Madame lit La lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne

Chère lectrice, Cher lecteur,

Pour le défi littéraire 2019 de Madame lit, en mars, comme le roman historique est à l’honneur, j’ai décidé de lire La lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne puisque ce livre présente une histoire d’amour et que je ressens énormément de plaisir à dévorer ce type littéraire. Tout d’abord, que raconte cette histoire? Hester Prynne, une Anglaise, s’est établie dans une colonie puritaine aux États-Unis au XVIIe siècle. Son mari, un homme plus âgé, doit venir la rejoindre. Deux après, il retrouve sa jeune épouse exposée sur la place publique sur un pilori avec son enfant illégitime dans les bras. Parce qu’elle n’a pas voulu dévoiler le nom du père de sa petite Pearl, Hester est condamnée à porter sur sa poitrine une lettre écarlate, un A, symbole de son adultère. 

               Les années passent et Hester grâce à sa grande générosité et à ses talents de brodeuse réussit à gagner, un petit peu, le respect des gens de son entourage. Son époux, pour sa part, décide de vivre dans l’anonymat en se faisant appeler Roger Chilingworth afin de découvrir l’amant de sa femme. Il décèle l’identité du père de Pearl, un saint homme, le révérend Arthur Dimmesdale. Il torture le jeune homme au point que la santé physique et mentale de ce dernier se dégrade, car il s’avère incapable d’avouer l’amour qu’il ressent pour Hester et pour son enfant. Il est rongé intérieurement par les remords. Hester souhaite s’enfuir avec sa fillette et avec l’homme qu’elle aime pour recommencer une nouvelle vie. Cependant, Arthur décide de se confesser publiquement sur le pilori et il avoue par le fait même son péché. Pourra-t-il survivre à cette souffrance intérieure qui le tenaille?

Ce roman m’apparaît d’une grande beauté. J’ai adoré cette exploration du cœur que nous propose Hawthorne à travers une description psychologique des personnages très fine. La lettre A, symbole de l’adultère, est portée intérieurement par les personnages mais aussi, elle est affichée extérieurement. Chaque personnage semble marqué par cette dernière. La lettre A s’insinue dans la profondeur de leurs âmes, les hante et les condamne. Comme il est mentionné dans le roman :

Et là, sur l’échafaud, il y avait le ministre, la main sur son cœur; et Hester Prynne avec la lettre brodée brillant sur sa poitrine; et la petite Perle, elle aussi un symbole, servant de trait d’union entre l’un et l’autre. Ils étaient là, dans cette étrange lumière, faite, semblait-il, pour révéler tous les secrets. (p. 150)

Un monde intérieur semble sillonner les parois du cœur de l’un et pour l’autre, un monde extérieur s’affiche ouvertement empreint d’éclat. Alors que le révérend souffre de cet amour interdit, Hester, pour sa part, éclate de beauté. Il y a une magnifique scène se déroulant dans la forêt jouant avec cette opposition. Hester s’affiche comme une femme libre d’aimer qui elle veut malgré les lois sévères imposées par les hommes de son époque. Le révérend associe plutôt son désir pour Hester au péché, à la tentation de la chair, à l’enfer.

Que tu es heureuse, Hester de porter ouvertement la lettre écarlate sur ta poitrine! Moi, la lettre me brûle en secret. (p. 192)

Mais encore, le mari d’Hester est amené d’une façon calculatrice et méchante à violer le cœur humain du pauvre révérend Dimmesdale. Comme il le fait remarquer Dimmesdale à Hester :

Ô Hester, tu ne peux comprendre l’horreur de cette impression – et la honte, la souillure, l’affreuse angoisse d’un cœur malade et coupable qui se sent exposé à nu à un regard qui le pénètre. (p. 195)

L’amour et la haine que ressentent les personnages dans l’histoire sont étroitement reliés car ces sentiments n’ont qu’un seul but : tourmenter le cœur.

Par ailleurs, ce qui semble très intéressant dans ce livre, ce sont toutes les descriptions de la société puritaine américaine. Quel délice pour ce mois sous le signe du roman historique! Comme le mentionne le narrateur à propos de cette dernière :

Ce sont ces descendants (la première génération née des émigrants en Nouvelle-Angleterre) qui prirent la mine du puritanisme si austère, que les années écoulées depuis n’ont pas suffi à éclairer notre visage. Nous n’avons pas encore appris l’art oublié de la gaîté. (p. 236)  

De surcroît, ayant un adultère sous les yeux grâce à la lettre écarlate et par le biais de la petite Pearl, les Puritains sont hautement servis. Ils peuvent croire que la lettre et l’enfant sont des symboles du démon et qu’ils sont tout droit sortis de l’enfer. De même qu’Hester fait souvent l’objet d’injures, de méchancetés, de meurtrissures, etc.

Donc, La lettre écarlate est un petit bijou littéraire. D’ailleurs, Henry James considérait ce livre comme « l’œuvre la plus remarquable et la plus authentiquement américaine ».

J’ai eu le goût de lire cette histoire grâce au billet de Textualités. Vous pouvez le consulter en cliquant sur Textualités et La lettre écarlate.

Avez-vous déjà lu ce classique américain? Pensez-vous le lire un jour?

Bien à vous,

Madame lit

HAWTHORNE, Nathaniel. La lettre écarlate, traduit de l’anglais par Charles Cestre, Paris, Les belles Lettres, 2012, 295 p.

Cet article contient des liens d’affiliation grâce à un partenariat avec la coopérative des Librairies indépendantes du Québec. Vous pouvez commander La lettre écarlate par le biais du site Web des Libraires grâce à un lien sécurisé.

Catégories: Défi littéraire 2019

20 commentaires »

  1. Je vois qu’Eva a réagi de façon enthousiaste. Elle m’avait déjà glissé le nom du livre et de l’auteur quand tu avais fait la liste des romans historiques récemment. Je sais ce qu’il me reste à faire 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. Je ne connais Nathaniel Hawthorne que par le biais des « Livres des Merveilles », une réécriture de récits mythologiques destinée à ses enfants, dont j’ai aimé l’aspect très vivant. J’ai toujours entendu beaucoup de bien de « La Lettre écarlate » que je lirai très certainement un jour. J’ai même lu qu’il s’agissait d’une ode au droit d’aimer… Mais je ne me prononcerai là-dessus quand je le lirai.
    C’est en tout cas un vrai plaisir que d’être repassée sur ton blog! 🙂

    Aimé par 1 personne

    • Merci Blanche pour ces informations et d’être repassée sur mon blogue! Je l’apprécie. Comme tu as pu le constater, j’ai beaucoup aimé ce récit. Ode au droit d’aimer? Peut-être. Mais ce roman présente certainement une femme moderne amoureuse à une époque où le droit d’aimer était bafoué si cet amour était interdit. Au plaisir!

      Aimé par 1 personne

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