Madame lit La Philistine de Leila Marshy

«On est toujours en route pour quelque part, se dit-elle, et le plus souvent, c’est vers le passé.» (p. 414)

Chère lectrice, Cher lecteur, 

Leila Marshy est entrée en communication avec moi par le biais de ma page Facebook et elle a gentiment proposé de m’envoyer une copie en service de presse de son roman La Philistine. Avant d’accepter, j’ai lu le descriptif et j’ai été ravie de découvrir une histoire différente de celles que j’ai lues. D’ailleurs, l’autrice a été finaliste pour la version anglaise de ce livre au Prix Kobo Emerging Writer en 2018, au Prix Expozine Litery Awards en 2019 et au Prix Miramichi Reader Best Book en 2018. 

Que raconte La Philistine? 

Nadia a 25 ans et elle n’a pas vu son père depuis plusieurs années car elle est restée vivre avec sa mère, Claire, à Montréal. Claire a refusé que sa fille soit élevée au Moyen-Orient. C’est la fin des années 80 et Nadia veut renouer avec son paternel qui s’est établi en Égypte après avoir accepté un poste. Ce dernier est Palestinien et il n’a pas réussi à s’adapter à la vie montréalaise et il n’a jamais pu oublier ses origines. Nadia prend donc un congé de son travail, de son petit ami David, de sa mère et elle se retrouve au Caire. Elle découvre la nouvelle vie de son père et elle rencontre dans une galerie d’art, une jeune égyptienne, Manal. Cette dernière est une artiste. Entre les deux femmes, une belle histoire d’amour se développe. Nadia, grâce à Manal, plonge dans la culture égyptienne, renoue avec ses racines, apprend l’arabe. Son père, de son côté, lui ouvre les portes d’une autre destinée : être Philistine (Palestinienne en arabe). En arrière plan, l’intifada se profile. 

Ce que j’ai pensé de ma lecture

Durant les premières pages de ma lecture, je ne savais pas trop si j’allais aimer cette histoire. Puis, j’ai laissé une chance aux personnages et j’ai été ravie de suivre le cheminement de Nadia et d’être témoin de son ouverture sur la culture égyptienne. J’ai aimé l’accompagner dans le centre-ville du Caire, humer avec elle les différents parfums, percevoir les beautés et les laideurs, être témoin de sa belle histoire d’amour avec une femme. D’ailleurs, je trouve que les paroles de cette chanson en arabe, traduites par Manal, illustrent bien la relation entre les deux femmes : 

« – Je t’ai aimé en été, interpréta Manal. Je t’ai aimé en hiver. Je t’ai attendu tout l’été, je t’ai attendu tout l’hiver. Dans tes yeux, c’est l’été, dans mes yeux, c’est l’hiver. Nos retrouvailles, mon amour, sont au-delà de l’été, au-delà de l’hiver. » (p. 122)

J’ai trouvé la relation entre Nadia et Manal belle, suave, intemporelle. Il est des amours comme le leur qui résistent à tout, même aux soldats, à la loi du père, au silence.

Bien sûr, dans ce récit, il est question des différences entre l’Orient et l’Occident. Tantôt l’Égypte est associée à l’exotisme, au thé, aux sens. Mais, l’Égypte peut-être également tributaire de la mort. Comme le mentionne Manal à Nadia : 

« Tu as cru qu’en Égypte, on savait ce qu’on faisait? Que les gens vivaient leur vie comme s’ils étaient vraiment vivants ? Mais ici, on ne vit pas. En Égypte, on ne peut être qu’une chose ou l’autre : soit un vautour, soit un cadavre.» (p. 385)

Mais encore, je trouve que Leila Marshy excelle tout particulièrement dans les dialogues et ces derniers ajoutent du rythme au récit et permettent à l’instance lectrice de mieux comprendre les personnages. 

En somme, j’ai passé un excellent moment de lecture avec La Philistine et je vous convie à suivre les pas de Nadia dans les dédales de sa destinée. C’est chaud comme le désert, c’est montagneux comme un corps, c’est délicat comme un frisson. 

De plus, je tiens à remercier Leila Marshy de m’avoir envoyé son livre.

Que pensez-vous de cette histoire? 

Bien à vous, 

Madame lit

MARSHY, Leila. La Philistine, traduit de l’anglais par Sophie VOILLOT, Montréal, Linda Leith Éditions, 2021, 419 p. 

ISBN : 978-1-77390-087-2

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