Madame lit Florida

«Ma robe de princesse a fait une victime, mon corps». (p. 20)

Chère lectrice, Cher lecteur, 

En regardant La grande Librairie, j’ai entendu Olivier Bourdeaut parler de son dernier roman Florida et je me suis dit que je voulais absolument le lire. Pourquoi? Parce qu’il est question de l’univers des mini-miss et je trouvais ce sujet étonnant. Aussi, j’ai lu son premier roman, En attendant Bojangles et je l’avais beaucoup aimé alors, lorsque j’ai reçu une invitation pour recevoir Florida en service de presse, j’ai accepté tout de suite. Par ailleurs, je tiens à remercier les Éditions Finitude, par le biais de son attachée de presse au Québec, Gabrielle Gauchy, pour cet envoi. 

De quoi est-il question dans Florida?

Elizabeth Vernn reçoit pour son anniversaire une robe de princesse. Elle a sept ans et elle s’avère belle et intelligente. Sa mère l’habille et l’amène dans un concours de mini-miss. Elle gagne et elle se retrouve dès lors aux portes de l’enfer. Sa mère décide de l’inscrire dans tous les autres concours. Mais, Elizabeth a un physique de deuxième. Ce sera le drame de sa mère et cela deviendra aussi le sien. Devenue adolescente, puis jeune adulte, elle décide de se venger de cette enfance volée en haïssant son corps et en cherchant à le détruire.

Ce que j’en pense 

J’ai été vraiment surprise par cet univers des mini-miss. Je ne connaissais pas cette folie. Mais quelle folie! Ouf!!! Il faut lire cette sublime citation sur la relation mère-fille :

«La seule explication, c’est qu’elle voulait se trouver une mission dans sa putain de vie. Et cette mission c’est moi qui l’ai endossée. Elle s’emmerdait et elle m’a transformée en poupée. Elle a joué avec sa poupée pendant quelques années et la poupée en a eu assez. Elle s’est vengée.» (p. 48)

J’ai trouvé la façon d’aborder les concours vraiment originale. Le style de l’écrivain est direct et il a su faire comprendre toute la puissance de la fille enragée qui a été victime de la folie d’une mère. Il a choisi de présenter son récit au je en se mettant dans la peau de cette enragée. La  démesure est là, l’autodestruction inévitable. L’héroïne apparaît fascinante dans toute cette quête de la perfection où la dictature des uns s’avère une arme puissante. Ainsi, Elizabeth ne ne pourra jamais pardonner à ses parents de l’avoir contrainte à participer aux concours de beauté, de l’avoir utilisée, d’avoir joué avec son corps, de l’avoir façonnée pour être toujours la plus belle, la plus désirable, la plus sexy. C’est triste, c’est infernal, c’est inhumain. 

Je ressors sans aucun doute perturbée par cette lecture. Elle fait mal. Cependant, je vous la recommande. Olivier Bourdeaut sait comment raconter une histoire et il le fait bien même en ayant créé une victime enragée dont l’unique mission est de se venger à travers la souffrance et la négation de soi. J’ai trouvé cette vidéo mettant en scène l’auteur abordant son livre : 

Florida est un récit glaçant à l’image de notre Amérique parfois vulgaire. Le lecteur apprend à transiger avec les pulsions d’Elizabeth. Cette dernière apparaît comme un être de l’extrême possédant une énergie où les pulsions de vie sont détruites par les pulsions de mort. En tous les cas, le lecteur ne peut rester indifférent à cette héroïne ayant grandi dans une famille dysfonctionnelle. C’est l’horreur au quotidien.

Mais encore, j’ai appris que Joyce Carol Oates a écrit un roman basé sur le meurtre de la petite Jon Benet Ramsey, une mini-miss, dans Petite soeur, mon amour. Il me tarde de le découvrir, car je sais que ce sera aussi effrayant et cruel. 

Aviez-vous entendu parler de Florida? Allez-vous le lire? 

Bien à vous, 

Madame lit

BOURDEAUT, Olivier. Florida, Paris, Éditions Finitude, 2021, 253 p. 

ISBN 978-2-36339-146-9

Cet article contient des liens d’affiliation grâce à un partenariat avec la coopérative des Librairies indépendantes du Québec. Vous pouvez commander le livre mentionné par le biais du site Web des Libraires grâce à un lien sécurisé.

Catégories: SP

17 commentaires »

  1. Comment ne par avoir le goût de lire un livre dont tu parles si bien comme à chacun de tes articles. Je vais le lire certainement mais j’ai un Joyce Carol Oates à lire auparavant. Merci encore pour cette découverte.

    Aimé par 1 personne

    • Pareil pour moi ! C’est un monde qui est aux antipodes du mien. Les parents qui ne vivent que par/pour (la réussite de) leurs enfants, me semblent au minimum pénibles, et au pire, destructeurs. Et quand ça passe par l’apparence physique, on est plutôt de ce côté là. Mais je suis toujours curieuse d’en apprendre sur ce que je ne connais pas et de découvrir d’autres façons de penser.

      Aimé par 1 personne

      • Je comprends car je ne vis pas du tout dans ce monde où le physique compte plus que tout… Mais bon. J’ai bien aimé cette héroïne révoltée contre sa mère qui nous raconte son histoire. Meric!

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