Madame lit Le parfum des fleurs la nuit

«Écrire c’est découvrir la liberté de s’inventer soi-même et d’inventer le monde». (p.17)

Chère lectrice, Cher lecteur, 

J’ai décidé de lire Le parfum des fleurs la nuit de Leïla Slimani car je voulais découvrir la plume de l’autrice. De plus, j’avais vu cette dernière lors de son passage à La Grande Librairie et j’ai trouvé Leïla Slimani fascinante, car elle osait affirmer avoir besoin de ce dont j’ai également besoin depuis plusieurs mois : être seule. 

De quoi est-il question? 

L’éditrice de Leïla Slimani lui demande de passer une nuit seule dans un musée afin de vivre une expérience sensorielle liée à l’art contemporain et de la relater dans un livre. C’est ainsi que l’écrivaine se retrouve à la Punta della Dogona pour une nuit. Entre les murs du célèbre édifice vénitien qui a d’abord été les anciennes douanes de mer avant de devenir un musée d’art contemporain, Slimani reçoit la visite de ses fantômes (son père surtout), aborde sa conception de la littérature et de l’écriture, parle de son expérience d’immigrée et de Marocaine, décrit son besoin de réclusion. En arpentant les différentes salles du musée et en observant les oeuvres d’art contemporain, elle médite sur la beauté et la grandeur de Venise et elle se rend compte que cette dernière est le «symbole de sa propre histoire». 

Ce que j’en pense

Depuis quelques mois, j’achète des livres pour découvrir les pensées des autrices et des auteurs sur la littérature et l’écriture. Donc, dès que j’ai entendu Leïla Slimani présenter son livre, j’ai su que je devais me procurer Le parfum des fleurs la nuit. J’ai apprécié connaître la façon de travailler de l’autrice. Je voyais son bureau rempli de post-it. Mais encore, j’ai adoré lire les citations qu’elle insère dans son texte pour faire des liens entre ses pensées et celles des artistes qui l’ont probablement influencée. À cet égard, elle cite, entre autres, Tolstoi, Kundera, Louise Michel ou Camus. 

Mais plus que tout, j’ai adoré lire ses réflexions sur la littérature et sur son travail d’autrice. Par exemple, elle mentionne : 

«La littérature ne sert pas à restituer le réel mais à combler les vides, les lacunes. On exhume et en même temps on crée une réalité autre. On n’invente pas, on imagine, on donne corps à une vision, qu’on construit bout à bout, avec des morceaux de souvenirs et d’éternelles obsessions.» (p. 117)

J’aime ces intrusions dans les pensées de celles et de ceux qui animent ou qui ont marqué ma vie de lectrice. C’est peut-être ma pulsion de voyeurisme qui est sollicitée. Je n’en sais rien, mais j’aime apprendre d’eux. Je me surprends à rêver d’écrire, de créer des personnages, d’apprendre à dire non pour me consacrer à quelque chose de plus grand. 

Et bien sûr, dans ce livre, il est question de ma belle Venise. Je me suis revue marcher et me perdre dans ses méandres. Je me situais très bien dans le texte lorsqu’elle abordait la place Saint-Marc, le pont des Soupirs ou encore lorsqu’elle évoquait la beauté que l’on retrouve à chaque coin de rue. Venise est une expérience en soi. Il n’est pas étonnant que l’autrice s’y soit retrouvée pour cette nuit au musée. Ainsi, elle dévoile à la toute fin : 

«Être écrivain, pour moi, c’est au contraire se condamner à vivre en marge. Plus j’écris et plus je me sens excommuniée, étrangère. Je m’enferme des jours et des nuits pour tenter de dire ces sentiments de honte, de malaise, de solitude qui me traversent. Je vis sur une île non pas pour fuir les autres mais pour les contempler et assouvir ainsi la passion que j’ai pour eux. » (p. 149)   

À l’image de «la Cité des doges» qui laisse contempler qui elle est par les nombreux touristes qui ne veulent que prendre des photos de sa beauté sans chercher à ressentir son parfum, à humer son histoire, à la vivre pleinement et humainement, Slimani nous convie à l’écouter, l’espace d’un récit parler de l’île qu’elle est. C’est passionnant, c’est intelligent. 

Réfléchir à l’identité, à la passion des mots, au regard des morts, c’est ce que vous retrouverez dans Le parfum des fleurs la nuit. C’est un texte difficile à oublier et je l’ai traversé comme un rêve trop beau, trop vrai. 

Avez-vous l’intention de lire Le parfum des fleurs la nuit? 

Bien à vous, 

Madame lit

SLIMANI, Leïla. Le parfum des fleurs la nuit, Paris, Éditions Stock, 2021, 151 p. 

ISBN : 978-2-234-08830-6

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Cet article contient des liens d’affiliation grâce à un partenariat avec la coopérative des Librairies indépendantes du Québec. Vous pouvez commander Le parfum des fleurs la nuit, via Les Libraires grâce à un lien sécurisé.

11 commentaires »

  1. Tellement de magnifiques mots dans ton texte. C’est un livre envoûtant que j’ai beaucoup aimé. La littérature, son rôle et quand je lis que tu aurais le goût ou la tentation d’écrire. Un autre merveilleux article de ta part qui ne peut que donner le goût de continuer à te lire et de pouvoir partager les auteurs que tu nous fais découvrir…

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    • Merci beaucoup pour ton commentaire. Je suis ravie de te compter parmi mes amis car tes encouragements sont précieux. Nous partageons une passion: la littérature. Nous avons encore de beaux livres comme celui-ci à découvrir. Au plaisir!

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  2. Ma chère blogueuse préférée, celle que je déserte (oui, depuis la publication de mon dernier roman, je vis dans un désert de lectures et d’écriture) un peu moins que les autres, tu m’auras tentée une fois de plus.
    Biblio-Outaouais à fait le reste.

    Aimé par 1 personne

  3. Dans cette collection j’avais beaucoup aimé « marcher jusqu’au soir » de Lydie Salvayre et je serais très tentée par celui ci ! En plus il rentrerait bien dans le cadre de mon « printemps des artistes » l’année prochaine. Merci pour cette chronique.

    Aimé par 1 personne

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