Madame lit Dina de Felicia Mihali

«Moi, j’étais une mauvaise graine : j’étais enfant unique, ma mère me gâtait, et parfois j’ensanglantais Dina. » (p. 19)

Chère lectrice, Cher lecteur, 

J’ai reçu en service de presse Dina de Felicia Mihali. J’ai déjà lu de cette autrice Une nuit d’amour à Iqaluit et j’avais bien apprécié l’histoire. D’ailleurs, je tiens à remercier les Éditions Hashtag pour l’envoi de Dina en service de presse. 

Que raconte Dina?

Dina est retrouvée morte. C’est une Roumaine bien ordinaire qui a été battue par son amie (la narratrice) dans son enfance. Elle a également été violentée par un douanier serbe, Dragan, qui en a fait sa maîtresse en l’obligeant à vivre avec lui. La narratrice raconte l’histoire de cette femme dont la destinée est marquée par la tragédie; elle aborde en même temps la condition féminine en Roumanie. Elle traite aussi de la chute du communisme et de la relation entre les Roumains et les Serbes. Il est question de l’effondrement d’un monde et cette tragédie a également un nom : Dina. Qui l’a tuée? Pourquoi? Pour qui? La narratrice appelle sa mère quotidiennement pour apprendre au compte-goutte ce qui est arrivé à sa meilleure amie. La narratrice est à Montréal, bien loin de son pays d’enfance, de ses racines. Elle plonge dans ses souvenirs pour essayer de percer le mystère de cette mort. Y arrivera-t-elle?    

Ce que j’ai pensé de Dina?

Je ne connais presque rien de la vie en Roumanie. Je suis bien loin de ce que ce peuple a vécu, de son histoire, de ses valeurs, de ses croyances. Je ne savais pas que les Roumains avaient dû vivre sous la domination serbe. Le mot que je retiens de cette histoire s’avère domination. La domination d’un peuple sur un autre peuple, la domination masculine par le biais de la loi du père, la domination d’une enfant sur une autre enfant, la domination de la belle-famille sur une épouse, la domination d’un régime sur un autre. Comme la narratrice le mentionne à propos de la relation entre le violent Dragan et la douce Dina : 

«Plus les deux vieillissaient ensemble, plus ils comprenaient que leurs vies n’avaient rien en commun et qu’ils ne pourraient  jamais se réconcilier. Leur relation serait toujours antagoniste, une relation entre un grand pouvoir et une petite colonie, entre un vainqueur et un vaincu. Ils n’avaient qu’à vivre autant que possible sous les auspices de leur rencontre, causée par la guerre, par la chute du communisme, par cinquante années d’erreurs, de disette et d’humiliations. Chacun devait se résigner à sa portion de malheur. Ni le dominé ni le dominant ne pouvaient être heureux. Chacun tirait une faible revanche des tourments de l’autre, mais se réveillait chaque matin encore plus seul et plus misérable.» (p. 148)

Ce livre parle aussi d’amitié. L’amitié entre deux femmes qui ont grandi ensemble, mais qui ont suivi un parcours différent. L’une sera éduquée, l’autre deviendra coiffeuse. L’une quittera son pays pour aller travailler au Canada, l’autre devra traverser la frontière entre la Roumanie et la Serbie pour gagner sa vie. Lors d’une retrouvaille, la narratrice remarque que : «Nous avions été séparées trop longtemps pour déclarer que nous nous manquions ou que nous allions nous manquer». (p. 164) Mais, la narratrice voudra comprendre ce qui est arrivé à cette amie d’enfance, à cette femme marquée par la domination, par la vie. 

J’ai été très bouleversée par ce récit. Je dois avouer que je lis très peu des thrillers. Mais là, j’ai été happée. Je voulais comprendre ce qui était arrivé à Dina. Je l’ai plainte dès le début. 

Devez-vous lire ce bouquin? Oui, car c’est une ouverture sur un monde inconnu, peut-être, pour la lectrice ou pour le lecteur nord-américain. Cette histoire fait mal car elle parle de l’être humain, elle évoque des humiliés, des résistants. 

Mais encore, si vous ne connaissez pas Felicia Mihali, voici la présentation que l’on retrouve sur le site de la maison d’édition Hashtag. 

«Journaliste, romancière, et professeure, Felicia Mihali vit présentement à Montréal. Après des études en français, chinois et néerlandais, elle s’est spécialisée en littérature postcoloniale à l’Université de Montréal, où elle a également étudié l’histoire et la littérature anglaise. Depuis son premier roman, Le pays du fromage, paru en 2002, elle a écrit sept livres en français et deux en anglais. Présentement, Felicia partage son temps entre l’écriture dans les deux langues et l’enseignement de l’histoire.»

Que pensez-vous de Dina?

Bien à vous, 

Madame lit

MIHALI, Felicia. Dina, Montréal, Hashtag, 2021, 177 p. 

ISBN 978-2-924936-24-5

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Cet article contient des liens d’affiliation grâce à un partenariat avec la coopérative des Librairies indépendantes du Québec. Vous pouvez commander Dina  via Les Libraires grâce à un lien sécurisé.

4 commentaires »

  1. Une fois de plus tu me donnes la tentation de lire ce livre dont tu nous parles. Je suis passé en Roumanie, lors du départ de la croisière sur le Danube et je suis allé en Serbie sans en connaître beaucoup sur l’histoire de ce pays si ce n’est ce qu’on dit sur la guerre des Balkans. Je voudrais en connaître sur ces deux pays et ton livre devrait me plaire.

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