Madame lit ses recommandations de prix Goncourt

Image : Wikipédia

Chère lectrice, Cher lecteur, 

En juillet, pour le défi 2020 de Madame lit, il faut plonger dans l’univers d’un roman d’une autrice ou d’un auteur ayant remporté le prix Goncourt.

Tout d’abord, qu’est-ce que le prix Goncourt?

Selon Wikipédia :

Le prix Goncourt est un prix littéraire français récompensant des auteurs d’expression française, créé par le testament d’Edmond de Goncourt en 1892. La Société littéraire des Goncourt, dite Académie Goncourt, est officiellement fondée en 1902 et le premier prix Goncourt proclamé le 21 décembre 1903. […] Le prix Goncourt, créé pour récompenser chaque année « le meilleur ouvrage d’imagination en prose3, paru dans l’année » est attribué presque exclusivement à un roman.

Alors, pour juillet, continuons le défi avec une autrice ou un auteur ayant remporté ce prestigieux prix littéraire.

Sans plus tarder, voici les titres. J’ai cité l’extrait du site des Libraires. En cliquant sur le lien du livre, vous serez redirigé sur le site. Vous pouvez, si vous le désirez, commander le bouquin.


1919 – À l’ombre des jeunes filles en fleurs de Marcel Proust

« Tout d’un coup, dans le petit chemin creux, je m’arrêtai touché au cœur par un doux souvenir d’enfance : je venais de reconnaître, aux feuilles découpées et brillantes qui s’avançaient sur le seuil, un buisson d’aubépines défleuries, hélas, depuis la fin du printemps. Autour de moi flottait une atmosphère d’anciens mois de Marie, d’après-midi du dimanche, de croyances, d’erreurs oubliées. J’aurais voulu la saisir. Je m’arrêtai une seconde et Andrée, avec une divination charmante, me laissa causer un instant avec les feuilles de l’arbuste. Je leur demandai des nouvelles des fleurs, ces fleurs de l’aubépine pareilles à de gaies jeunes filles étourdies, coquettes et pieuses. «Ces demoiselles sont parties depuis déjà longtemps», me disaient les feuilles.»


1993 – La condition humaine d’André Malraux

« Shanghaï, mars 1927, alors que l’armée du Kuomintang commandé par Tchang Kaï-Chek est en marche pour prendre la ville, Kyoshi qui dirige l’insurrection communiste et, avec le soutien de la population, remporte la victoire. Mais, l’industriel Ferral convainc le milieu des affaires de se rallier à Tchang Kaï-Chek, pour que celui-ci se retourne contre les communistes. Prix Goncourt 1933.»


1954 – Les mandarins de Simone de Beauvoir

«- Qu’est-ce qui ne va pas ?- Rien, tout va très bien, dis-je d’un ton dégagé.- Allons ! Allons ! je sais ce que ça veut dire quand tu prends ta voix de dame du monde, dit Robert. Je suis sûr qu’en ce moment ça tourne dur dans cette tête. Combien de verres de punch as-tu bus ?- Sûrement moins que vous, et le punch n’y est pour rien.- Ah ! tu avoues ! dit Robert d’un ton triomphant ; il y a quelque chose et le punch n’y est pour rien ; quoi donc ?- C’est Scriassine, dis-je en riant ; il m’a expliqué que les intellectuels français étaient foutus.Prix Goncourt.«J’aurais souhaité qu’on prenne ce livre pour ce qu’il est ; ni une autobiographie, ni un reportage : une évocation»(Simone de Beauvoir).»


1975 – La vie devant soi de Romain Gary

«Signé Ajar, ce roman reçut le prix Goncourt en 1975. Histoire d’amour d’un petit garçon arabe pour une très vieille femme juive : Momo se débat contre les six étages que Madame Rosa ne veut plus monter et contre la vie parce que «ça ne pardonne pas» et parce qu’il n’est «pas nécessaire d’avoir des raisons pour avoir peur». Le petit garçon l’aidera à se cacher dans son «trou juif», elle n’ira pas mourir à l’hôpital et pourra ainsi bénéficier du droit sacré «des peuples à disposer d’eux-mêmes» qui n’est pas respecté par l’Ordre des médecins. Il lui tiendra compagnie jusqu’à ce qu’elle meure et même au-delà de la mort.»

Pour lire mon billet sur ce magnifique roman, cliquez sur La Vie devant soi.


1979 – Pélagie-la-Charrette d’Antonine Maillet

« Chassée par les Anglais en 1755, une veuve, devenue esclave en Géorgie, décide de revenir en Acadie avec ses enfants. Rejointe par d’autres exilés, son odyssée de toutes les amours, de tous les dangers, durera dix ans. De Charleston à Baltimore, en passant par les marais de Salem, Pélagie et son peuple croiseront les Iroquois, connaîtront la guerre d’Indépendance américaine, souffriront la haine des protestants de Boston et un hiver rigoureux avant de regagner leur Terre promise. On ne sait ce qu’il faut admirer le plus de cette épopée : la langue d’Antonine Maillet, ce français violent, coloré, magnifié d’Acadie, ou l’héroïsme d’une femme incarnant le courage de nos lointains cousins. Une certitude cependant : par son humour, sa ferveur, Pélagie-la-Charrette est un chef d’œuvre.»


1980 – Le jardin d’acclimatation d’Yves Navarre

« C’est l’histoire d’un homme jeune qui doit souffler ses quarante bougies. Il ne peut pas le faire. Il ne sait même plus souffler devant lui.» Pour Bertrand Prouillan la vie s’est figée un certain 9 juillet, jour de ses vingt ans, au retour d’un séjour à Barcelone où son père a fait pratiquer sur lui une lobotomie. Ainsi Henri Prouillan a-t-il pu, sans crainte de scandale, accéder pendant dix-sept mois à la fonction de Ministre dans le gouvernement du moment.Vingt ans plus tard, la famille a éclaté, chacun a fait sa vie en tentant d’oublier son rôle dans le drame. Mais, en ce jour anniversaire, l’heure des comptes avec le Père aurait-elle enfin sonné ? Couronné par le prix Goncourt en 1980, Le jardin d’acclimatation est sans conteste l’une des oeuvres majeures de la littérature française du XXe siècle.»


1984 – L’Amant de Marguerite Duras

« Indochine française, la narratrice, une jeune Française de quinze ans, s’éprend d’un riche Chinois de douze ans plus âgé qu’elle. Elle souffre de la préférence marquée de sa mère pour son frère. Le récit se déploie autour du fleuve Mékong qu’il faut franchir pour se rendre à l’école à Saïgon. La rupture de la digue qui retient le fleuve menace la maison de famille. Prix Goncourt 1984. »


1992 – Texaco de Patrick Chamoiseau

« Une vieille femme câpresse, très grande, très maigre, avec un visage grave, solennel, et des yeux immobiles. Je n’avais jamais perçu autant d’autorité profonde irradier de quelqu’un… Elle mélangeait le créole et le français, le mot vulgaire, le mot précieux, le mot oublié, le mot nouveau…» Et c’est ainsi que Marie-Sophie Laborieux raconte à l’auteur plus de cent cinquante ans d’histoire, d’épopée de la Martinique, depuis les sombres plantations esclavagistes jusqu’au drame contemporain de la conquête des villes.D’abord, les amours d’Esternome, le «nègre-chien» affranchi, avec la volage Ninon qui périt grillée dans l’explosion de la Montagne Pelée, puis avec Idoménée l’aveugle aux larmes de lumière, qui sera la mère de Marie-Sophie. Dans les temps modernes, Marie-So erre d’un maître à l’autre, au gré de mille et un «djobs» qui l’initient à l’implacable univers urbain. Ses amours sont sans lendemain. Devenue l’âme du quartier Texaco, elle mène la révolte contre les mulâtres de la ville, contre les békés qui veulent s’approprier les terres, contre les programmes de développement qui font le temps-béton.C’est cette femme de combat que le Christ (un urbaniste chargé de raser le quartier Texaco) affrontera lors d’une ultime bataille où les forces de la Parole resteront la seule arme. Patrick Chamoiseau a sans doute écrit, avec Texaco, le grand livre de l’espérance et de l’amertume du peuple antillais, depuis l’horreur des chaînes jusqu’au mensonge de la politique de développement moderne. Il brosse les scènes de la vie quotidienne, les moments historiques, les fables créoles, les poèmes incantatoires, les rêves, les récits satiriques. Monde en ébullition où la souffrance et la joie semblent naître au même instant. »

Pour lire mon article sur ce prix Goncourt, cliquez sur Texaco.


1996- Le chasseur Zéro de Pascale Roze

« Rentrée en France à la suite de la mort de son père dans la guerre du Pacifique, Laura se documente et voit sa vie hantée par les mémoires d’un kamikaze japonais qu’elle identifie de plus en plus à son père. Un premier roman signé par une comédienne et auteur de pièces de théâtre. Prix Goncourt 1996. »


2004- Le soleil des Scorta de Laurent Gaudé

« L’origine de leur lignée condamne les Scorta à l’opprobre. A Montepuccio, leur petit village d’Italie du Sud, ils vivent pauvrement, et ne mourront pas riches. Mais ils ont fait voeu de se transmettre, de génération en génération, le peu que la vie leur laisserait en héritage. Et en dehors du modeste bureau de tabac familial, créé avec ce qu’ils appellent « l’argent de New York », leur richesse est aussi immatérielle qu’une expérience, un souvenir, une parcelle de sagesse, une étincelle de joie. Ou encore un secret. Comme celui que la vieille Carmela confie au curé de Montepuccio, par crainte que les mots ne viennent très vite à lui manquer. Roman solaire, profondément humaniste, le livre de Laurent Gaudé met en scène, de 1870 à nos jours, l’existence de cette famille des Pouilles à laquelle chaque génération, chaque individualité, tente d’apporter, au gré de son propre destin, la fierté d’être un Scorta, et la révélation du bonheur. »

Pour lire mon billet sur ce prix Goncourt, cliquez sur Le soleil des Scorta.


2006 – Les Bienveillantes de Jonathan Littell

« En fait, j’aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n’est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret ; grâce à Dieu, je n’ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d’écrire mes Mémoires à fin de justification, car je n’ai rien à justifier, ni dans un but lucratif, car je gagne assez bien ma vie comme ça. Je ne regrette rien : j’ai fait mon travail, voilà tout ; quant à mes histoires de famille, que je raconterai peut-être aussi, elles ne concernent que moi ; et pour le reste, vers la fin, j’ai sans doute forcé la limite, mais là je n’étais plus tout à fait moi-même, je vacillais, le monde entier basculait, je ne fus pas le seul à perdre la tête, reconnaissez-le. Malgré mes travers, et ils ont été nombreux, je suis resté de ceux qui pensent que les seules choses indispensables à la vie humaine sont l’air, le manger, le boire et l’excrétion, et la recherche de la vérité. Le reste est facultatif.» Avec cette somme qui s’inscrit aussi bien sous l’égide d’Eschyle que dans la lignée de Vie et destin de Vassili Grossman ou des Damnés de Visconti, Jonathan Littell nous fait revivre les horreurs de la Seconde Guerre mondiale du côté des bourreaux, tout en nous montrant un homme comme rarement on l’avait fait : l’épopée d’un être emporté dans la traversée de lui-même et de l’Histoire.»


Mes choix pour juillet :

  • Le chasseur Zéro de Pascale Roze
  • Les Bienveillantes de Jonathan Littell

J’espère que cette liste vous aidera à choisir un bouquin pour le défi littéraire! J’ai hâte de connaître celui qui bercera certaines de vos soirées de juillet.

Bien à vous,

Madame lit

Source : Les libraires

Cet article contient des liens d’affiliation grâce à un partenariat avec la coopérative des Librairies indépendantes du Québec. Vous pouvez commander les livres mentionnés par le biais du site Web des Libraires grâce à un lien sécurisé.

Catégories: Défi 2020

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18 commentaires »

  1. A coups sûr, je vais poursuivre ma lecture des Goncourt. Un défi que je me suis lancé, sans me fixer de délais mais où je trouve le plaisir de découvrir ou redécouvrir des titres, des styles et des thèmes qui ont traversé le temps ou se sont peu à peu ensevelis sous la poussière de ce dernier.

    Aimé par 1 personne

  2. Une liste vraiment intéressante et beaucoup d’auteurs connus et célèbres.
    J’ai un peu le goût de reprendre Proust…
    J’ai déjà lu Les bienveillantes mais cela tente de m’y replonger.
    Quel beau choix de votre part…

    Aimé par 1 personne

  3. Demain, cette avec une certaine appréhension que je ferai une première sortie en ville, à Montréal, depuis le début de la déclaration de l’état d’urgence au mois de mars. C’est fou comment on s’est laissé intimidé par la peur de ce virus.

    Je retournerai à la Grande bibliothèque, pour aller emprunter le « Voyage au bout de la nuit » de Céline. Je sais qu’il ne fait partie de la liste des lauréats, mais il a manqué de se le mériter par deux voix en 1932, l’année qui a précédé l’attribution du prix Goncourt à Malraux, pour son « La Condition humaine ».

    Je connaissais cette œuvre de Céline depuis des lunes, mais je ne l’avais jamais lu. C’est mon étude en profondeur de Kerouac qui m’a porté à vouloir le lire. Ce dernier l’a souvent citée comme une œuvre marquante dans son cheminement d’écrivain.

    Quant à « La Condition humaine », je l’ai relu il y a une douzaine d’années. Cette deuxième lecture a été révélatrice. J’ai eu l’impression que ce n’était pas le même roman que j’avais lu une quarantaine d’années auparavant. C’était le même roman, mais la lecture du jeune homme que je devenais atour de mes 19, 20 ans, n’était pas la même que celle de l’homme qui était à la veille de se retirer du marché du travail. Il faudrait peut-être que je le relise une autre fois un de ces jours, d’ici à ce que je devienne encore plus vieux… ancien, âgé, plus sage quoi…

    Toutefois, il se pourrait que je relève votre défi et que je passe, plus tard au cours du mois, à la lecture du roman de Simone de Beauvoir, « Les Mandarins » ( après celle du roman de Céline ).

    Au plaisir de vous en faire part dans quelques semaines.

    Aimé par 1 personne

    • Je vous souhaite de retrouver les belles rues de Montréal avec un peu de paix. Ce virus a modifié notre façon de percevoir la vie, les autres et nous-mêmes.

      Bonne lecture avec Céline. N’hésitez pas à me partager vos impressions sur ce roman ou sur «Les mandarins». Au plaisir!

      J'aime

      • C’est le métro, plus que les rues, qui m’effarouche. Je porterai mon couvre-visage. Et je me laverai les mains aussi souvent que je le pourrai.
        C’est vrai que cette pandémie a suscité une atmosphère de frilosité, de crainte, de méfiance à l’égard de l’autre, quel qu’il soit, surtout chez les plus vieux d’entre nous. Pas très sain comme climat social.

        Aimé par 1 personne

      • Je vous le concède. C’est terrifiant. Cette pandémie engendre toutes sortes d’émotion et la priorité est de protéger l’autre et de se protéger. Bon courage malgré tout. Comme le disait mon père, la peur paralyse. Il faut la vaincre malgré tout.

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