Madame lit Le Petit Joueur d’échecs de Yôko Ogawa

«Pour ce qui est de parler avec les morts, le garçon lui aussi était un habitué. Il était d’ailleurs beaucoup plus doué pour leur parler plutôt qu’aux vivants». (p. 70)

Chère lectrice, Cher lecteur, 

Je débute cet article avec un coeur rempli d’émotion. Eva et Patrice du blogue Et si on bouquinait un peu? ont proposé une lecture commune afin de rendre un hommage à notre cher Goran, qui nous a quittés beaucoup trop tôt. Son blog aurait eu 5 ans aujourd’hui. Goran et moi avons presque débuté nos blogues en même temps (le mien aussi a 5 ans). Une relation d’amitié s’est tissée entre lui et moi, une relation basée sur le respect, la communication, la découverte, la littérature, le cinéma (je suis une vraie nulle dans ce domaine!). J’ai pensé très fort à lui tout au long de ma lecture du Petit Joueur d’échecs. 

Que raconte Le Petit Joueur d’échecs? 

Un enfant est initié aux échecs par un monsieur obèse, gentiment prénommé «le Maître», vivant dans un autobus. Il réalise rapidement qu’il préfère jouer sous l’échiquier, un endroit où il se sent bien, où il peut caresser Pion, le chat du «Maître». Le «Maître» décède en laissant au Petit Joueur un savoir et un savoir-faire importants reliés aux échecs. L’enfant ne grandit pas contrairement à son frère. À 15 ans, il découvre Le Club du fond des mers. Il jouera aux échecs dans ce club caché dans un automate appelé «Little Alekhine» jusqu’à ses vingt ans. Il y rencontre aussi Mirra, avec qui il devient ami. Puis, il obtient un poste dans un centre pour personnes âgées où y résident des passionnés d’échecs. Toujours caché dans l’automate, il y termine subitement ses jours. 

Ce que j’ai pensé du Petit Joueur d’échecs 

Je comprends maintenant pourquoi Goran souhaitait lire ce bouquin. C’est un livre intelligent, rempli de délicatesse, de sensibilité. Le personnage principal n’oublie par les êtres ou les animaux qui ont marqué sa vie. Ces derniers l’accompagnent tout au long de son existence. Ils sont ses repères. 

«Chaque fois qu’il jouait aux échecs, l’ombre du maître planait sur l’échiquier, et le maître avait laissé son empreinte sur les doigts du garçon. Comment ne s’en était-il pas aperçu plus tôt? Il remercia Dieu de lui avoir accordé le bonheur d’apprendre les échecs dans l’autobus saturé d’odeurs sucrés.» (p. 158)

«Même si grandir est un drame», le Petit Joueur s’aventure case par case dans la vie des échecs qui ressemble au fond de l’océan; il trace peu à peu son chemin illuminé par la poésie des possibilités. Chaque pion lui offre un témoignage de son existence. Mais encore, j’ai beaucoup apprécié le réseau sémantique autour de l’eau afin de comparer les échecs. 

 «L’océan des échecs était infini, les fonds des mers étaient bien loin, mais il ne craignait rien : tout en réchauffant le silence derrière ses lèvres, il se laissait aller tout au fond de l’infiniment lointain». (p. 195)

Je ne connais rien aux échecs. Je n’ai pas l’esprit mathématique assez développé pour me lancer dans ce jeu. Mais, j’ai toujours trouvé cet univers fascinant. Pourquoi ? 

«Parce que devant l’échiquier personne ne peut tricher avec soi-même». (p. 284)

Devez-vous avoir des connaissances sur les échecs pour lire ce bouquin? Non. 

Devez-vous lire ce récit? Oui. Parce que c’est beau, c’est tendre, c’est un hymne à l’enfance, à ceux qui façonnent le devenir des uns, puis des autres, à l’amitié, à la Vie.

Je te remercie cher Goran pour tes messages sur mon blogue. Tu connaissais la valeur des amis, même virtuels. Je m’ennuie de toi et de tes mots. En te lisant, j’avais toujours un sourire accroché aux lèvres. Je pense à toi. 

Merci à Patrice et Èva d’avoir proposé cette lecture pour souligner le blog’anniversaire de notre ami. 

Bien à vous, 

Madame lit

OGAWA, Yôko. Le Petit Joueur d’échecs, traduit du japonais par Rose-Marie MAKINO-FAYELLE, Paris, Acte-Sud, coll. Babel, 2019, 329 p.

ISBN 978-2-330-05327-7   

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19 commentaires »

  1. Ce que je retiens de ton article : ton appréciation de Goran et ce que tu dis du roman : …intelligent, rempli de délicatesse, de sensibilité. C’est certain que je vais reprendre le roman en étant certain de retrouver ce que tu en dis et je vais certainement le roman…

    Aimé par 1 personne

    • J’espère que tu trouveras une façon d’apprécier le petit joueur et son automate. Pour Goran, je suis toujours très émue en parlant de lui et j’espère que mon article lui rend un bel hommage en ce sens. Merci et bonne lecture!

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