Madame lit Le premier amour

Chère lectrice, Cher lecteur, Le premier amour de Sándor Márai, auteur hongrois, met en scène un professeur de latin de 54 ans de province, en fin de carrière. Gáspár, surnommé «le Morse» par ses étudiants, raconte dans son journal intime ses journées. L’écriture lui permet de décrire la nature, d’exprimer ses émotions, de meubler son silence, d’apaiser sa souffrance intérieure, d’aller à la rencontre de l’incommensurable vide de son existence. Dans la première partie, il relate ses journées dans une vieille station thermale à Tátra, à 3 heures de train rapide de la ville de Z*, l’endroit où il vit. Il se retrouve dans ce lieu car il a besoin de se reposer puisqu’ il est fatigué et un rien l’énerve. Il rencontre un autre résident, Timár, qui lui recommande d’aimer quelqu’un pour trouver un sens à son existence… Il faut aimer quelqu’un, a-t-il repris plus tard de sa voix éraillée, sur un ton presque confidentiel, comme pour lui-même. Chaque existence se fracasse au moins une fois. Oui, chaque vie. Il faut oser aimer quelqu’un pour éviter ça, sinon, rien ne vaut la peine d’être vécu. Aimer les femmes, c’est ce qui nous est donné de plus simple. (p. 93) Dans la seconde partie, le professeur retourne chez lui et il décrit le quotidien de sa classe, le vieillissement de sa gouvernante, la solitude qu’il ressent dans la petite ville malgré la présence de ses collègues et des autres villageois. […]

Lire la suite →

Madame lit La porte de Magda Szabó

Chère lectrice, Cher lecteur, La porte de Magda Szabó, publié par les Éditions Viviane Hamy en français en 2003, présente l’histoire d’amitié entre Emerence, une domestique célibataire assez âgée et une jeune écrivaine mariée, dans une Hongrie communiste. Récit à essence autobiographique, l’écrivaine raconte les tranches de la vie de celle qui régnera en souveraine sur son couple, qui s’occupera de sa maison, de son chien Viola, de ses repas, de sa lessive pendant vingt ans. Elle dresse le portrait d’une femme forte, insaisissable, intransigeante, indépendante mais d’une humanité rarement égalée. C’est toute la singularité de cet être qui éclate à chaque page. Emerence Szeredás est aussi concierge. Elle veille à l’entretien d’immeubles et elle doit même enlever la neige à grands coups de balai malgré son âge car cette tâche fait partie de son contrat. L’écrivaine découvre, au fil du temps, les secrets de sa domestique. Elle relate ainsi le parcours d’Emerence, enfant qui a vu mourir son père, sa mère, son frère et sa sœur, ensuite, elle a été placée très tôt en tant que domestique par son grand-père dans une famille. Elle arrive chez les Grossmann, des Juifs, peu avant la Deuxième Guerre mondiale. Cette dernière éclate et Emerence fera passer pour sienne la fille du couple afin de lui éviter la mort. Elle obtiendra quelque chose de cette famille qu’elle gardera derrière une porte dans sa demeure. Mais quoi? Grande amoureuse des animaux, Emerence les recueille […]

Lire la suite →

Madame lit Hôtel Lonely Hearts

Mais Rose et Pierrot étaient des orphelins. Il y avait quelque chose de magique à les entendre parler de leur existence tragique d’une petite voix si flûtée. Ils étaient des métaphores de la tristesse. Comme quelqu’un qui joue un requiem sur un xylophone. (p. 56) Chère lectrice, Cher lecteur, Heather O’Neill, écrivaine québécoise anglophone, a fait paraître chez Alto Hôtel […]

Lire la suite →