Madame lit Miss Islande d’Audur Ava Ólafsdóttir

«Je sais qu’en Islande, il est un mot pour chaque pensée qui vient au monde». (p. 126)

Chère lectrice, Cher lecteur,

Pour janvier, afin de participer à mon Défi littéraire 2020, il faut lire un livre ayant remporté le prix Médicis. Alors, j’ai choisi de plonger dans Miss Islande, prix Médicis étranger 2019, d’Audur Ava Ólafsdóttir. J’avais lu L’Embellie il y a quatre ans et j’avais beaucoup aimé le style de l’autrice. Alors, il me tardait de découvrir le livre s’étant mérité le prestigieux prix littéraire.

Tout d’abord, que raconte Miss Islande ?

En 1963, Hekla, le personnage principal de l’histoire, quitte la ferme paternelle pour se rendre à Reykjavík. Elle y rejoint son ami, Jón, un homosexuel qui souhaite devenir couturier de costumes de théâtre. Elle y retrouve aussi Ísey, son amie, mariée et mère de famille. Hekla devient serveuse le jour et elle écrit la nuit. Elle trouvera un amoureux, un poète qui a de la difficulté à trouver les mots pour exprimer sa pensée.

Mais, sur cette île de froid, en 1963, il s’avère bien difficile pour une femme de devenir écrivaine tout comme il est inacceptable pour un homme d’aimer un autre homme. À Hekla, on propose plutôt de devenir Miss Islande car elle est belle et bien proportionnée. Elle a réussi à faire publier des poèmes dans des journaux, mais en empruntant un pseudonyme masculin. Elle veut écrire, c’est sa passion, c’est sa vie.

Pour Jón, il faut quitter l’Islande s’il souhaite vivre autre chose que le rejet et le mépris.

D’ailleurs, Hekla quittera elle aussi son île et son amoureux pour aller retrouver Jón afin de laisser libre cours à sa créativité. Mais à quel prix? Les deux amis réussiront-ils à trouver une parcelle de liberté?

J’ai beaucoup aimé Miss Islande. Audur Ava Ólafsdóttir présente des personnages écorchés, mais passionnés, épris de liberté, d’amour et de désir d’indépendance. Sa plume est poétique comme je les apprécie. Alors, j’adore ses histoires, ses envolées, ses êtres de fiction, ses descriptions, ses réflexions. Dans Miss Islande, je me suis attachée à Hekla et à sa passion pour l’écriture.

«L’écriture est mon ancrage dans la vie. Je n’ai rien d’autre. L’imagination, c’est tout ce que j’ai.» (p. 204)

Alors que son amie Ísey s’épanouit dans son rôle de mère et d’épouse, Hekla, tout comme Jón, lutte contre les préjugés de ceux désirant la couler dans un moule.

Pendant la nuit, une fois que mes voisines de cabine sont endormies, je remonte sur le pont où je m’allonge pour contempler le ciel.

Je suis en vie.

Je suis libre.

Je suis seule.

[…] Je sors de ma valise le paquet que m’a offert le poète, je le déballe et je l’ouvre. C’est un stylo-plume où il a fait graver en lettre d’or : Hekla, poétesse d’Islande. ( p. 220)

Un livre à découvrir pour se laisser bercer par la magie et par la fantaisie de l’Islande. Un livre puissant, touchant, émouvant. Un livre pour affronter une mer déchaînée. Un livre pour larguer les amarres et pour sentir le vent du large sur sa peau. Car :

«Nous sommes tous pareils, des baleines déboussolées et mortellement blessées.» (p. 51)

Mais encore, je me retrouve énormément dans la littérature islandaise. Est-ce en raison du froid, de la glace, de la mer, des baleines? Je crois que c’est un peu tout ça. De plus, je me laisse bercer par l’imaginaire poétique éclatant au fil des pages des autrices et des auteurs islandais.

Robert Benoit a préparé cette vidéo sur les paysages islandais à partir de ses photos. Il a eu la chance d’aller visiter ce pays. Je le remercie d’ailleurs d’avoir partagé avec nous ses trésors de voyage.

Ciel d’Islande par Robert Benoit

Que pensez-vous de cette histoire islandaise ?

Bien à vous,

Madame lit

ÓLAFSDÓTTIR, Audur Ava. Miss Islande, traduit de l’islandais par Éric Boury, Paris, Zulma, 2019, 261 p.

Cet article contient des liens d’affiliation grâce à un partenariat avec la coopérative des Librairies indépendantes du Québec. Vous pouvez commander Miss Islande par le biais du site Web des Libraires grâce à un lien sécurisé.

12 commentaires »

  1. J’apprécie vraiment ton papier. Nous avons des appréciations qui se rapprochent quand tu parles des romans de cette écrivaine. Tous les mots du paragraphe débutant par : J’ai beaucoup aimé Miss Islande… je voudrais les avoir écrits.
    Et que dire de cette phrase tout simplement merveilleuse : Je me laisse bercer par l’imaginaire poétique éclatant…
    Ce mot éclatant, tellement vrai, à chacune des pages sans qu’on s’y attende, à quelques passages.
    Quel beau texte que tu nous fais lire…

    Aimé par 1 personne

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