Madame lit Nous étions le sel de la mer de Roxanne Bouchard

« On ne brusque pas un village dans lequel on s’installe ». ( p.119)
Chère Lectrice, Cher Lecteur,
Pour notre rencontre mensuelle de novembre du Club de lecture Les têtes à Papineau, nous avons plongé dans Nous étions le sel de la mer de Roxanne Bouchard publié aux Éditions VLB en 2014. J’étais heureuse de lire un polar québécois rédigé par une femme, même si ce n’est pas mon genre littéraire préféré. D’ailleurs, il est à noter qu’au Québec, nous avons d’excellentes autrices de polar comme Louise Penny, Andrée A. Michaud ou encore Chrystine Brouillette.
Nous étions le sel de la mer
Le sergent Joaquim Moralès se voit confier une enquête dès son arrivée à Caplan, un petit village de pêcheurs en Gaspésie, où il va s’établir. Le corps d’une femme vivant dans ce village a été repêché dans un filet par Vital Bujold. Cette femme, Marie Garan, est connue par la plupart des gens vivant à Caplan. Une jeune femme en pleine crise de la trentaine, Catherine Day, originaire de Montréal, est venue pour la rencontrer. Cette dernière a reçu une lettre de Marie l’invitant à la rejoindre, car elle est sa mère biologique. Qui a bien pu tuer Marie ? S’est-elle enlevé la vie ? Est-ce un bête accident comme semble le croire les pêcheurs arpentant les quais ? Ce rendez-vous manqué entre les deux femmes va marquer l’enquête de Moralès, tout comme les habitants de Caplan qui portent en eux de lourds secrets.
Mes impressions
Je dois tout de suite admettre que j’ai apprécié cette histoire en raison de la plume de l’autrice. Roxanne Bouchard sait très bien parler de la mer. Pour mes abonné-e-s hors Québec, Caplan est un village en Gaspésie. La Gaspésie est située devant l’océan Atlantique. Alors, la mer conditionne la population la côtoyant et le sel imbibe la peau des Gaspésiennes et des Gaspésiens. Je suis originaire d’une ville se trouvant devant le Saint-Laurent où l’eau est salée, alors, je me suis beaucoup retrouvée dans ce récit en raison des descriptions de la mer. J’ai vécu au rythme des marées, j’ai connu la beauté d’un clair de lune se reflétant sur l’eau. J’ai observé des vagues se déchaînant sur des rochers. J’ai grandi avec l’odeur du varech et du sel. C’est aussi tout cela ce livre… La mer comme personnage principal…
« Ceux qui vont en mer le savent : ce qui est déposé sur la vague se brise et se reconstruit constamment. Autrement. »
Ainsi, « apprendre la possible beauté du jour » passe, entre autres, par l’observation de la mer pour Catherine. En écoutant les pêcheurs de Caplan, elle entre directement en contact avec le langage de la mer.
« Cyrille, il disait que, si on choisissait la mer, elle nous fiançait, pour le meilleur et pour le pire. Il disait qu’elle glissait à notre doigt l’anneau argenté du soleil, qu’elle promettait l’horizon et qu’elle tenait promesse. Il racontait, en chuchotant, qu’il avait connu ses danses gracieuses, ses froissements murmurants, ses tangages houleux -et ses colères excessives, ses tempêtes nocturnes, ses hurlements furieux. Il disait, désarmé, qu’elle était dure, exigeante, mais qu’être agenouillé dans son aube était un privilège. » (p. 233)
Elle va découvrir que sa mère lui a légué un drôle de testament. Un lègue pour qu’elle s’émancipe et qu’elle apprenne à larguer les amarres pour être bien. Qu’elle rejoigne sa mère ou sa mer…
Bien entendu, l’instance lectrice souhaite connaître l’identité du meurtrier ou de la meurtrière. Mais, dans ce récit, ce n’est pas important. On apprend plutôt à découvrir Marie, cette femme qui n’était bien qu’en mer. Cette femme possédait une aura mystérieuse, car elle a tant aimé et elle a été aimée. Elle était indépendante, libre, fougueuse. Et le sergent Moralès, en côtoyant les villageois pour son enquête sur sa mort, en vient à se questionner sur le sens de sa vie, sur l’amour et sur l’éclatement de son couple. D’ailleurs, en voyant le cadavre de Marie, il est frappé par le bonheur qui se dégage de ce dernier.
Donc, vous l’aurez compris, il faut lire ce livre si :
- Vous aimez les enquêtes policières pas trop méchantes et sombres
- Vous souhaitez découvrir un petit village en Gaspésie
- Vous appréciez les descriptions de la mer
Je vais probablement lire le deuxième titre de la série de l’enquêteur Moralès, La mariée de corail.
Avez-vous déjà lu un bouquin de Roxanne Bouchard ?
Bien à vous,
Madame lit
Roxanne Bouchard, Montréal, VLB, 2014, 360 p.
ISBN : 9782896495825
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Une fois de plus tu nous donnes le goût de lire ce texte. Le lien que tu fais ton contact avec la mer et ce qu’on raconte dans le livre est très intéressant. J’ai vraiment le goût de lire ce texte. Encore une fois bravo!
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Merci beaucoup! Je trouve que la littérature, c’est une affaire personnelle qui nous secoue l’âme de différentes façons.
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C’est bien tentant, et la couverture est très belle, je trouve.
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C’est vrai que cette couverture est réussie… merci!
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Bonjour Nathalie, ces descriptions de la mer ont l’air très belles ! C’est bien, un polar où la recherche du meurtrier n’est pas le principal. Merci beaucoup de ta présentation de ce roman, bon week-end !
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Merci Marie-Anne! J’avais l’embarras du choix pour les descriptions de la mer… elles sont toutes magnifiques dans ce livre. Bonne fin de journée!
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qu’est ce que j’aime cette autrice québécoise, ces une sacrée belle découverte pour nous ici sur le vieux continent ! 😀
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Je suis très contente de l’apprendre. Je ne savais pas qu’elle était connue de votre côté de l’Atlantique. 🙂
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oh si, et elle a un beau succès d’estime chez les polardeux
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Merci! J’apprends! 🙂
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Je n’ai lu ni Roxanne Bouchard, ni Louise Penny, Andrée A. Michaud ou Chrystine Brouillette : j’ai tout à apprendre du polar québécois écrit par des femmes !
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Oui et ce sont toutes d’excellentes autrices! Merci!
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