer un modèle féminin pour partager avec elle les sentiments d’affection l’habitant. Victor confronté aux menaces du monstre n’a d’autre choix que de consentir à la demande de ce dernier. Il s’exile de sa famille et il découvre que de donner vie à un autre monstre serait un acte de pur égoïsme; il détruit donc son travail. Pauvre monstre! 

Ensuite, j’ai apprécié la belle histoire d’amour présentée dans le récit. Victor et Elizabeth s’aiment profondément depuis l’enfance et ils vont s’aimer jusque dans la mort. Dès le début du récit, Victor mentionne : 

«Aucun mot, aucune expression ne peuvent décrire l’amitié qu’elle me portait, elle était plus que ma soeur, puisque jusqu’à sa mort elle devait être uniquement mienne. » (p. 36) Et un peu plus loin, il soulève ceci : «Elle était comme l’esprit vivant de l’amour qui adoucit et qui attire.» (p. 39) 

Leur histoire est marquée par le sacré et le profane, par Éros et Thanatos. 

Mais encore, le thème principal de récit est la vengeance. En fait, elle devient le lien entre Victor et son monstre. Le montre veut se venger de Victor et Victor désire se venger du monstre. C’est peut-être le lien sacré entre eux, ce dernier les entraîne dans des zones profanes. 

«L’être que j’avais déchaîné parmi les hommes, ce démon doué de la volonté de détruire et de la puissance de réaliser ses projets horribles, telle la mort qu’il venait de donner, je le considérais comme mon propre vampire, mon propre fantôme sorti de la tombe, et contraint de détruire tous ceux qui m’étaient chers. » (p. 83)

Dans l’extrait et partout dans ce livre, le lecteur retrouve des éléments fantastiques : lune, brouillard, fantômes, esprits, démon, rêve, irréel, ténèbres, vampire, ruines, etc. Cette intrusion du surnaturel dans le réel me plaît beaucoup. Elle soulève l’ambiguïté, le doute. 

Mary Shelley m’apparaît certainement comme une sacrée femme! Elle a créé un livre passionnant, intelligent, jouant dans les sphères les plus obscurs de l’inconscient. J’ai adoré lire Frankenstein ou le Prométhée moderne. D’ailleurs, Prométhée n’est-il pas celui qui avait volé le feu sacré à Dieu afin de le donner aux hommes, devenant ainsi l’initiateur de la connaissance? Nous pouvons dire que Victor défie Dieu en donnant la vie à l’humanité à partir de la mort. Mais bon… je me trompe peut-être. 

Ce récit a été lu dans le cadre du défi Les Classiques, c’est fantastique créé par Moka et Fanny car en octobre, le thème à l’honneur est : sacrées femmes, illustres autrices !

Avez-vous déjà lu Frankenstein ou le Prométhée moderne de Marie Shelley?

Bien à vous, 

Madame lit

Shelley, Mary (1994). Frankenstein ou le Prométhée moderne. Paris : France Loisirs, 252 p. 

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Cet article contient des liens d’affiliation grâce à un partenariat avec la coopérative des Librairies indépendantes du Québec. Vous pouvez commander Frankenstein ou le Prométhée moderne via Les Libraires grâce à un lien sécurisé.

21 commentaires »

  1. Ce souvenir de lecture remonte à loin – avais-je déjà le blog ?- et j’avais été très déçue. Je l’avais lu pour un cours, sachant tous les enjeux qu’il portait et je les imaginais beaucoup plus parlant avec la lecture (comme souvent on s’imagine un livre sans l’avoir creusé)
    À retenter peut-être ?

    Aimé par 1 personne

  2. J’avais également adoré ce roman ! Lu au temps du lycée, je m’attendais à ne pas trop aimer parce que le monstre de Frankenstein m’attirait peu, or j’ai adoré cette lecture aux récits enchâssés ! Je partage donc totalement ton enthousiasme et ta chronique ravive cette envie de le relire !

    Aimé par 1 personne

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