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SamChère lectrice, Cher lecteur,

Mathieu erre dans Montréal en compagnie de sa chienne de race pitbull Sam. Il est sans domicile, donc c’est un jeune de la rue. Un jour, il perd sa chienne. Confronté à la disparition de son animal, il va tenter de la retrouver par tous les moyens.  Il occupe pour quelque temps l’appartement d’une connaissance qui n’est pas là et il côtoie Gabrielle, la cousine du gars qui lui prête son logis. Mathieu, dans sa quête pour retrouver son animal, voit ressurgir les démons de son passé…

J’ai beaucoup apprécié cette lecture… D’abord, j’ai une chienne depuis 9 ans. Je connais l’angoisse de la perte car j’ai été confrontée à sa disparition à quelques reprises… C’est un sentiment épouvantable, terrible, c’est comme si le sol disparaissait sous nos pieds et que nous n’étions plus capables de penser tant l’angoisse s’avère grande… À cet égard, l’écrivaine réussit merveilleusement bien à véhiculer l’émotion habitant la séparation soudaine avec son animal…

Je me dirige vers le banc où j’avais attaché Sam et je me prends un coup en pleine poitrine. La nausée arrive drette après ça : elle est plus là. Guy me parle, mais j’entends juste un bourdonnement. Elle est pas à droite, elle est pas à gauche, elle est pas de l’autre bord de la rue à gosser l’autre chien parké avant du Première moisson, Sam est pas nulle part. Tout autour, l’air devient épais, presque solide. Je suis sous l’eau. C’est sourd et ça bouge moins vite. (p.47).

En ce sens, je comprenais bien le désarroi de Mathieu, sa douleur.

L’histoire de Mathieu est touchante. C’est un survivant, un homme aux prises avec un deuil terrible et qui a perdu tous ses repères. Sa chienne, c’est sa maison, son refuge, sa stabilité.

Sam soupire. C’est-tu parce que je la gosse ou parce qu’elle est bien? Je choisis ce qui me tente en fonction de mon humeur. Y a des fois où le ciel est rose, quand il est encore trop tôt pour que les bruits de la vie aient commencé. J’ai trouvé une position confortable sur le sol, pas trop dur, pas trop froid. Y a personne dans la rue. Y a p’têt juste deux ou trois chats qui fouillent dans les poubelles ou qui se baladent à la recherche d’un oiseau ou d’une souris à torturer. Je sors une épaule de mon sleep juste pour être content de la remettre au chaud à l’intérieur. La joie dure une seconde. Ces matins-là, on est presque bien, et j’ai presque envie d’en profiter un peu. Mais j’ai trop peur que mon cerveau embarque et gâche tout, alors je ferme les yeux sur le rose et les chats, je me retourne pour bien sentir le sol sous mes os et je sors les deux bras du sac de couchage d’un coup, comme si plongeais dans un lac gelé. N’importe quoi pour ne pas penser.

Sam soupire. Je me rendors.

C’est apaisant, un cœur de chien qui bat sous ta main. Même si c’est rien qu’un cœur de chien. (p. 39-40). 

Je voulais tellement que Mathieu retrouve son animal, car il faut bien qu’un jour les malheurs cessent. J’ai versé aussi quelques larmes en lisant ce bouquin. Donc, les âmes sensibles, préparez-vous!

Chercher Sam, c’est l’histoire d’un écorché et d’une chienne dont la race est maltraitée par les médias en la diabolisant et pourtant… Une histoire de survivance, tendre et dure en même temps… Une histoire qui parle le langage du cœur…D’ailleurs, Sophie Bienvenu écrit que ce livre est dédié aussi à tous ceux qui ont perdu leur chemin…

Il faut lire le monologue de Mathieu pour découvrir avec lui son passé parfois lumineux, mais souvent sombre…

Avez-vous lu cette histoire? Qu’avez-vous pensé de cette dernière?

Bien à vous,

Madame lit

Bienvenu, Sophie. Chercher Sam, Montréal : Le Cheval d’août, 2015, 169 p.

ISBN 978-2-924491-09-6