Madame lit Autant en emporte le vent

Chère lectrice, Cher lecteur, 

Pour ma participation au défi organisé par Moka et Fanny autour des classiques, permettez-moi de partager avec vous mes pensées sur Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell. Pourquoi mon choix s’est-il arrêté sur ce bouquin? J’ai lu ce roman lorsque j’avais environ quatorze ans. Alors, cette lecture était loin dans ma mémoire. Je me souviens qu’à l’époque, j’étais surtout très passionnée par l’histoire d’amour entre Scarlett et Ashley. Mais, à 48 ans, ma perception n’est plus la même sur l’amour, la vie, la mort. En ce sens, j’avais très envie de me replonger dans ce livre qui fait partie de la liste des romans les plus vendus au monde. 

Mais, je dois avouer d’emblée que je me suis sentie mal à l’aise par rapport à mon choix de lecture car dans ce roman, il est beaucoup question d’esclavage et la description des Noirs comme des êtres inférieurs m’a beaucoup troublée. Aujourd’hui, il faut avoir honte de ce que les Blancs ont fait vivre aux Noirs. Ce livre fait mal car on voit à quel point les Blancs ont été durs, impitoyables, inhumains avec les Noirs. C’est triste car il y a encore tant de racisme et je perçois que ce mal perdure dans le coeur de certains Blancs (je n’ai qu’à penser à l’horrible meurtre de George Floyd aux États-Unis). 

Cependant, en mettant de côté ce mal à l’aise par rapport aux Noirs, je dois dire que je me suis laissée prendre au jeu et j’ai adoré suivre l’évolution du personnage de Scarlett O’Hara. Depuis ma première lecture à 14 ans, sa célèbre devise : «Je penserai à cela demain» m’accompagne dans des moments difficiles. Au lieu de m’apitoyer sur mon sort, je pense à cette phrase et je me dis que je ne peux pas régler des problèmes lorsque je suis dans l’émotion ou encore lorsque je suis trop fatiguée.  

Que raconte Autant en emporte le vent?

Scarlett O’Hara a seize ans. Elle est la fille ainée de Gérald O’Hara, un riche cultivateur de coton dans le Sud de la Géorgie. Elle est belle, elle est courtisée par tous les hommes du comté, elle est intelligente. Elle se dit secrètement amoureuse de son voisin, Ashley Wilkes, un homme épris de poésie, de littérature, de rêves. Lors d’un pique-nique chez Ashley, Scarlett lui déclare passionnément sa flamme alors qu’elle sait qu’il doit épouser la douce Mélanie Hamilton. Ashley la repousse.Caché dans un coin, le cynique Rhett Butler s’avère témoin de la scène et il est frappé par le comportement de la jeune femme. Puis, la guerre de Sécession éclate. Scarlett accepte d’épouser Charles, le frère de Mélanie et Ashley épouse sa cousine.  

Charles meurt de maladie. Scarlett alors enceinte de Wade (son fils), part vivre à Atlanta chez tante Pitty où se trouve également Mélanie. Les trois femmes vivront en appuyant la Confédération et en détestant les Yankees de tout leur coeur. Scarlett côtoie divers membres de la société d’Atlanta et revoit Rhett Butler. Ce dernier n’est pas à la guerre, mais il profite financièrement de cette dernière. Il n’est pas reçu dans les maisons d’Atlanta et il est perçu comme étant une canaille, un profiteur, un traître. Pour Scarlett, il est tout simplement un homme qui peut la divertir, flatter son orgueil, car il sait lire en elle comme dans un livre ouvert.

Scarlett et Mélanie traverseront beaucoup d’épreuves et d’aventures ensemble (grossesses, faim, peur, meurtre, batailles, remariage de Scarlett, mort, etc.). Mais encore, autour de Scarlett, un homme gravite : Rhett. La guerre se termine et le Sud est ravagé appauvri, détruit. Les Sudistes doivent rebâtir, enterrer leurs morts, trouver de la nourriture. Scarlett se promet de ne plus connaître la faim et de devenir riche,

Après la mort de son deuxième époux, Scarlett accepte la demande en mariage de Rhett. Cependant, même après deux mariages, elle demeure toujours amoureuse d’Ashley et Rhett le sait. Malgré tout, elle aura un enfant de lui et deviendra une redoutable femme d’affaires.

Puis, des drames éclatent pour la famille de Scarlett et de Mélanie. Scarlett réalise trop tard tout l’amour qu’elle ressent pour deux êtres : Mélanie et Rhett. Elle retournera à Tara, sa maison d’enfance, pour se ressourcer dans la terre rouge et pour y puiser la force nécessaire pour continuer sa vie. Elle a vingt-huit ans.

Madame lit et Scarlett

Pour moi, Scarlett, c’est la reine de la manipulation, de l’hypocrisie et de la séduction. Elle est très intelligente et elle sait comment s’en servir à son avantage surtout après la guerre qui l’a durcie, l’a façonnée en un être impitoyable et sans scrupules. En ce sens, elle est un personnage féminin fort qui a su réussir à une époque où être une femme se résumait à se marier pour enfanter. Au contraire, elle déteste la maternité, elle accepte de se marier seulement si elle en retire un avantage (pour Tara, pour l’argent, pour engendrer la jalousie). Comment ne pas se laisser divertir par un tel personnage? En ce sens, le génie de l’autrice est là, dans ce personnage, dans celui de la douce et aimante Mélanie Wilkes, de tante Pitty et de ses nerfs. Scarlett sans Mélanie n’est rien, sans Rhett pour l’enflammer, elle apparaît dénuée d’intérêt. 

Autant en emporte le vent gone with the wind 1939 réal : Victor Fleming Vivien Leigh Collection Christophel

Mais encore, Scarlett, à l’écran a été interprétée par une Vivien Leigh plus grande que nature. Quand j’imagine Scarlett, c’est sous les traits de Vivien Leigh. À mon avis, jamais aucune actrice ne pourra rivaliser avec son interprétation. Elle en a fait un personnage inoubliable, magnifique. Pour Rhett, Clark Gable a su faire de lui un personnage aux yeux moqueurs, aux grandes oreilles, toujours bien vêtu. Ensemble, les deux principaux acteurs ont crevé l’écran et les personnages sont devenus vivants, mythiques. Le livre sera vendu à plus de 30 millions et l’autrice remportera le Pulitzer. 

Ce livre, c’est aussi son incipit et sa légendaire dernière phrase. 

«Scarlett O’Hara n’était pas d’une beauté classique, mais les hommes ne s’en apercevaient guère quand, à l’exemple des jumeaux Tarleton, ils étaient captifs de son charme». (p. 15)

«Je penserai à cela demain, à Tara. Pour le moment, je n’en ai pas le courage. Demain, je chercherai un moyen de ramener Rhett. En somme, à un jour près…». (p. 1171)

Devez-vous lire ce bouquin? Je vous laisse décider car la polémique continue autour de ce dernier. Pour moi, il importe de situer le contexte dans lequel il a été rédigé et connaître la vie de l’autrice. Par ailleurs, j’ai acheté pour ma lecture l’édition Quarto de Gallimard et dans cette dernière, j’ai pu retrouver des images du film, une biographie de Margaret Michell (j’ai d’ailleurs appris qu’elle est morte à 48 ans!) et des explications sur la guerre de Sécession.

Ce livre a été lu dans le cadre du défi Les Classiques, c’est fantastique créé par Moka et Fanny car en août, le thème à l’honneur est : De l’écrit à l’écran en passant par les cases. 

Que pensez-vous de ce livre? L’avez-vous lu? Avez-vous vu le film de 1939?

Bien à vous,

Madame lit

MITCHELL, Margaret. Autant en emporte le vent, traduit de l’anglais par Pierre-François CAILLÉ, Paris, Quarto Gallimard, 2016, 1232 p.

ISBN 978-2-07-076841-7

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17 commentaires »

  1. Un livre lu et aimé quand j’étais adolescent. Il faut le lire et le resituer dans le contexte selon moi. Mais la lecture demande un temps de réflexion et de prise de distance par rapport au pouvoir que l’écrivain a eu sur vous pendant tout ce temps ou vous l’avez suivi. Est-ce que beaucoup de lecteurs prennent ce temps là. Je ne suis pas sûr…

    Aimé par 3 personnes

    • Je comprends votre point de vue et je le partage entièrement. Mais bon… même HBO a retiré ce film de son catalogue tout comme Netflix. C’est fou mais ce sont des faits. De mon côté, j’ai adoré le relire car je ne me souvenais presque de rien. Merci!!!

      Aimé par 1 personne

  2. Ton article est palpitant. Tu as réussi à résumer le contenu du roman dans une partie de ton article. J’ai lu le roman à peu près en même temps que toi et tout y est. J’aime bien aussi l’analyse que tu fais des deux personnages si importants du roman, Scarlett et Rhett.
    Je relisais mes courtes notes de lecture et je considère nous pensions passablement la même chose de ce roman. Ce fut un plaisir que cette lecture à deux en quelque sorte.
    Je crois que c’est un roman qui peut plaire énormément si on s’informe quelque peu sur cette période de la vie américaine dans l’état de Géorgie.
    Encore une fois barvo pour ton article qui, j’espère, incitera beaucoup de lecteurs à lire ce classique de la littérature américaine.

    Aimé par 1 personne

    • J’espère aussi que mon article incitera les gens à lire ce classique. Merci d’avoir lu en août ce livre en même temps que moi. Je sais que tu as bien apprécié ce roman. Au plaisir de relire en même temps que toi un autre classique car je sais que tu aimes bien en lire.

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  3. Lu et relu depuis mon adolescence. Je rêvais d’un « Rhett Butler , »de passion, et de baisers fougueux, mais je tirais des leçons de Scarlett. J’ai rencontré mon Rhett, pour une passion qui dure.
    Par ailleurs, lire la biographie de Margaret Mitchell, à mon avis, indispensable.

    Aimé par 2 personnes

  4. J’aimerais beaucoup le lire. Je pense aussi qu’il faut remettre les choses en contexte. C’est justement l’occasion de dénoncer ce qui a été fait par le passé, comme on le fait pour d’autres sujets. Malheureusement, chaque époque a ses horreurs, et en éliminer le souvenir, je ne suis pas sûre que ce soit une bonne chose. On peut apprécier l’histoire, l’écriture, etc. tout en condamnant certains propos… Bref, faire preuve de mesure, simplement ^^ Dans ce genre de cas, je n’aime pas que ce soit ou tout blanc ou tout noir (du moins, je crois qu’on peut faire différemment, ce qui me paraît plus sain).

    Aimé par 1 personne

    • Oui. Et c’est ce que j’ai tenté de faire par le biais de cet article. C’est un grand classique et les personnages ont marqué l’imaginaire collectif par le biais de leur passion, leur valeurs, leur évolution. Je t’encourage à le lire. Merci!

      Aimé par 2 personnes

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