Madame lit Routes secondaires d’Andrée A. Michaud

Chère lectrice, Cher lecteur, Andrée A. Michaud exploite avec Routes secondaires le thème de l’écrivain et de son double. Le lecteur est plongé dans une histoire où deux personnages, Heather Thorne et Andrée A. Michaud, ne font qu’un. L’écrivaine est habitée par son personnage au point qu’elle se fond dans Heather, une jeune femme amnésique, morte mystérieusement depuis très longtemps. En raison des nombreux signifiants tributaires de la vie d’Andrée A. Michaud, l’effet de réel est très fort. Le lecteur s’avère entraîné dans une quête marquée par la dualité pour découvrir ce qui va arriver à l’une comme à l’autre. Pour ce faire, l’écrivaine mélange la réalité à la fiction pour brouiller le lecteur sur les routes secondaires de son coin de pays, l’Estrie. En ce sens, le lecteur est dans l’illusion de vie, dans cette expérience affective de l’autre.  L’écrivaine a mentionné dans une entrevue accordée à Fabien Deglise du Devoir : Ce livre montre que l’auteur est toujours présent dans son histoire, qu’il est toujours omniprésent, que créer, c’est une question de réciprocité, d’influence et d’une fusion qui se crée à un moment donné entre lui et son personnage. Par cette explication de l’écrivaine, l’incipit du roman prend tout son sens. C’est en marchant dans les bois qu’elle connaît bien, en automne, que l’écrivaine a eu son idée de roman : Je dois m’appeler Heather. Elle doit s’appeler Heather. Ces phrases que je me répète depuis des mois sans parvenir […]

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Madame lit Stupeur et tremblements d’Amélie Nothomb

Chère lectrice, Cher lecteur, Stupeur et tremblements est le huitième roman d’Amélie Nothomb et son troisième autobiographique. Ce dernier a été publié en 1999 et il raconte l’histoire d’Amélie, une Belge travaillant au Japon pour l’entreprise Yumimoto, «l’une des plus grandes compagnies de l’univers», au début des années 90. Cette dernière vit une chute professionnelle au sein de l’entreprise passant d’interprète à comptable pour terminer préposée à l’entretien des toilettes au 44e étage, elle qui rêvait enfant de devenir Dieu. Sa supérieure hiérarchique, la trop belle Fubuki, l’humilie à chaque gaffe qu’elle commet durant cette année et elle ne peut échapper à la spirale de la soumission dans laquelle elle est enfermée. Elle s’évade de cette dernière en regardant par la fenêtre, symbole de l’évasion, de la liberté, de l’ouverture. La fenêtre était la frontière entre la lumière horrible et l’admirable obscurité, entre les cabinets et l’infini, entre l’hygiène et l’impossible à laver, entre la chasse d’eau et le ciel. Aussi longtemps qu’il existerait des fenêtres, le moindre humain de la terre aurait sa part de liberté. (p. 173-174) C’est le choc des cultures et des valeurs qui est présenté entre l’Occident et l’Orient au fil des pages. Si je n’ai pas été totalement charmée par cette histoire, j’ai bien apprécié l’ironie se dégageant de la dualité entre Amélie-san et Fubuki, entre les hommes et les femmes, entre les postes de cadres et ceux des autres paliers. Amélie sait accepter […]

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Madame lit Le Voyage d’hiver d’Amélie Nothomb

Chère lectrice, Cher lecteur, Pour ma première lecture en ce mois dédié à la littérature belge, je tenais à lire Le Voyage d’hiver d’Amélie Nothomb car je l’avais dans ma bibliothèque depuis longtemps. Et oui, le défi Madame lit des livres du monde me permet de plonger dans les bouquins achetés au fil du temps. Je n’avais jamais encore lu un livre de celle que l’on qualifie de phénomène littéraire belge. Alors, j’étais vraiment contente de prendre quelques heures pour me consacrer à une de ses nombreuses histoires. Il est à noter que Le Voyage d’hiver est son dix-huitième roman publié en dix-huit ans. C’est tout de même une bête d’écriture. Le Voyage d’hiver raconte l’histoire d’un homme, Zoïle, qui est à l’aéroport de Roissy. Pour tuer le temps avant son vol, il rédige dans son journal. Ainsi, il mentionne dans ce dernier qu’il souhaite détourner un avion avec des passagers pour percuter la tour Eiffel et reproduire ainsi les attentats du 11 septembre. Toutefois, il soulève qu’il n’est pas un terroriste. Il dévoile peu à peu ce qui l’a amené à vouloir commettre un tel acte. Il aborde sa rencontre avec Astrolabe, dont il tombe immédiatement amoureux alors qu’il exerce les fonctions d’employé par L’ EDF-GDF (une compagnie fournissant des ressources en énergie) et il visite les appartements pour rétablir un peu de chaleur par le biais de radiateur pour contrer les pertes énergétiques. Astrolabe, de son côté, est […]

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Madame lit Le premier amour

Chère lectrice, Cher lecteur, Le premier amour de Sándor Márai, auteur hongrois, met en scène un professeur de latin de 54 ans de province, en fin de carrière. Gáspár, surnommé «le Morse» par ses étudiants, raconte dans son journal intime ses journées. L’écriture lui permet de décrire la nature, d’exprimer ses émotions, de meubler son silence, d’apaiser sa souffrance intérieure, d’aller à la rencontre de l’incommensurable vide de son existence. Dans la première partie, il relate ses journées dans une vieille station thermale à Tátra, à 3 heures de train rapide de la ville de Z*, l’endroit où il vit. Il se retrouve dans ce lieu car il a besoin de se reposer puisqu’ il est fatigué et un rien l’énerve. Il rencontre un autre résident, Timár, qui lui recommande d’aimer quelqu’un pour trouver un sens à son existence… Il faut aimer quelqu’un, a-t-il repris plus tard de sa voix éraillée, sur un ton presque confidentiel, comme pour lui-même. Chaque existence se fracasse au moins une fois. Oui, chaque vie. Il faut oser aimer quelqu’un pour éviter ça, sinon, rien ne vaut la peine d’être vécu. Aimer les femmes, c’est ce qui nous est donné de plus simple. (p. 93) Dans la seconde partie, le professeur retourne chez lui et il décrit le quotidien de sa classe, le vieillissement de sa gouvernante, la solitude qu’il ressent dans la petite ville malgré la présence de ses collègues et des autres villageois. […]

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