Madame lit Hamlet de Shakespeare

« Être, ou ne pas être, telle est la question. »
(p. 98)
Pourquoi ce choix ?
Chère lectrice, cher lecteur,
En avril 2026, dans le cadre du défi Les classiques, c’est fantastique, il me fallait choisir entre deux géants de la littérature : Shakespeare et Molière. Mon cœur a penché pour Shakespeare et sa pièce Hamlet. Ayant déjà suivi un cours universitaire sur Molière, j’ai préféré explorer un autre grand dramaturge pour élargir mes horizons littéraires.

D’après plusieurs sources fiables (Universalis, Wikipédia), Hamlet de William Shakespeare a été écrit entre 1598 et 1601, et sa première représentation a eu lieu en 1601. Ce chef-d’œuvre résonne encore aujourd’hui, notamment à travers le thème de la vengeance qui hante le prince Hamlet. Mais pourquoi ce choix ? Parce que Hamlet est bien plus qu’une tragédie : c’est une réflexion intemporelle sur l’humanité, la morale et les conséquences de nos actes.
Hamlet : prince du Danemark et prince de la vengeance
Hamlet apprend par le spectre de son père défunt que ce dernier a été assassiné par son frère, Claudius. Pire encore : Claudius a épousé Gertrude, la reine, mère d’Hamlet, scellant ainsi une alliance aussi politique que macabre. Pour venger son père, Hamlet simule la folie et organise une pièce de théâtre, Le Meurtre de Gonzague, afin de piéger Claudius et le pousser à avouer son crime. Pourtant, cette quête de vengeance le plonge dans une spirale d’hésitation, de doutes et de tragédies, jusqu’à provoquer indirectement la mort d’Ophélie, son amoureuse, et de Polonius, conseiller du roi. Finalement, Hamlet tue Claudius, mais meurt lui-même, laissant derrière lui un royaume en ruines.
La vengeance comme moteur de l’intrigue
À l’Acte III, scène 1, le lecteur retrouve la célèbre réplique :
« Être ou ne pas être, telle est la question. »
Hamlet y exprime son dilemme existentiel : vaut-il mieux subir les injustices de la vie ou prendre les armes pour y mettre fin ? Cette hésitation n’est pas seulement philosophique : elle est au cœur de sa quête de vengeance.
« Est-il plus noble pour l’esprit de souffrir
Les coups et les flèches d’une injurieuse fortune,
Ou de prendre les armes contre une mer de tourments,
Et, en les affrontant, y mettre fin ? Mourir, dormir… »
Cette dualité, qui habite Hamlet, lui confère une aura d’humanité. Qui n’a jamais douté avant de se venger ? Qui n’a jamais questionné la légitimité de ses actes ? Hamlet incarne notre propre lutte intérieure : la vengeance est-elle un acte de justice ou une pente glissante vers la destruction ?
Son hésitation culmine dans une scène clé (Acte III, scène 3) :
« Là, je pourrais le faire à pic, là, il est en prières,
Et là, je le ferai. Ainsi, il va au Ciel,
Et ainsi je suis vengé. Cela mérite examen. »
Ici, Hamlet renonce à tuer Claudius en prière, craignant que cela envoie son oncle au paradis. Cette scène montre que sa vengeance n’est pas aveugle : elle est méditée, presque méticuleuse, et révèle son tourment moral.
La folie de la vengeance : une arme à double tranchant
Pour démasquer Claudius, Hamlet feint la folie. Mais cette stratégie a un coût exorbitant.
- Ophélie, croyant qu’il ne l’aime plus, sombre dans la folie et se noie (Acte IV).
- Polonius, père d’Ophélie, est tué par Hamlet, qui le prend pour Claudius.
- Claudius, horrifié, décide d’envoyer Hamlet en Angleterre, où il doit être exécuté.
Hamlet résume cette ambiguïté avec ironie dès l’Acte II :
« Je suis fou seulement quand le vent est au nord-nord-ouest. »
(Acte II, scène 2)
Cette folie, guidée par la vengeance, pousse Hamlet dans un état paranoïaque, l’isolant de tous. Elle devient un piège : ce qui devait être une arme se retourne contre lui, et contre ceux qu’il aime.

La vengeance comme cycle sans fin
Dans Hamlet, la vengeance est un cercle vicieux qui ne mène qu’à la destruction. Prenons l’exemple de la chaîne de meurtres qui s’enchaînent :
- Hamlet tue Polonius (Acte III), croyant tuer Claudius.
- Laërte, fils de Polonius, veut venger son père et s’allie avec Claudius pour tuer Hamlet.
- Claudius manipule Laërte pour organiser un duel empoisonné.
- Hamlet tue Claudius, mais meurt lui-même des suites de ses blessures.
Ce cycle rappelle une spirale infernale, où chaque acte de vengeance en appelle un autre.
Hamlet en est la preuve : sa quête de justice le transforme en meurtrier, et sa vengeance ne lui apporte aucune paix, seulement des regrets.
Et moi ?
Cette pièce de Shakespeare m’a vraiment marquée. Ce qui m’a le plus touchée, c’est la façon dont Shakespeare explore les failles humaines. Les drames d’Hamlet, ses doutes, ses erreurs… Tout cela résonne profondément, comme si la pièce parlait de nos propres luttes intérieures.
Je recommande donc à tous de lire Hamlet… ou, mieux encore, d’aller le voir joué au théâtre. Car c’est là que la puissance de cette tragédie prend tout son sens : les hésitations d’Hamlet, sa douleur, sa folie… Tout cela devient vivant.
Cette lecture s’inscrit dans le cadre du défi proposé par Moka : Les classiques, c’est fantastique !
Pour aller plus loin, je me suis inspirée de [Wikipédia/Universalis] pour les faits objectifs.
Et vous ?
À quel livre, film ou pièce de théâtre vous fait penser le thème de la vengeance ?
- Est-ce Kill Bill de Tarantino, où la vengeance est méthodique et froide ?
- Ou peut-être Médée d’Euripide, où la vengeance détruit tout sur son passage ?
- Ou encore une situation réelle qui vous a marqué ?
Dites-le en commentaire ! Et si vous n’avez jamais lu Hamlet, est-ce que cette analyse vous donne envie de le découvrir ?
Bien à vous,
Madame lit
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Hamlet
William Shakespeare, traduit de l’anglais par Jean-Michel Déprats, Paris, folioplus classiques, 2012, 299 p.
ISBN : 978-2-07-030679-4
Vous avez remarqué une faute dans mon article ? Écrivez-moi à lit.madame@gmail.com et il me fera plaisir de la corriger. Je ne suis pas parfaite… et il m’arrive aussi d’en faire. Merci et bonne lecture !!!
