Madame lit La mer de la tranquillité d’Emily St. John Mandel

«Aucune étoile ne brûle éternellement».
Chère lectrice, Cher lecteur,
J’ai demandé aux Éditions Alto une copie en guise de service de presse du dernier livre traduit en français d’Emily St. John Mandel : La Mer de la tranquillité. Pourquoi? J’ai lu Station Eleven il y a un bout de temps de cette autrice canadienne et j’avais trouvé alors son univers fascinant. Donc, je voulais renouer avec ma dernière expérience de lecture et je désirais vérifier si j’allais être à nouveau surprise par la trame narrative. Par ailleurs, je remercie la maison d’édition Alto pour sa confiance.
La Mer de la tranquillité d’Emily St. John Mandel
En 1912, Edwin St. Andrews, un jeune britannique, à la demande de son père, car il est en quelque sorte banni de la famille, part s’établir au Canada. Il erre ici et là et il se rend jusqu’en Colombie- Britannique où il fait l’expérience d’un événement perturbant dans la forêt.
En 2020, un compositeur de musique vit une expérience semblable à celle d’Edwin St. Andrews. Est-ce une anomalie temporelle? En 2401, un enquêteur, Gaspery-Jacques Robert est embauché par l’Institut du Temps pour percer le mystère de cette anomalie et qui prouverait la théorie de la simulation. Il voyage à travers les siècles et il développe une compassion pour les êtres qu’il rencontre au point de bouleverser la trame temporelle. Assiste-on à une simulation autour de la réalité ou bien cette dernière n’est-elle qu’une simulation?
Mes impressions
Barack Obama, 44e président américain et grand lecteur, a placé ce livre en 2022 parmi ses lectures favorites de l’été. De mon côté, je ne lis pas beaucoup de science-fiction. Mais lorsqu’il est question de l’autrice Emily St. John Mandel, je réalise que je fais une exception. Pouquoi? Cette dernière possède un talent immense pour créer des univers auxquels je crois.
Dans La Mer de la tranquillité, j’ai retrouvé, entre autres, des colonies lunaires, un Institut du Temps, la destruction de la Terre en raison de la chaleur et des inondations. Le monde futuriste inventé par l’autrice m’a permis de vivre par procuration une réalité autre, terrible et inquiétante, car il est aussi question de pandémie.
«Peut-être croyons-nous à un certain niveau que si le monde devait prendre fin et être réinventé, si quelque catastrophe inconcevable devait survenir, alors nous pourrions être réinventés, nous aussi, sous la forme de personnes meilleures, plus héroïques, plus respectables. » (p. 188)
Et nous avons connu une pandémie. Il est difficile de l’oublier. Pourrions-nous en vivre une autre? Certainement. Alors, ce livre fait écho à ce que nous avons connu et joue avec nos peurs.
Mais encore, je suis touchée par les personnages inventés par l’autrice. Ce récit prouve à quel point ces derniers sont au prise avec des problématiques humaines et grâce à eux, l’autrice nous entraîne dans un sillon frôlant l’intime. Ces derniers permettent, entre autres, à l’instance lectrice de réfléchir à des questions philosophiques, existentielles, comme la mort, le bonheur, la vie.
«Écoutez, je ne voudrais pas verser dans le mélodrame, et je sais que la situation est aujourd’hui la même dans beaucoup d’endroits, mais… il y a juste trop de morts. La mort nous cerne de toutes parts. Je ne veux pas écrire sur quelque chose de réel. » (p. 192)
En plus, j’ai remarqué que l’autrice, dans son récit de science-fiction, réussit à aborder le défi que représente la conciliation travail-famille! Le personnage d’Olive doit quitter sa planète, son époux et sa fille pour aller donner des conférences sur son livre. Mais, elle trouve très difficile la séparation avec sa fille Sylvie. Comme quoi ce livre apparaît sensible, moderne.
Si vous avez envie de plonger dans une histoire bien écrite, découvrir un univers fascinant où le drapeau des astronautes d’Apollo 11 flotte toujours dans le vent et suivre le parcours d’un voyageur dans le temps, il ne faut pas hésiter. J’ai passé un excellent moment de lecture, car ce récit s’avère intelligent et j’ai pu me promener dans les méandres du temps. La trame narrative, vous l’aurez compris, apparaît très stimulante.
Avez-vous déjà lu un bouquin d’Emily St. John Mandel? Aimez-vous les romans de science-fiction rédigés par des autrices?
Bien à vous,
Madame lit
Emily St. John Mandel, traduit de l’anglais par Gérard de Chergé, Alto, 2023, 265 p.
ISBN : 978-2-89694-600-6
Vous avez remarqué une faute dans mon article? Écrivez-moi à lit.madame@gmail.com et il me fera plaisir de la corriger. Je ne suis pas parfaite… et il m’arrive aussi d’en faire. Merci et bonne lecture!!!
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Une auteure canadienne que j’aime beaucoup !
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Je comprends pourquoi! Merci!
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😉😊
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Et oui je lis des autrices de SFFF
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❤️
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🤩
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Je ne l’ai jamais lue mais je vois qu’elle séduit beaucoup de monde, y compris des non-spécialistes de la science fiction. Il faut dire que les thèmes abordés sont très concrets.
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Les thèmes sont universels alors il est facile de s’attacher aux personnages et de vivre avec ces derniers leurs préoccupations. La science-fiction sert plus d’ambiance que d’élément à mettre de l’avant. Merci!
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Tu as raison, ses personnages sont crédibles, et pourtant elle en dit très peu sur eux et j’ai regretté que leur vie n’ait pas plus d’épaisseur (ce qui n’enlève rien à l’intelligence de la construction et de la théorie temporelle).
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Je comprends… Merci!
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Bonjour Nathalie, je lis très peu de science-fiction, fantastique, etc. Je remarque qu’il y a de plus en plus d’écrivaines dans ce genre littéraire, autrefois très masculin. Tant mieux !
Merci pour cette découverte, bonne journée !
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Oui et je trouve important de parler des autrices qui se lancent dans ce genre littéraire et qui le font bien. Merci Marie-Anne!
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2401… un peu trop loin dans le futur pour moi… je commence à apprécier certaines dystopies, mais j’avoue avoir plus de difficultés à apprécier la science-fiction pure… alors, bravo à toi! Ce n’est a priori pas le genre littéraire que tu apprécies le plus à la base, non?
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C’est vrai mais dans ce livre, ce sont les personnages qui sont importants et non pas la science. Cette dernière est au service de l’histoire et non pas le contraire. C’est un bon livre. Je ne suis pas plus attirée que ça par la science-fiction, mais avec cette autrice, je me lance la plupart du temps. Son écriture et ses personnages possèdent un petit quelque chose qui me plait. Merci!
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Comme toi, j’ai lu Station Eleven il y a longtemps et j’avais adoré ce roman. Depuis, j’ai dans l’idée d’en lire d’autres d’elle sans avoir jamais franchi le pas. Tu me donnes très envie de lire celui-ci !
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Il ne faut pas hésiter alors! Merci et bonne lecture!
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