Madame lit sa chronique de L’orangeraie

Que dire d’un petit roman avec des thèmes gros comme l’univers? L’orangeraie de Larry Tremblay traite de sujets d’actualité. Il n’y a pas une semaine sans que nous entendions parler qu’un attentat suicide s’est déroulé emportant avec lui des enfants, des femmes, des hommes, au nom d’une idéologie, d’une religion ou d’un point de vue. Ainsi, Larry Tremblay signe un roman où cohabitent le bien et le mal, la folie des uns et la sagesse des autres. Vivant dans un petit paradis, l’orangeraie familiale, les jumeaux Amed et Azid, âgés seulement de neuf ans, sont un jour perturbés par un attentat qui décime la maison de leurs grands-parents, les tuant sur le coup. Leur père récupère les débris des corps et les enterre aux pieds des orangers. Un homme puissant vient, parle au père et ce dernier devra choisir le fils qui ira se faire exploser pour venger le crime. La mère s’oppose, mais quel pouvoir a-t-elle dans ce monde où la femme n’a aucun droit? Ce livre est bouleversant. C’est un véritable coup de poing en plein cœur que reçoit le lecteur occidental. Je suis encore à l’envers….Qu’aurions-nous fait si nous avions grandi dans ce lointain Moyen-Orient dans une culture où la spiritualité s’avère reliée à une haine qui remonte à la nuit des temps au point où l’on sacrifie des enfants et on en fait des martyrs? Les hommes parlent au nom de Dieu, interprètent les signes en fonction de leur […]

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Madame lit sa chronique de Check-point

Il y a des histoires poignantes, intrigantes, captivantes et nous devenons prisonniers de ces dernières lorsque nous les débutons. Nous ne voulons pas nous arrêter, nous voulons poursuivre malgré la fatigue, malgré l’heure tardive, malgré le travail qui nous attend le lendemain. Et bien chère lectrice et cher lecteur qui lisez avec avidité, laissez-moi vous dire que Check-point n’échappe pas à la règle. Nous sommes entraînés dans un thriller psychologique. Ne soyez pas surpris si vous ne pouvez vous arrêter durant votre lecture. J’ai toujours aimé les histoires de Jean-Christophe Rufin. De Rouge Brésil en passant par L’Abyssin, Sauver Ispahan et Globalia, j’adore l’imaginaire que nous offre ce membre de l’Académie française dans ses écrits. Ainsi, je peux dire que je n’ai pas été déçue par son dernier roman. Grâce à ce récit, nous nous retrouvons sur les routes de la Bosnie, en pleine guerre. Nous sommes plongés dans une sorte de huis clos car les 5 personnages, une femme et quatre hommes, entreprennent une mission humanitaire classique et ils partagent deux gros camions; ils doivent se rendre à Kakajn, en Bosnie centrale, pour aller porter des denrées aux habitants. Tout au long du trajet, nous apprenons à les connaître, à découvrir leur ambiguïté, leur but, leur motivation, leur déchirement, leur incertitude, leur questionnement, etc. Jean-Christophe Rufin, avec Check-point, se retrouve en terrain connu lui qui est pionnier du mouvement humanitaire des «French doctors». Ainsi, il a vécu cette guerre alors il sait […]

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Madame lit sa chronique de L’énigme du retour

Résumé Le narrateur quitte son pays, Haïti, à l’âge de vingt-trois ans en raison du régime politique. Il s’établit à Montréal, ville du Nord. Il revient trente-trois ans plus tard en terre haïtienne, après un long exil, pour annoncer à sa mère la mort de son père. Avant son retour, il fait une escale à New York, là où est mort son paternel. De retour au pays natal, dans un Haïti contemporain, il renoue avec les membres de sa famille (sa mère, sa sœur, son neveu), ses amis et ceux de son père. Il se promène sur le territoire pour revenir à ses sources, il le nomme, le décrit, se l’approprie. Il constate que la désespérance pave les routes de son pays mais elle n’a pas réussi à s’infiltrer dans la dignité de ses habitants. Critique J’ai adoré l’écriture de Dany Laferrière, son jeu poétique, la richesse de son vocabulaire. Ce dernier entraîne le lecteur dans un voyage intérieur à travers une réflexion poétique de qualité. Ainsi, il aborde, en autres, le deuil, l’exil, le temps, l’espace, la vie, les sens :   Chaleur insupportable Une cuvette blanche remplie d’eau dans la pénombre de la chambre. Trois mangues à côté. Je les dévore torse nu. Et me lave ensuite le visage. J’avais oublié le goût de la mangue à midi (p. 146-147). Grâce à ce récit, j’ai rendu visite à mes fantômes car comme l’écrit Laferrière, il est difficile d’oublier la mort qui […]

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