Madame lit La Dame du manoir de Wildfell Hall d’Anne Brontë

Bronte_same_wildfell_hall

Un plus grand amour doit apporter plus de bonheur lorsqu’il est mutuel et pur. (p. 467)

Chère lectrice, Cher lecteur,

En octobre, la littérature britannique était à l’honneur pour le défi littéraire Madame lit des livres du monde. Comme j’avais lu l’excellent article d’Anne du blog Textualités (pour le lire cliquez sur Textualités), je savais qu’il me fallait plonger dans La Dame du manoir de Wildfell Hall d’Anne Brontë . J’ai déjà lu les romans de ses sœurs, c’est-à-dire Les Hauts de Hurlevent d’Emily et Jane Eyre de Charlotte. Ces romans figurent parmi mes lectures préférées. Alors, il me restait à découvrir la plume de l’autre sœur Brontë. Anne a fait paraître La Dame du manoir de Wildfell Hall en 1848 et son livre apparaît comme l’un des premiers romans féministes.  Que raconte cette histoire? Helen, jeune femme d’une bonne famille, épouse Arthur Huntington et elle s’installe avec lui à Grassdale Manoir. Elle tombe enceinte et elle a un fils qui porte le même prénom que son père. Très rapidement, elle se rend compte des défauts de son mari qui consomme de l’alcool en trop grande quantité et qui la trompe sans scrupule et sans gêne. Elle décide de le quitter et part avec son jeune fils afin de le soustraire à l’influence malsaine de son époux qui n’hésite pas à se servir de son fils pour la ridiculiser devant les invités et il saoule le petit pour l’entraîner dans son style de vie. Helen change de nom et elle part s’installer en secret à Wildfell Hall, le domaine de son enfance appartenant désormais à son frère Frederik. Elle décide de vivre de la vente de ses tableaux. Elle est amenée à côtoyer malgré elle les gens du voisinage et elle fait la rencontre de Gilbert Markam, un ami de son frère.  Entre les deux, une relation basée sur des valeurs comme le respect, la droiture, la fidélité, l’attente, la dévotion et l’amour se développe. Mais, à quel prix lorsque les gens du voisinage épient les moindres gestes pour les critiquer, lorsqu’un époux est toujours vivant, lorsque les rumeurs submergent les cœurs…

Je dois vous dire que j’ai adoré cette histoire. Je suis vraiment heureuse d’avoir découvert la plume d’Anne Brontë. Cette dernière a réussi à créer une héroïne inoubliable qui se révolte contre sa condition de femme mariée pour retrouver une liberté pour son enfant et pour elle.  Même la nature témoigne du bonheur qu’elle ressent lorsqu’elle se retrouve libérer de l’emprise néfaste de son époux.

Le paysage tout entier semblait sourire sous les rayons matinaux du soleil ; j’avais mon enfant chéri dans les bras, il était presque aussi heureux que moi. Je laissais derrière moi une prison et le désespoir ; chaque claquement de sabots me rapprochait de la liberté et de l’espérance. (p. 450)

Je ne suis pas prête d’oublier Helen. Elle s’avère forte, intelligente, prête à tout pour assurer une qualité de vie à son fils et pour retrouver sa dignité. Elle ne courbe pas l’échine à une époque où les femmes n’avaient aucun droit et n’avaient pas accès à une existence indépendante. Elles ne pouvaient pas revendiquer la garde de leurs enfants ni demander le divorce. La loi de l’époque leur interdisait. C’est peu dire tout ce qu’Helen traverse pour assurer son salut et ce qu’a transmis Anne Brontë comme modèle aux femmes de son temps.  Elle a d’ailleurs été vivement critiquée.

Mais encore, l’alcool et la vie de débauche sont ouvertement dénoncés  dans ce livre. Dans la préface, le lecteur peut retrouver les paroles d’Anne Brontë qui mentionne pour défendre son livre :

Lorsqu’il faut en venir au vice et aux tempéraments vicieux, écrit-elle, je maintiens que le mieux est de les dépeindre tels qu’ils sont réellement, plutôt que de la façon dont ils voudraient apparaître. […] Si je puis empêcher la chute d’un jeune homme trop léger ou d’une jeune fille trop étourdie, alors je n’aurai pas écrit en vain. (p. 13).

Alors, pour Anne Brontë, l’important était de dévoiler les ravages engendrés par l’alcool et ce que doit subir une épouse lorsque son mari est alcoolique (crise, violence, cruauté mentale, adultère, blessures morales, rancœur, abus sexuel, etc..).

Je ne puis que vous encourager à aller à la rencontre de cette magnifique histoire. Il ne faut pas hésiter un seul instant. Si vous aimez lorsque la finesse psychologique des figures discursives est développée, si vous appréciez les personnages tourmentés, vous allez tomber sous le charme de la plume d’Anne Brontë.

Je partage avec vous un dernier extrait que j’ai particulièrement aimé.

Il n’avait pas cherché à arrêter le cours de notre amour en y mettant obstacle, mais il avait passivement observé les deux fleuves de nos vies qui se perdaient dans les solitudes arides, il n’avait pas cherché à écarter les obstacles qui les divisaient et il avait secrètement espéré que tous deux se perdraient dans le sable pour ne former qu’un seul flot. (p. 540)

Donc, je vous souhaite de cueillir la belle rose de Noël qu’est Helen et de suivre son parcours grâce à la sublime plume d’Anne Brontë. Ses romans méritent d’être lus tout autant que ceux de ses sœurs.

J’ai découvert que la BBC avait réalisé une série à partir de ce livre. Voici la bande-annonce.

Avez-vous déjà lu un livre d’Anne Brontë?

Bien à vous,

Madame lit

BRONTE, Anne, La Dame du manoir de Wildfell Hall, traduit de l’anglais par Denise et Henry Fagne, Paris, Archipoche, 2012, 563 p.

ISBN 978-2-35287-347-1

Cet article contient des liens d’affiliation grâce à un partenariat avec la logo_leslibrairescoopérative des Librairies indépendantes du Québec. Vous pouvez commander La Dame de Wildfell Hall par le biais du site Web des Libraires grâce à un lien sécurisé.

14 commentaires »

  1. Avant tout, merci de mentionner ma chronique ici. Je suis ravie de constater que tu as été emballée par ta découverte d’Anne Brontë ! Je retrouve ma lecture dans ta chronique, à la fois touchée par la force du personnage principal et indignée par la condition des femmes sous l’ère victorienne. Anne Brontë a écrit un premier roman avant celui-ci, Agnes Grey, qui m’a paru beaucoup plus anecdotique, du moins plus sage, mais La Locataire de Wildfell Hall est un véritable chef-d’œuvre, tant pour ces qualités littéraires que sa narration qui m’a mit les nerfs à vif ! Merci pour cette belle chronologie qui me rappelle ce roman magnifique 🙂

    Aimé par 2 personnes

    • Merci à toi! Car sans ta chronique, je n’aurais pas pensé à le lire. Et oui, l’époque victorienne a certainement été une période difficile pour la condition des femmes. Mais encore aujourd’hui, les droits de femmes sont à revendiquer dans beaucoup de pays. .. La lutte doit se poursuivre. J’ai acheté Agnès Grey. Je me le réserve pour plus tard. Au plaisir!

      Aimé par 1 personne

    • Oui, je sais qu’elle s’est inspirée de la triste histoire de son frère qui était alcoolique. J’ai été marquée aussi par ce magnifique roman. Je suis tellement contente de l’avoir lu.Merci beaucoup! Au plaisir!

      J'aime

  2. Je vais adorer ce livre que tu me fais découvrir. J’en suis au chapitre VI. Je retiens cette remarque de la préface qui m’inspire : Si jeune et inexpérimentée qu’elle soit, elle s’élève avec force et logique contre les préjugés de son temps.
    Comment te remercier de m’avoir fait connaitre ces trois soeurs…

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s