Madame lit D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds

d'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds_Nath

Chère lectrice, Cher lecteur,

Défi_litt_2018_bonEn février, pour mon défi littéraire, la littérature islandaise s’avère à l’honneur. Alors, j’ai opté pour D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds de Jón Kalman Stefánsson. Il y a des livres, nous ne savons pas pourquoi, qui se retrouvent sur notre route, qui nous amènent à réfléchir et à voyager au plus profond de nous. D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds m’a permis de me balader dans les tréfonds de mon âme, de partir loin en moi, de m’abreuver à la beauté des mots… C’est sublime, c’est immense, c’est l’Islande… Le lecteur est entraîné dans l’histoire d’une famille, celle d’Ari, durant trois époques. Il y a celle qui aborde la relation entre son grand-père Oddur et sa grand-mère Margrét  lorsque les hommes partaient en mer et n’existaient que pour elle, ensuite il y a la sienne en tant qu’adolescent puis en tant qu’adulte.  Trois périodes pour dresser un portrait d’une Islande qui se modifie, qui change au gré des événements. Ainsi, Ari plonge dans ses souvenirs lorsque son père lui envoie une photo de sa mère heureuse alors qu’il est exilé au Danemark. Il décide de revenir en Islande pour lui parler… Au cours de son périple, il se souvient.

Ramener toutes ces histoires à la surface, qu’elles aient eu lieu à Keflavík ou dans les fjords de l’Est, et quelle que soit la douleur qu’elles engendraient, car si nous n’avons pas le courage de nous souvenir, de nous regarder en face, si nous hésitons quand nous sommes confrontés à ce qui nous blesse, nous fait souffrir ou nous humilie, alors c’en est fini de nous. Et bien pire encore : jamais nous ne parvenons à devenir ce à quoi notre naissance nous a destinés. Nous nous transformons en image falsifiée. Bien plus superficielle que celle que nous aurions pu, que nous aurions dû être. Nous trahissons. (p. 438)

En lisant ce récit, j’ai découvert la plume poétique de Stefánsson. Ses descriptions de l’Islande donnent envie au lecteur de tout balancer pour aller se réfugier devant la mer afin de retrouver un semblant de liberté… Comme le mentionne le narrateur :

Souvenez-vous tout comme nous : l’océan est plus vaste que le quotidien.

En mer, l’homme se repose. Cet espace ouvert, cette immensité qui dépasse l’entendement vous calme, vous console, et vous permet d’envisager les problèmes avec la distance nécessaire. Les difficultés qu’on connaît à terre, l’usure, les agacements, les relations, les obligations : il suffit de porter son regard sur les vagues pour que les aspérités de l’existence s’aplanissent. (p. 415)

Mais encore, l’auteur nous entraîne dans un questionnement existentiel qui ébranle, qui ouvre les portes de la conscience, là où parfois il fait bon de se réfugier. Ce type de livre fait du bien.

Un jour, cette pensée ne manquera pas de nous envahir : dans quel but ai-je vécu? Pourquoi suis-je ici? Si nous ne nous posons jamais la question, si jamais nous ne doutons, si la plupart du temps nous traversons sans réfléchir les jours et les nuits en allant si vite que peu de choses ont prise sur nous à part le portable dernier cri ou l’ultime chanson à la mode, alors nous avons toutes les chances de foncer tôt ou tard droit dans le mur. (p. 125)

Donc, cette histoire étalée sur trois époques m’a énormément plu. J’ai été charmée par les réflexions sur la vie, sur la mort, sur l’Amour. Ces dernières ont été bercées par le chant de la mer en sol islandais… Comme le soulève un personnage :

[…] l’amour déclare-t-il, est une Voie lactée rayonnante et indestructible! Et le plus douloureux dans la vie est sans doute de ne pas avoir assez aimé, je ne suis pas certain que celui qui s’en rend coupable puisse se le pardonner. (p. 466)

C’était ma première rencontre avec un univers de Jón Kalman Stefánsson. Ce ne sera pas la dernière. J’ai déjà acheté À la mesure de l’univers, la suite. Je peux vous dire que j’ai hâte de le lire.

M. Robert Benoit a réalisé un autre diaporama à partir de ses photos pour nous montrer la beauté de l’Islande à travers de magnifiques paysages. Nous pouvons presque entendre le murmure de l’océan. Merci M. Benoit pour ce dernier. N’hésitez pas à le visionner, il est court.

Si vous participez au défi littéraire, soumettez le lien de votre billet dans les commentaires. Je présenterai vos articles dans mon bilan mensuel comme je l’ai fait en janvier.

Avez-vous déjà lu un livre de Jón Kalman Stefánsson? Qu’avez-vous pensé de sa plume?

Bien à vous,

Madame lit

Stefánsson, Jón Kalman, D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds, traduit de l’islandais par Éric Boury, Paris,  Gallimard, coll. Folio, 2015, 466 p.

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27 commentaires »

  1. J’ai lu ce roman et relu certains passages que j’appréciais beaucoup. Je considère que Stefansson a une plume merveilleuse. Il nous surprend avec certaines de ses phrases, nous fait réfléchir avec certains de ses propos en plus de nous décrire avec beaucoup de précision les paysages de ce pays que j’ai visité et que j’ai aimé.

    Un roman exceptionnel qu’il faut lire! Et surtout, 5 de ses romans sont traduits en français.

    Bravo et merci pour ce papier!

    Aimé par 3 personnes

  2. J’ai hésité à le choisir pour le défi, j’y reviendrai sans doute plus tard car ce que tu en dis et cites confirme que cet auteur mérite une rencontre.
    Je ne suis pas très en avance pour ma lecture de ce mois, j’espère être dans les temps !

    Aimé par 1 personne

  3. C’est vrai que sa plume est magnifique (et celle du traducteur aussi j’imagine!). J’aime énormément ce que je lis en ce moment Entre ciel et terre. Celui-ci, avec les trois époques, me tente beaucoup aussi. Et ça donne une envie folle d’aller en Islande, n’est-ce pas!

    Aimé par 1 personne

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