Madame lit ses suggestions de romans fantastiques

Le fantastique, c’est l’hésitation éprouvée par un être qui ne connaît que les lois naturelles, face à un événement en apparence surnaturel. Todorov, Introduction à la littérature fantastique.

Chère lectrice, Cher lecteur,

Octobre arrive à grands pas et pour le Défi littéraire 2019 de Madame lit, il faut lire un roman fantastique.

Durant mes études universitaires en littérature, j’ai eu l’immense privilège de suivre un cours sur ce genre littéraire donné par M. Maurice Émond. Ce genre comprend habituellement trois éléments :

  • la présence d’un phénomène surnaturel;
  • l’action se déroule dans un cadre réel;
  • le phénomène déstabilise le personnage qui en est témoin.

La définition du fantastique du dictionnaire est :

Fantastique – Se dit des œuvres où des éléments non naturels ou non vraisemblables sont intégrés au récit et peuvent recevoir une interprétation naturelle ou surnaturelle sans que le lecteur puisse en décider d’après le texte. Grand Robert de la langue française

En ce sens, ce genre déstabilise le lecteur, l’amène dans cette inquiétante étrangeté dont traite Freud dans son essai.

Alors, pour ce mois, laissons notre imagination de lectrice ou de lecteur être imbibée d’un phénomène inquiétant ou par des personnages surnaturels.

J’ai décidé de partager avec une liste pour vous donner envie de plonger dans un bouquin ou encore pour vous aider dans votre préparation.

Si vous participez à ce mois, il importe de me faire parvenir le lien de votre billet dans les commentaires ou par courriel à lit.madame@gmail.com. Je vais mentionner votre participation dans mon bilan mensuel.

Sans plus tarder, voici la liste. J’ai cité l’extrait du site des Libraires. En cliquant sur le lien du livre, vous serez redirigé sur le site. Vous pouvez, si vous le désirez, commander le bouquin.

Des romans fantastiques et Madame lit

Les Enfants du sabbat d’Anne Hébert

«Anne Hébert, avec le scalpel acéré qu’on lui connaît – et qu’elle manie avec une tranquille assurance –, vient de découvrir un autre pan de notre étrange aventure culturelle, que l’histoire officielle nous avait masqué. Rien n’est plus plausible, en fin de compte, que cette Julie de la Trinité, fille du diable et d’une sorcière, qui apporte avec elle, dans la vie monastique, les images d’une enfance terrible et merveilleuse…»

Pour lire mon billet sur le fantastique dans ce roman, cliquez sur Les Enfants du sabbat.

Héloïse d’Anne Hébert

« Bernard et Christine vont se marier. Un couple de jeunes gens d’aujourd’hui, un mariage d’aujourd’hui, un bonheur apparemment sans histoire. Mais, dans le métro parisien, Bernard rencontre Héloïse. Dès lors, son existence dérive vers un autre univers, vers un autre temps, loin du monde ordinaire. Au bout de cette dérive, Bernard trouvera-t-il l’accomplissement de sa mort ? Avec ce court roman, Anne Hébert aborde de nouvelles rives. Elle prend résolument pied sur les terres du fantastique, là où le destin des hommes et des femmes ne se joue pas seulement selon l’ordre de la raison. Rien ne vous sert de résister au lyrisme d’Héloïse. Sylvie Demers, Le Métropole »

Pour lire mon billet sur le fantastique dans ce roman, cliquez sur Héloïse.

La Maison des feuilles de Mark Z. Danielewski

« La Maison des feuilles « Je fais encore dés cauchemars. D’ailleurs, j’en fais si souvent que je devrais y être habitué depuis le temps. Ce n’est pas le cas. Personne ne s’habitue vraiment aux cauchemars. » Ainsi parle Johnny Errand au seuil de cette Maison des feuilles, et de poursuivre sa mise en garde :« Ça ne se produit pas immédiatement, mais sans prévenir vous vous apercevrez que les choses ne sont pas telles que vous pensiez qu’elles étaient. »Livre subversif, livre défendu, le lecteur est prévenu… et bien entendu tenté. Dans son introduction, Johnny explique comment il a trouvé un mystérieux manuscrit à la mort d’un vieil homme aveugle, décidé de le mettre en forme et de l’annoter de façon très personnelle. Le texte se présente comme un essai sur un film, le Navidson Record, réalisé par Will Navidson, un photoreporter, lauréat du prix Pulitzer. Will, qui vient d’emménager avec sa famille dans une maison en Virginie, filme son installation, réalisant une sorte de « home movie ». Tout s’annonce bien jusqu’à ce qu’il découvre une pièce qui jusqu’alors n’existait pas. Passé l’étonnement, il se rend à une évidence troublante : la maison est plus grande à l’intérieur qu’à l’extérieur. Navidson tente d’explorer les lieux mais, après avoir manqué se perdre, il engage des explorateurs professionnels. L’horreur commence alors. Aussi bien pour les membres de l’expédition que pour le lecteur – lui-même égaré dans le dédale des notes qui envahissent les pages comme un lierre maléfique. Que cache la maison? Quel est ce grondement qu’elle émet de temps en temps ? Pourquoi Johnny a-t-il ces cicatrices ? Pourquoi le manuscrit de Zampanò semble-t-il le rendre fou ?À la fois jeu de piste, récit fantastique, dérive personnelle, essai faussement académique, La Maison des feuilles a pour effet de changer progressivement le lecteur en apprenti sorcier, monteur de salle obscure, détective amateur, spectateur. Une lecture littéralement habitée.« Ce roman ressemble peut-être au monstre de Frankenstein, mais, comme lui, Il est vivant ! »The Washington Post« Le livre de Danielewski est drôle, émouvant, sexy, magnifiquement raconté dans une forme sans cesse changeante. En dépit de ses ressorts postmodernes, La Maison des feuilles est, en fin de compte, un récit d’aventure. »The New York Times Book Review« Félicitons Danielewski : il a su transcender en un même livre l’histoire de maison hantée et le roman expérimental. La réussite principale de La Maison des feuilles est la faculté de son intrigue à s’évader de sa prison de papier pour s’infiltrer dans votre esprit – c’est un des rares romans à explorer en profondeur le sens du cauchemar. »The Independent« Danielewski est un maître du suspense, et son talent, avec ce chef-d’oeuvre postmoderne et gothique, le place d’emblée entre H.P. Lovecraft et Edgar Allan Poe, dans la grande tradition du roman d’horreur américain. »The Age« Ce livre serait étrange et difficile si Danielewski n’avait un tel talent que le lecteur est happé comme avec un roman de Stephen King. »The Observer« La Maison des feuilles déborde d’imagination, d’idées, de drôlerie et d’intelligence. Danielewski effraie par son érudition et son sens de l’horreur, qu’il renouvelle en ce début du 21e siècle. »The Spectator« À la différence de certains ouvrages expérimentaux écrits par des romanciers américains dans les années 60 et 70, La Maison des feuilles est éminemment lisible pour un livre de cette taille et de cette densité. »Times Literary Supplement»

Le Maître et Marguerite de Mikhail Boulgakov

«Le Maître et Marguerite est le chef-d’oeuvre de Mikhaïl Boulgakov (1891-1940). Roman fantastique au sens le plus fort du terme, oeuvre de critique sociale et surtout politique, ce livre a été travaillé et retravaillé par son auteur durant une période de douze ans, en pleine dictature stalinienne. Boulgakov était conscient de n’avoir aucune chance de le voir paraître de son vivant. Et de fait, c’est un quart de siècle après sa mort que l’ouvrage a enfin pu être publié. Il est instantanément devenu l’objet d’une admiration universelle qui n’a fait que croître et s’amplifier depuis. C’est que cette parabole de la lutte entre le bien et le mal, impossible à résumer tant y abondent les péripéties et les rebondissements, tantôt tragiques, tantôt – et le plus souvent – comiques, est d’un charme et d’une maestria sans pareils. Tout au long du roman, le lecteur est emporté à la suite de personnages singuliers dans un tourbillon d’événements inouïs qui l’enivrent littéralement et achèvent de le convaincre qu’il tient entre les mains un trésor de la littérature contemporaine. Avec en prime l’une des histoires d’amour – celle qui unit le Maître et Marguerite – les plus émouvantes jamais écrites.»

Les Revenants de Laura Kasischke

«Une nuit de pleine lune, Shelly est l’unique témoin d’un accident de voiture dont sont victimes deux jeunes gens. Nicole, projetée par l’impact, baigne dans son sang, et Craig, blessé et en état de choc, est retrouvé errant dans la campagne. C’est du moins ce qu’on peut lire dans les journaux, mais c’est une version que conteste Shelly. Un an après, Craig ne se remet toujours pas. Il ne cesse de voir Nicole partout… Serait-il possible que, trop jeune pour mourir, elle soit revenue ?Les Revenants s’impose comme le concentré de tout ce qui se jouait jusque-là en sourdine dans l’oeuvre de Laura Kasischke. Personne n’est innocent, et sûrement pas ceux qui s’affichent comme tels. Nelly Kaprièlan, Les Inrockuptibles.Enquête palpitante, réflexion sur notre rapport à la mort, ce roman polyphonique est aussi une charge corrosive contre l’Amérique puritaine, ses hypocrisies, son culte du secret. Jeanne de Ménibus, Le Journal du Dimanche

Sur le seuil de Patrick Sénécal

«Il se nomme Thomas Roy. C’est l’écrivain le plus adulé du Québec. Invité régulier des talk-shows, la parution de ses romans d’horreur est toujours un événement médiatique majeur. Or, voici qu’on le retrouve chez lui, horriblement mutilé et catatonique. Tentative de meurtre ou suicide manqué ? Pendant que la police enquête, Roy est placé en observation dans un hôpital de Montréal. Paul Lacasse, le psychiatre qui traite l’écrivain, considère au départ le cas comme assez banal. La découverte de faits troublants l’oblige cependant à reconsidérer petit à petit son opinion. Bientôt, ce sont toutes ses certitudes, tant personnelles que professionnelles, qui chancellent. Car, au-delà du drame de Roy, quelque chose de terrifiant se dévoile lentement, quelque chose d’inimaginable et aux conséquences monstrueuses… Sur le seuil : un suspense d’une redoutable efficacité, écrit par celui que plusieurs considèrent déjà comme le maître du roman d’horreur québécois.»

Petits démons de Daniel Sernine

«Huit enfers terrestres. Notre histoire est riche de légendes. Au coeur de ces récits mythiques, la figure du démon règne en maître, symbole des tentations obscures menant tout droit aux abysses de la damnation éternelle. Au fil des siècles, à Québec, Neubourg ou Granverger, les descendants des familles Vignal et Davard sont touchés par l’ombre du Mauvais. Petits ou grands, nommés ou non, les démons renoncent rarement à leurs proies humaines. Des rituels inquiétants, des livres maudits, des oeuvres d’art magiques, des gargouilles fatales et des églises sous influence maléfique… Petits démons inscrit sur le parchemin du passé huit récits pour mettre en scène les multiples incarnations du Diable. La science-fiction et le fantastique québécois tels que nous les connaissons aujourd’hui ont pris forme durant les années 1970. Publiés d’abord par des éditeurs généralistes, ces écrits deviennent plus difficiles à trouver au fil du temps. Avec sa collection « Brumes de Légende », la maison d’édition Les Six Brumes souhaite restaurer la mémoire des littératures de l’imaginaire. En guise de première publication, Petits démons offre un recueil des meilleurs textes « démoniaques » (1983-1997) de Daniel Sernine, un des plus grands auteurs de fantastique québécois des quarante dernières années.»

ÇA de Stephen King

Et oui! J’ai déjà lu cette histoire effrayante. Depuis, je ne regarde plus les clowns de la même façon!

«Une entité maléfique terrorise une bande d’enfants durant les vacances d’été. Des années plus tard, alors que le monstre resurgit, l’un d’eux rappelle aux autres le serment d’autrefois. Ce récit dresse un tableau saisissant de la vie quotidienne dans une petite ville américaine. Stephen King a reçu le PEN America Literacy Service award 2018 pour son oeuvre.»

Malpertuis de Jean Ray

«L’oncle Cassave va mourir. Il convoque toute sa famille à son chevet dans la demeure de Malpertuis et leur dicte ses dernières volontés : que tous s’installent dans cette colossale maison de maître et que revienne, aux deux derniers survivants, sa fortune. Aucun des proches ne se doute du drame qui les attend. Tout commence par des lumières qui s’éteignent mystérieusement. Bientôt l’horreur jaillira des murs même de la maison. Le roman Malpertuis est un chef d’oeuvre de la littérature fantastique.»

La surdose de l’âme : le livre blanc de F. Le Roy

«7 juillet 2010. Dix amis sont censés se retrouver après cinq ans pour faire le point sur leurs vies, leurs rêves, leurs espoirs. Cette réunion à l’allure joviale tourne rapidement en mystère, alors que seulement trois personnes se présentent. Mais à quoi ces disparitions soudaines peuvent-elles être attribuées? Mathilde Inglis-Painchaud, ancienne punk droguée, maintenant devenue sobre, tombe sous le charme d’un homme mystérieux, l’écrivain suédois anonyme le plus prolifique de la planète, Lucky Sirmaï. Cet homme de lettres énigmatique est-il vraiment débarqué dans la Capitale-Nationale? Et pour quelles raisons? Trois personnages troublés par leur passé, trois histoires déchirantes entremêlées, entraînant le lecteur dans une descente aux enfers émotionnelle dont il ne pourra sortir indemne. Une chose est sûre : les plus grandes tragédies se rejoignent toutes au même endroit. Thriller-érotico psychologique à la touche fantastique, ce premier tome de La Surdose de l’Âme plonge le lecteur dans un univers chaotique et poétique à la fois, mélangeant un ton entre Soucy et Murakami, pour donner un style unique à cette histoire aux rebondissements imprévus.»

Les Mystères d’Udolpho d’Ann Radcliff

« À la mort de son père, la jeune et innocente Émilie Saint-Aubert, désormais orpheline, tombe sous la coupe de sa tante. Le mari de celle-ci, le suspect et brutal Montoni, les envoie toutes deux à Udolpho, une citadelle à demi délabrée, perchée sur un piton des Appenins. Loin de son cher Valancourt, Émilie s’y retrouve emprisonnée… et témoin de phénomènes terrifiants.Dédale de couloirs et d’oubliettes, pièges et salles de torture, apparitions et tableaux maudits : ce château est un théâtre d’horreurs, plein de fantômes et de rumeurs…Peuplé d’aventuriers louches, de moines et de seigneurs sans scrupules, Les Mystères d’Udolpho est l’archétype du roman gothique. Paru en Angleterre en 1794, il a fait la renommée universelle d’Ann Radcliffe (1764-1823), surnommée « Shakespeare des romanciers », auteur de romans très en vogue en leur temps, que Jane Austen a plaisamment parodiés dans Northanger Abbey et dont s’est souvenu Walter Scott.« Ann Radcliffe, la sombre mère de tant de mystères et de tant de terreurs, était alors dans tout l’éclat de cette vogue qui donna le frisson à l’Europe… » Paul Féval, La Ville-Vampire »

Mes choix pour octobre :

  • Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov
  • Les Revenants de Laura Kasischke

J’espère que cette liste vous aidera à choisir un bouquin pour le défi littéraire! J’ai hâte de connaître celui qui hantera vos soirées automnales.

Bien à vous,

Madame lit

Source : Les libraires

Leslibraires.ca

Cet article contient des liens d’affiliation grâce à un partenariat avec la coopérative des Librairies indépendantes du Québec. Vous pouvez commander les livres mentionnés par le biais du site Web des Libraires grâce à un lien sécurisé.

19 commentaires »

  1. Superbe sélection de romans fantastiques ! J’aime beaucoup ce genre et j’ai déjà lu plusieurs romans de ta sélection, mais parmi ceux que je n’ai pas encore lu, Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov me tente évidemment et ce, depuis déjà longtemps (il m’intimide beaucoup, j’ai hâte de lire ce que tu va en dire) et Les Enfants du sabbat d’Anne Hébert. Avec l’approche d’Halloween fin octobre, Louis et moi avions envie de mettre un peu à l’honneur la littérature fantastique / d’épouvante sur notre blog, aussi, participerons-nous peut-être à ton défi ce mois-ci 🙂

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