Madame lit Le vieux qui lisait des romans d’amour

«Il savait lire. Mais il n’avait rien à lire». (p. 57)

Chère lectrice, Cher lecteur, 

J’ai terminé Le vieux qui lisait des romans d’amour de Luis Sepúlveda, auteur chilien, et je l’ai lu dans le cadre du mois latino-américain organisé par Goran et Ingannmic. Ce livre est donc ma troisième participation à ce mois.

J’ai décidé de lire ce bouquin car j’adore le titre. Ce dernier m’apparaît poétique, empreint de douceur, de désir. Il n’y a rien de plus beau que de chercher à embellir sa vie par le biais de la lecture. De surcroît, par le biais de livres qui éveillent le rêve, qui illuminent le ciel de la vie, qui soulèvent des émotions comme l’amour et la souffrance. Je trouvais que ce titre me correspondait bien car comme le vieux, j’adore les histoires d’amour qui font mal et qui sont vraies. 

Que raconte cette histoire? 

Antonio José Bolivar Proaño a passé sa vie dans la forêt amazonienne. Il la connaît bien et il a appris à respecter sa faune et sa flore comme lui ont enseigné les Indiens Shuars. Ainsi, il maîtrise «l’art de vivre en forêt». Puis, les chercheurs d’or sont arrivés dans la forêt tout comme les colons et ils ont bouleversé son ordre. Ces derniers ne connaissent pas le langage des animaux et leur manière de vivre. Pour riposter à une attaque contre les siens, une femelle ocelot tue désormais des hommes. Le maire d’El Idilio sollicite l’aide d’Antonio José Bolivar Proaño pour chasser la bête. Comment le vieux réussira-t-il cet exploit? 

Ce que je pense de… 

Ce récit m’apparaît tout d’abord comme un hymne à la forêt et à la liberté qu’elle procure à celles et ceux qui vivent en harmonie avec elle. Comme le mentionne le narrateur : 

«Antonio José Bolivar qui ne pensait jamais au mot liberté jouissait dans la forêt d’une liberté infinie. Il tentait de revenir à ses projets de vengeance, mais il ne pouvait s’empêcher d’aimer ce monde, si bien qu’il finit par tout oublier, séduit par ces espaces sans limites et sans maîtres.» ( p. 41)

Au fil du temps, le vieux a développé un savoir- faire en ce qui concerne la façon de pister les animaux, de maîtriser leur comportement et de comprendre leur instinct. L’homme blanc ne connaît que le langage de son fusil. Encore une fois, il est question de la folie des uns (les hommes blancs) et de la sagesse des autres (les Indiens Shuars). Et grâce à la littérature, le vieux réussit à s’échapper du réel et il peut continuer de rêver malgré la douleur engendrée par le comportement des Blancs.

En ce sens, c’est un très beau récit mettant en scène un personnage inoubliable. Le vieux ne peut rien contre l’ambition des Blancs, il trouve une liberté dans le respect de la vie. Il a développé un art de vivre grâce à son intelligence et à son pouvoir de rêver par le biais des mots. 

Un livre à lire pour comprendre que savoir lire, c’est un «antidote à la vieillesse».

Il est à noter que je tiens aussi à rendre hommage à toutes les autrices et à tous les auteurs décédés de la COVID-19 par le biais de cet article. Comme vous le savez, Luis Sepúlveda est mort de la COVID-19 à l’âge de 70 ans le 16 avril 2020.

Avez-vous lu ce roman au merveilleux titre? 

Bien vous, 

Madame lit 

SEPÚLVEDA, Luis, Le vieux qui lisait des romans d’amour, traduit de l’espagnol (Chili) par François MASPERO, Paris, Éditions A.M. Métailié, 1992, 130 p. 

ISBN 2-86424-127-7

Cet article contient des liens d’affiliation grâce à un partenariat avec la coopérative des Librairies indépendantes du Québec. Vous pouvez commander le livre mentionné par le biais du site Web des Libraires grâce à un lien sécurisé.

19 commentaires »

  1. J’ai également lu ce roman pour le défi de Goran et Ingannmic mais je n’ai pas trop accroché. Enfin ça m’a semble un bon divertissement dépaysant mais ça ne m’a pas bouleversée. Intéressant de découvrir votre point de vue sur ce livre ! Merci Madame lit !

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  2. Ce livre « Le vieux qui lisait des romans d’amour »a a été un coup de cœur pour moi. J’ai véritablement été transportée par cette histoire magnifiquement contée. Luis Sepulveda parvient à la fois à charmer avec ses descriptions de jungle luxuriante, à faire rire avec les réflexions de son héros sur les romans d’amour, à horrifier avec des récits très crus de combats et de blessures, et surtout à faire réfléchir sur le thème de l’écologie.

    Aimé par 1 personne

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