Madame lit Une nuit d’amour à Iqaluit

«Cependant, comme tout individu arrivé dans le Nord, moi aussi j’étais en mission. Son but était d’oublier. » (p. 32)

Chère lectrice, Cher lecteur, 

J’ai décidé de lire Une nuit d’amour à Iqaluit de Felicia Mihali car le résumé présenté par les Éditions Hashtag m’a interpellée. «Afin de panser ses anciennes blessures, Irina déménage à Iqaluit, au Nunavut, où un poste d’enseignant est offert». Dès que j’ai lu cette phrase, j’ai su que je voulais plonger dans cette histoire. Pourquoi? Tout simplement parce que j’aime entendre parler du Nunavut. J’ai une amie et sa famille (son époux et ses deux filles) qui ont passé une année là-bas pour des recherches géologiques. Je trouve cette contrée fascinante pour différentes raisons (froid, neige, animaux sauvages, nuit/jour, etc.). Mais encore, comme je suis professeure, j’apprécie les romans mettant en scène des professeurs ou des enseignants. Alors, il me tardait de découvrir Irina et ses blessures. Il faut du courage pour aller faire face à ses fantômes au Nunavut! 

Ce que raconte Une nuit d’amour à Iqaluit

Irina arrive à Iqaluit au Nunavut pour enseigner dans une école primaire francophone. Elle est blessée et elle a besoin de se reconstruire. Pour ce faire, elle choisit un ailleurs marqué par les froids extrêmes, les bourrasques de vent et les denrées rares. Dans le Nord, la nuit dure 8 mois et le soleil de minuit habite le territoire durant 4 mois. Irina découvre la vie dans le Nord. Elle côtoie des Innus bien sûr, mais aussi des chauffeurs de taxi immigrants, des collègues féminines, un agent de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Réussira-t-elle à oublier le passé et à retrouver un peu de paix et d’amour dans ce paysage de froid, de neige et de glace?  

Ce que j’en pense

J’ai apprécié ma lecture pour diverses raisons. D’une part, j’ai entendu Felicia Mihali raconter dans une entrevue au Cochaux Show qu’elle avait passé une année à Iqaluit. En ce sens, son livre témoigne de sa connaissance du territoire. Ses descriptions semblent réelles. Par exemple, le lecteur ressent le froid polaire. On frissonne avec Irina! Ainsi, après les fêtes, voici le climat dans lequel est plongée l’enseignante : 

«À Iqaluit, les températures avaient chuté à moins cinquante. C’était quelque chose que je n’avais jamais imaginé. Les maisons étaient secouées par des vents violents, qui dévastaient les collines. Les gens ne pouvaient s’abriter nulle part contre les rafales d’air glacé. Le soleil dans le ciel était féroce, d’une lumière aveuglante. » (p. 170)

D’autre part, j’ai apprécié toutes les traductions en français des termes présentés en inuktitut. Par exemple, j’ai appris qu’Iqaluit voulait dire «endroit avec beaucoup de poissons». Je crois qu’en tant que Canadienne, j’ai un peu honte de connaître si peu le peuple inuit. Je ne suis jamais allée au Nunavut. Je ne connais pas le mode de vie là-bas. Je ne connais rien de l’inuktitut. Il y a beaucoup de solitude au Canada (les anglophones versus les francophones, les peuples des Premières Nations versus les francophones et les anglophones).Le territoire est immense et la solitude s’avère reine entre les peuples. Comme il est présenté dans le récit de Mihali, je vis avec les clichés tributaires du cinéma ou de la littérature. À cet égard, l’autrice offre à son lectorat un portrait réaliste de la vie à Iqaluit, comme la réalité migrante. Mihali relève : 

«Les chauffeurs de taxi représentaient le nouveau visage d’Iqaluit. Le grand récit de la communauté ne se limitait plus aux igloos, aux baleiniers et aux chasseurs de phoque, elle incluait maintenant les histoires migrantes. » (p. 250)

Je n’ai jamais imaginé que les immigrants allaient s’installer au Nunavut, plus précisément à Iqaluit. En ce sens, je suis bien heureuse d’avoir lu ce roman, car j’en ai appris énormément sur mon pays.

Comme mentionné, je ne possède pas une grande connaissance de cette partie du Canada. Mais, Felicia Mihali sait parler d’Histoire, car elle s’est spécialisée en histoire et en littérature comparée à l’Université de Montréal. Je connaissais rien des échecs des voyages des explorateurs au fil du temps. Grâce à ma lecture, j’ai une meilleure connaissance des faits entourant le Nunavut. Par exemple, le chapitre 2 porte le nom de Explorateurs et légendes. Dans ce dernier, il est question de John Davis, William Baffin, John Franklin et de leurs périples. 

Si vous voulez découvrir une partie de notre Histoire avec des personnages attachants, n’hésitez pas à lire ce récit de Felicia Mihali. C’est un livre pour prendre le large, un livre pour observer la force du vent, un livre pour survivre. Parfois, il faut prendre les bonnes décisions pour assurer sa survivance à l’image des ancêtres des Innus. 

Je tiens à remercier les Éditions Hashtag pour l’envoi de ce bouquin en service de presse. 

Que pensez-vous de ce billet? 

Bien à vous, 

Madame lit

MIHALI, Felicia. Une nuit d’amour à Iqaluit, Montréal, Éditions Hashtag, 2021, 383 p. 

ISBN 978-2-924936-20-7

Cet article contient des liens d’affiliation grâce à un partenariat avec la coopérative des Librairies indépendantes du Québec. Vous pouvez commander le livre mentionné par le biais du site Web des Libraires grâce à un lien sécurisé.

4 commentaires »

  1. J’aime beaucoup cet article. On sent bien à la lecture les raisons qui t’ont incitée à lire ce livre. Je trouve aussi que ce passage de la solitude au Canada est aussi bien senti. Il faut lire ce livre. Je vis à Montréal et on peut voir à l’occasion le sort de certaines personnes du Grand Nord qui vivent dans la métropole. Il faudrait lire ce livre et on verrait une autre image de la solitude que celle des gens quelque peu isolés en ces temps difficiles. Bravo encore.

    Aimé par 1 personne

    • Merci beaucoup! C’est ce que j’ai voulu mettre en lumière par le biais de ce texte. Ce roman aborde et traite de la solitude. C’est beau et touchant. J’espère que tu auras la possibilité de le lire. Au plaisir!

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