Madame lit La Bonté du rémora
«Il y aurait certainement moins de guerres et d’enfants battus si la bonté pure et sans faille était une condition si répandue». (p. 180)
Chère lectrice, Cher lecteur,
J’ai décidé de lire La Bonté du rémora d’Hélène Quesnel car l’autrice est entrée en communication avec moi et m’a gentiment envoyé son livre. Alors, je suis bien contente aujourd’hui de partager avec vous mes impressions sur son premier bouquin paru en 2021 chez Hugo Publishing.
Tout d’abord, qui est Hélène Quesnel?
Selon l’information que j’ai retrouvée sur son site Web :
«Hélène Quesnel est née à Montréal et a grandi dans les banlieues du Québec. Elle vit aujourd’hui entre la métropole et l’Île-du-Prince-Édouard, au Canada.
Après un baccalauréat en communication, elle a fait carrière dans les années 80 et 90, en publicité et en relations publiques, chez Cossette Communication Marketing principalement, puis au sein de diverses grandes agences de communications canadiennes.
Elle fut tour à tour conceptrice-rédactrice, directrice de création et directrice de compte, pour ensuite démarrer sa propre entreprise en tant que consultante en communication, scénariste, réalisatrice et rédactrice.En 1994, elle complétait une maîtrise en littérature à l’Université de Montréal. Elle a collaboré au fil des années avec divers médias imprimés tels, ELLE Québec, Châtelaine, Destination Centre-Ville en tant que journaliste.
Sa carrière a été fructueuse et a fait l’objet de nombreuses reconnaissances au fil des années. Le milieu des communications lui a tout appris, d’une connaissance intime de ce que ses mots pouvaient apporter au monde, à l’art de se battre pour ses idées.
Aujourd’hui, elle se consacre à l’écriture de romans qui explorent les mécanismes de l’esprit humain, ses paradoxes, son insatiable besoin de fabuler, sa mauvaise foi, sa dépendance à l’Autre. »
Mais encore, en fouillant sur son site Web, j’ai découvert sa façon d’aborder l’écriture. Je me suis retrouvée dans sa perception de l’acte d’écrire. Comme elle le mentionne :
« Écrire, c’est courir après la lumière
En chaque être, il y a des milliers d’histoires accumulées comme autant d’anneaux dans un arbre.
J’aime l’idée de dénicher ce qui se cache là, dans l’accumulation de ces réalités, toutes uniques. L’acte d’écrire est une sorte de géologie de l’âme.
Confronter nos peurs en affrontant l’inconnu est, paraît-il, l’un de nos réflexes les plus primitifs de survie et sûrement une autre façon de perpétuer l’illusion qu’on se protégera des tempêtes à venir.C’est impossible, je sais, on ne se protège de rien du tout. Mais je me répète : il faut une bonne dose de foi pour écrire.
En attendant, raconter mes histoires me donne l’impression de préparer avec mes frères et sœurs humains le grand sauvetage final.Puisqu’il viendra, c’est sûr.
Non ?
Alors nous coulerons tous. Mais ensemble. Les mots nous auront réconfortés un temps, sur notre petit radeau imaginaire, invraisemblable, en nous propulsant dans une autre dimension. Là où nous nous serons retrouvés émus d’être si près les uns des autres.
Si semblables.Hélène Quesnel»
Je vous convie à visiter son site Web. Il est bien fait et il vous permet d’acheter La Bonté du rémora.
La Bonté du rémora
Françoise-Émilie Beausoleil Dutil est urgentologue dans un hôpital de Montréal. Elle apparaît comme une femme forte, froide et elle a 42 ans. Elle a des jumeaux et elle a décidé que ses enfants habiteraient avec leur père. Un jour, elle reçoit un appel pour lui dire que son père aimerait la voir. Elle n’a reçu aucune nouvelle de ce dernier depuis 14 ans. Il est un pathologiste amoureux des rémoras, des poissons exotiques, et il vit en Californie. Une quête s’amorce en elle pour tenter de comprendre ses relations familiales et surtout pour apprendre qui elle est et à faire la paix avec son histoire. Surtout, elle ne veut pas tomber dans le piège que peut lui tendre son père en lui demandant de venir le voir. Plus que tout, elle veut protéger ses enfants de son père. Sa vie est-elle conditionnée par l’empathie? Que lui a-t-il fait vivre?
Mes impressions
Je dois dire que j’ai beaucoup aimé ce bouquin qui se lit tout d’un coup. J’ai été happée par la force du récit. C’est un roman psychologique bien ficelé où l’art de se souvenir détient une place centrale. Le personnage de Françoise-Émilie, dite Fred, s’avère fascinant en raison des événements traumatisants qu’elle a vécus et du fait qu’elle a grandi dans une famille dysfonctionnelle. Son passé est lourd tout comme son présent. J’ai tout de suite aimé cette figure discursive car elle n’a pas froid aux yeux; c’est une battante qui carbure à l’adrénaline, une force de la nature qui transige avec la mort. La façon dont elle se comporte au travail en témoigne. Elle est intelligente et elle sait ce qu’elle veut et surtout, ce qu’elle ne veut plus. À l’urgence, elle ne se laisse pas marcher sur les pieds. Ses enfants sont son talon d’Achille et elle veut les protéger plus que tout. Son père est omniprésent dans ce récit. Ce dernier semble plus aimer ses poissons, ses rémoras, que ses enfants. À cause de son comportement et son attitude, il causera de grands torts aux siens. C’est un être sombre qui a été dure avec ses enfants et son épouse.
Mais encore, j’ai apprécié l’exploitation du thème de la Bonté dans ce récit. La Bonté de faire le bien autour de soi. Nous vivons dans un monde où la Bonté s’avère bien maltraitée. Le personnage de Fred devra aller à contre-courant pour en faire l’expérience. L’être humain est de plus en plus égoïste et les gestes bienveillants à l’égard des autres sont de plus en plus rares. Comme il est mentionné dans le prologue :
« Il doit bien y avoir une signification, une raison pour expliquer que l’on m’ait choisi une vie occupée presque tout entière par l’idée ou la présence de la mort. Ce talent que j’ai pour m’entourer de tant de fins de vie, pour me jeter chaque jour dans la fosse aux mourants. Je l’attire depuis ma naissance, cette mort. Elle me colle aux talons et je persiste à l’affronter, à essayer de la distraire de ses proies. Parfois même, à la provoquer. Un combat de tous les instants, une compulsion. C’est tout ce que je sais faire à peu près correctement. Et c’est ce qu’ils appellent de la bonté.» (p. 7-8)
De plus, je dois mentionner la belle couverture de ce livre. Je la trouve sublime!
Je vous recommande sans hésitation cette histoire mettant en scène une femme travaillant dans un hôpital et qui vit avec un passé sombre. J’aime ces livres mettant en scène des héroïnes possédant une mentalité de gagnante. Je me retrouve énormément dans ces dernières. Elles sont souvent des survivantes à un malgré tout. D’ailleurs, Fred devra lutter pour les siens afin de retrouver un équilibre émotionnel.
L’écriture d’Hélène Quesnel repousse les limites grâce à la tension dramatique qu’elle a réussi à instaurer. Le récit est présenté en alternance entre le passé de Fred et son présent. Grâce à cette façon de faire, la lectrice ou le lecteur explore les émotions de Fred. C’est beau, c’est obscur, c’est une histoire familiale dont il faut dénouer les noeuds l’un après l’autre pour suivre la trace de la Bonté. Et que dire de la métaphore du rémora? Vous allez la comprendre en lisant ce livre…
Que pensez-vous de cet article?
Bien à vous,
Madame lit
Quesnel, H. (2021). La Bonté du rémora. Hugo Publishing,
ISBN : 9782755692211
Vous avez remarqué une faute dans mon article? Écrivez-moi à lit.madame@gmail.com et il me fera plaisir de la corriger. Je ne suis pas parfaite… et il m’arrive aussi d’en faire. Merci et bonne lecture!!!


Ton article titille ma curiosité! Par contre, ce roman n’est pas disponible en Belgique, apparemment…
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Dommage car il est publié chez Hachette il me semble bien…
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Sur Librel, le site des libraires indépendants, il est indiqué comme « indisponible »…
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Dommage… Merci de l’information.
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Très intrigant cette métaphore de poisson dans une histoire familiale complexe (mais y en a-t-il des simples?) …
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Intéressante question! Mais dans ce livre, c’est un peu particulier… Merci!
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Je suis aussi allé voir le site de l’écrivaine. J’ai bien aimé et je lui ai envoyé un message en faisant mention des écrivains que j’appréciais particulièrement. J’ai reçu un long message de l’écrivaine qui qui nomme quelques auteurs qu’elle aime. Elle nomme Paul Auster et sa femme écrivaine et aussi Annie Ernaux. Surprenant non ? Je vais la remercier et lui demander si je peux lui envoyer l’article sur La musique du hasard que j’ai écris et qui m’a valu une lettre de Paul Auster. Et tout cela grâce à toi!
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