
Chères lectrices, chers lecteurs,
Vous le savez probablement : le 12 août, c’est la Fête du livre québécois ! Depuis quelques années, cette belle initiative encourage les Québécoises et les Québécois à soutenir les librairies indépendantes en achetant un, deux, voire trois livres québécois. Et saviez-vous que cet événement a peu à peu conquis une portée internationale ? Cette année, je vous propose une sélection de bouquins qui me font de l’œil depuis un moment… et j’ai très envie de vous la partager. Qui sait ? L’un de ces titres pourrait bien vous inspirer !
Dites-moi ce que vous en pensez en commentaire.
Sans plus attendre, voici ma liste !
C’était ça ou mourir (9782764629253) de Thélyson Orélien

« Prof d’histoire et de géographie à Carrefour-Feuilles, un quartier densément peuplé de Port-au-Prince, Jonas est contraint de quitter sa maison. Dans les rues, des coups de feu, des flammes le somment de partir sans regarder derrière. Il n’emporte presque rien : son diplôme, un cahier de poèmes, une photo de sa mère et un slip propre. Sa vie entière dans un sac de plastique.
Jonas marche, marche, mais il n’est pas encore » un migrant » : il passe tant bien que mal du côté dominicain de la frontière. Il se dit qu’il n’a qu’à y attendre que les choses se calment. Sauf qu’elles ne se calment pas et il tourne en rond. Il faut partir, encore, toujours. Il atterrit au Brésil, arpente le Pérou, s’embarque dans un radeau de fortune pour gagner l’Équateur, traverse la jungle du Darién, le Panama, le Costa Rica, le Honduras, le Guatemala. Il enfile les kilomètres en sol mexicain, serrant toujours son sac de plastique contre lui à bord d’un autobus surchauffé, puis marchant avec d’autres migrants qui, tout autour, tombent les uns après les autres, jusqu’à atteindre la frontière sud des États-Unis. Là, ce sont les agents de l’ICE de Trump qui l’attendent. Les mois d’attente sont infernaux. Quand il passe enfin, Jonas n’a plus qu’un objectif : quitter ce pays qui n’a rien de » great again » et gagner le Canada – Montréal – par le chemin Roxham, cette voie salutaire dont il a tant entendu parler.
Avec une plume foisonnante et poétique, Thélyson Orélien fait jaillir la beauté dans les zones les plus sombres de l’expérience humaine. Il nous parle de la langue de l’exil, cette langue qui s’apprend » sans grammaire, sans dictionnaire, juste avec les os et la peau « . Et surtout, à travers la voix de Jonas Dorléon, il révèle une Amérique terrible et violente sur laquelle notre regard doit s’attarder.»
Le bien ne fait pas de bruit (9782764629277) de Monique Proulx

« Comment raconter la vie d’un être qui serait parfaitement bon?
L’héroïne de cette histoire s’appelle Flora. Flora qui sort le bois mort de la forêt et qui répare les fenêtres des chalets loués. Flora qui nourrit et soigne tout ce qui bouge, le monde aussi bien que les renards et les corneilles. Flora qui à quarante-sept ans vit chez son père, avec sa sœur, Évelyne, son frère, Hugues, et surtout Rosario, Rosa, son neveu préféré, dans la grande maison bleue bâtie à même les pruches de leur forêt, maison éternelle qui lui a fait la grâce de la choisir, elle, pour veiller sur eux tous.
Voilà qu’un jour débarque au village Margaret Myre. La célèbre romancière aux pieds de laquelle le monde entier se roule a décidé d’acheter le chalet de la Source, voisin de la maison bleue. Le chalet de la Source, le plus beau, celui que Flora secrètement aurait choisi pour elle si une telle extravagance avait été possible. Et Flora trouve en la nouvelle venue l’objet idéal à qui prodiguer les trésors inépuisables de générosité que renferme son cœur.
Mais si cette femme n’était qu’une égoïste, comme Évelyne ne cesse de lui siffler à l’oreille? Cette femme qui n’a jamais invité personne chez elle, qui ne répond jamais au téléphone au cas où on lui demanderait quelque chose.
En s’inspirant d’événements qu’elle a puisés dans la vie de Berthe Simard, et par ricochet dans celle de Gabrielle Roy, Monique Proulx propose ici quelques-unes des plus belles pages qu’elle ait consacrées à la nature. Surtout, elle trace le portrait tout en nuances d’une femme à qui tout a été enlevé, sauf sa foi en la vie.»
Griffintown (9782896941322) de Marie Hélène Poitras

« Le jour se lève sur Griffintown après le temps de survivance, les mois de neige et de dormance. Hommes et chevaux reprennent le chemin de l’écurie. L’hiver a eu raison de quelques-uns. Certains, comme John, reprennent le collier comme on renoue avec une mauvaise habitude. Pour d’autres, qui traînent plusieurs vies derrière eux, il s’agit souvent du cabaret de la dernière chance. Marie, la Rose au cou cassé, cherche quant à elle un boulot qui la rapprochera des chevaux. Elle ignore ce que lui réserve l’été, le dernier de Griffintown. Car tandis qu’une procession de désespérés défile vers le Far Ouest à la recherche d’une maigre pitance, la Mouche ourdit sa vengeance. Histoire de meurtre, d’amour et d’envie dans un décor où tous les coups sont permis, Griffintown expose au grand jour l’intimité des cochers du Vieux-Montréal, ces cow-boys dans la ville. Un détournement habile, porté par une langue sensible et rude, du western spaghetti sauce urbaine. »
Les ravisseuses (9782896983476) de Charles Dionne

« Comme chaque année en novembre, ils se retrouvent tous les quatre, Anabelle, Walid, Philippe et Rémy, pour une fin de semaine de chasse sur la terre qu’ils possèdent ensemble au cœur de la Mauricie. Ils ont trente-cinq ans et se connaissent depuis l’enfance, mais un secret atroce, presque impossible à porter, les déchire. La survie de leur amitié ne tient peut-être qu’à ces séjours devenus une tradition.
Lorsqu’à la fin de la première journée, Walid et Philippe ne rentrent pas au camp, Anabelle et Rémy craignent le pire. Depuis quelque temps, Walid est agité, il pense à la mort, et ses problèmes de consommation se sont aggravés. La veille, Philippe et lui ont failli en venir aux mains. Et ce matin à l’aube, un coup de feu unique a résonné dans l’air glacial et humide de la forêt.
Ils pourraient n’être qu’égarés. Or Anabelle, au fond d’elle-même, en doute – elle qui, en ce lieu plus que nulle part ailleurs, a toujours ressenti un appel, un appétit vertigineux, irrésistible, qui est son don, et peut-être sa malédiction.
Thriller d’horreur sur la prédestination et la fragilité du libre arbitre, Les ravisseuses raconte la perte d’innocence brutale de quatre enfants au seuil de l’adolescence, et l’échec de leur reconstruction à l’âge adulte. Dans la lignée des œuvres phares de l’horreur surnaturelle, de H.P. Lovecraft à Mariana Enriquez en passant par Stephen King, ce premier roman de Charles Dionne s’interroge sur la part irréductible de nos actes les plus sombres et les plus répréhensibles. Nos crimes nous définissent-ils à jamais ? Certains d’entre nous sont-ils, de naissance, voués au mal ? Que signifie alors de renoncer au sentiment de sa faute pour embrasser sa vraie nature ? »
Autopsie d’une femme plate (9782897720544) de Marie-Renée Lavoie

«J’aime quelqu’un d’autre.». Ma tête s’est remplie de sang. Mes yeux, sous la poussée, ont vibré dans leur orbite; quelques millilitres de plus et ils s’exorbitaient. Ça m’a paru tellement insensé que j’ai jeté un œil à la télé en souhaitant que les mots viennent d’ailleurs. Mais les deux vedettes qui essayaient de fourrer un poulet au prosciutto riaient à gorge déployée. Elles ne parlaient pas de désamour. . «Diane… je voulais pas… c’est pas toi, mais… ouffff…». Ainsi débute Autopsie d’une femme plate. Quelques jours avant les festivités marquant leur vingt-cinquième anniversaire de mariage, Diane Delaunais, quarante-huit ans, est délaissée par son mari, parti vivre une histoire d’amour avec «quelqu’un d’autre (sexe non déterminé, mais prévisible)», assurément plus jeune. Une histoire banale? Pas vraiment… puisqu’elle est racontée par Marie-Renée Lavoie avec le sens de l’observation et la grande vivacité d’esprit qu’on lui connaît, le tout agrémenté d’une bonne dose d’humour et de tendresse. »
Ordures! : Journal d’un vidangeur (9782898331510) de Simon Paré-Poupart

« L’univers du déchet s’est révélé à moi comme j’aimerais qu’il se révèle à vous dans ce livre. Par surprise. Un heureux hasard, car j’aime ce travail. En racontant mon histoire, je veux partager ma passion. Je veux sortir de l’oubli les vidangeurs. Je veux surtout que vous cessiez de croire que vos ordures disparaissent par magie, comme le propose la très récente pub de 1-800-GOT-JUNK. Rien ne disparaît par magie. Laissons ces illusions aux enfants et rentrons dans le vrai monde. Beau et sale, comme le sont les vidangeurs. » En lisant ce journal d’un vidangeur, vous ferez la découverte d’un monde dont vous ne soupçonniez pas l’existence. Un rassemblement d’excentriques et de personnages plus ou moins intégrés à la vie normale qui travaillent sur la ligne de crête entre ce que notre société considère propre et ce qu’elle juge sale. Qui sont ces athlètes qui courent nos rues chaque semaine derrière des camions, qu’il neige, qu’il pleuve ou qu’il fasse trop chaud? Quelle est leur vision du compostage, du recyclage, de la récupération? Qu’ont-ils à raconter sur une époque qui génère en abondance des ordures? Voilà autant de questions auxquelles répond ce récit captivant. Simon Paré-Poupart ramasse les ordures depuis vingt ans. Ses études universitaires en sociologie et en administration internationale, ainsi que son expérience comme intervenant social n’auront pas eu raison de sa vocation de vidangeur. Ordures! est son premier livre. »
La fille d’elle-même (9782925059103) de Gabrielle Boulianne-Tremblay

« Épopée identitaire, quête tant amoureuse que sociale, La fille d’elle-même s’insère dans la littérature de la transidentité, une lignée qui va des Métamorphoses d’Ovide à Orlando de Virginia Woolf, mais offre ici le paysage québécois avec son fleuve salé qui avale le mal et la douleur des filles rêvant de mettre le feu. »
Architectures de la joie (9782925059448) de Anaïs Barbeau-Lavalette et Steve Gagnon

« Dans un monde où il devient de plus en plus difficile de s’autoriser l’émerveillement, cette correspondance entre Anaïs Barbeau-Lavalette et Steve Gagnon plonge dans une quête de la joie. La joie choisie, réfléchie, travaillée. La joie comme une posture face aux injustices. La joie subversive, en socle à la colère, à la solitude, à la tristesse. Avec autant d’humour que de tendresse, les deux voix retracent ensemble le chemin fragile de la joie comme permission, comme désobéissance, comme moteur de résistance. Architectures de la joie est un grand livre, conduit avec une subtilité minutieuse, qui contribue à élucider à travers mille petites beautés rescapées une des questions inhérentes à notre époque : la joie est-elle possible ? Nécessaire ? Autorisée ? »
La Constellation du cheval (9782925059486) de Julie Dugal

« Annie possède un appartement fabuleux dans un quartier branché et est persuadée de se bâtir un avenir à l’abri du danger, une bulle de sécurité où ne jamais rien manquer, mais, quand son corps flanche, tout s’écroule. Quittant la vie de bureau pour échapper à son infernale patronne, elle se réfugie dans les fards aussi brillants que la Grande Ourse, les chandails de cachemire et les vernis bleus comme la nuit. Elle tente de se reconstruire, mais accumule les produits de luxe comme l’écureuil roux stocke des cocottes pour survivre jusqu’au printemps. Apaisée par la forêt de Cap-aux-Mélèzes, elle entame un ultime face-à-face avec elle-même, éloignée de la culture de consommation et des tentations. À une époque où les étés sont marqués par la sécheresse et où les feux zombies brûlent tout l’hiver sous la neige, sa rencontre avec Daniel déclenche une série d’événements qui vont transformer sa vie à jamais, comme l’apparition d’une étoile pour trouver son chemin. »
La mère des larves (9782925110989) de Maude Jarry

« Dans la vie de Sarah, tout chie : son chum l’a laissée parce qu’il voulait des bébés, les chats l’attaquent sans raison, sa mère tente par tous les moyens de la convaincre de procréer et des douleurs abdominales atroces la frappent sans prévenir. Elle a beau répéter aux médecins qu’elle souffre, personne ne la prend au sérieux, jusqu’à ce qu’on lui découvre un mal envahissant qui pourrait bien, par un détour sinistre du destin, exaucer son souhait d’être stérile… »
Tragi-comédie d’horreur, La mère des larves explore les façons que les femmes ont de se soutenir et de se guérir quand le paternalisme médical les abandonne.
La lenteur des ombres : Journal thérapeutique d’un auteur anxieux (9782925304340) de François Kearney et illustré par Francis Deharnais

« Victor Lungmouth est un auteur raté. C’est du moins ce qu’il pense alors que son dernier manuscrit se voit refusé par les éditeurs, réseau qu’il connaît pourtant bien puisqu’il a hérité de la librairie de son père. Insatisfait de son rôle de libraire, Vic se laisse submerger par l’envie ; chaque livre qu’il tient et chaque auteur qu’il rencontre lui renvoient l’image de son échec… Jusqu’au jour où un manuscrit anonyme abandonné devant la porte de son commerce le catapulte au coeur d’un dilemme éthique : s’approprier ou non les mots d’un autre ? Dans un tourbillon aussi loufoque qu’anxiogène, Vic racontera à sa psy les événements qui l’ont poussé à demander de l’aide. La lenteur des ombres est une incursion dans le monde du livre avec, comme trame de fond, des amitiés singulières, des confidences surprenantes et un réel amour pour la musique et la littérature. »
Pensez-vous participer ? Avez-vous un livre en tête ?
Dites-moi ce que vous en pensez en commentaire.
Partagez-moi le titre du livre acheté, dans les commentaires, le 12 août, et il me fera plaisir par la suite d’écrire un bilan.
Mieux, vous pouvez rédiger une chronique, en guise de célébration, lors du 12 août sur un livre québécois !
Bien à vous,
Madame lit
Vous avez remarqué une faute dans mon article? Écrivez-moi à lit.madame@gmail.com et il me fera plaisir de la corriger. Je ne suis pas parfaite… et il m’arrive aussi d’en faire. Merci et bonne lecture!!!
Source : Les Libraires
