Madame lit Tout le monde veut rentrer chez soi d’Helga Flatland
« Ne lui parle pas. Ne lui parle pas. Il n’est pas ici. Mais il est partout. Il est devant moi, il est derrière moi, il est dans ma tête, et dans ma colonne vertébrale.» (p. 200)
Chère Lectrice, Cher Lecteur,
Lorsque j’ai reçu le catalogue des livres européens offerts en service de presse, je me suis empressée de demander Tout le monde veut rentrer chez soi d’Helga Flatland. Comme j’aime beaucoup la littérature nordique, je voulais découvrir l’imaginaire de cette autrice norvégienne. Par ailleurs, je tiens à remercier l’attachée de presse, Gabrielle Cauchy, de m’avoir fait parvenir ce bouquin.
Tout d’abord, qui est Helga Flatland ?
Selon le site Internet des Éditions de l’Aube :
« Helga Flatland est née en 1984 à Oslo (Norvège). Auteure de six ouvrages, Une famille moderne est son premier roman traduit en français. Il a reçu le Bokhandlerprisen (Prix de l’Association des libraires norvégiens). Déjà traduit en anglais, en allemand et en polonais, les droits ont été vendus en neuf langues.»
Tout le monde veut rentrer chez soi
Dans un petit bourg de La Norvège, trois jeunes hommes perdent la vie au combat en Afghanistan. Il s’agit de Tarjei, Kristian et Trygve. Toute la communauté est bouleversée par ce drame. Julie perd un frère et elle va ainsi tenter de prouver à son père qu’elle peut reprendre la ferme familiale. Son père souhaitait la donner à son fils. Matts, l’amoureux de Julie, va aussi être bien malgré lui victime de l’événement. Réussira-t-il à s’établir dans la campagne et à quitter Oslo ? Et il y a Sigurd, l’amant de Trygve qui sera très affecté par la mort de celui qu’il aimait au point de sombrer dans les remords et dans la folie.
Mes impressions
Je dois tout de suite vous dire que j’ai adoré ce roman psychologique axé sur le deuil. L’autrice sait construire ses personnages et les amener à vivre un deuil. Ce n’est pas le premier livre que je lis sur le deuil. Par exemple, j’avais lu l’excellent Ceux qui restent de Marie Laberge. Mais celui-ci traite de l’impact du deuil sur des personnes, mais aussi sur une collectivité. Je pense au silence et au mutisme du père de Julie, de Sigurd qui plonge dans une descente aux enfers où l’alcool coule à flots. Même la nature participe au deuil collectif.
« Le soleil et le printemps feront éclater leurs trois revenants qui restent à basse altitude entre les montagnes et tuent toute joie avant qu’elle ait pu faire surface. » (p. 82)
Bien entendue, les personnages passent par toute une gamme d’émotions (de la peine à la colère, de la résiliation à la reconstruction). Cette reconstruction identitaire est reliée à un lieu ou encore à un être afin de rentrer chez soi. Cette identité s’avère bien souvent tributaire de la campagne norvégienne. Comme le mentionne Matts :
« Je suis dans un petit bourg en Norvège et je me sens chez moi. Je me sens important, je suis proche de ce qui est important. La nourriture, les animaux, les champs, le lait : tout. C’est ici que se passe tout ce qui a de l’importance, et je vais y participer. » (p. 164)
Par ailleurs, l’autrice possède une très belle plume. À part les noms étranges auxquels il faut s’habituer, je dois dire que son histoire est bien construite, bien ficelée. La forme surtout puisque nous entrons dans la tête de Julie, de Matts et de Sigurd. Ce roman est polyphonique. Le développement psychologique des personnages entraîne l’instance lectrice dans des drames profonds. Il y a une scène insoutenable qui démontre à quel point un deuil peut affecter un être. La perte de l’autre, que ce soit du fils, du frère, du beau-frère ou de l’amant, chacune ou chacun transige comme il peut avec sa peine. Parfois, l’affliction semble extrême et il n’y a qu’une seule porte de sortie : la folie.
Je vous recommande de lire ce récit si :
- Vous voulez découvrir une autrice norvégienne
- Vous souhaitez plonger dans une histoire psychologique sur le deuil
- Vous aimez la vie rurale
Avez-vous lu un ou des livres d’Helga Flatland ?
Bien à vous,
Madame lit
Tout le monde veut rentrer chez soi
Helga Flatland, traduit du norvégien par Dominique Kristensen, Avignon,
Les Éditons de l’Aube, 2024, 245 p.
ISBN : 978-2-8159-4991-0
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Je ne connais pas Helga Flatland. Ce roman a l’air de t’avoir beaucoup plu!
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Oui, car le développement des personnages est bien fait. Merci!
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